Nous avons participé à la finale mondiale du CFMoto MT Challenge 2026
Sous un soleil de plomb, CFMoto nous offre un premier aperçu du parcours tout-terrain impitoyable. Nous sommes à Huelva, dans le sud de l’Espagne, pour la finale mondiale du CFMoto MT Challenge. En tant que journaliste, je fais partie de l’équipe du Benelux. À mes côtés se trouvent trois Néerlandais débordants d’enthousiasme qui se sont qualifiés pour cet évènement mondial après avoir passé avec brio des épreuves de sélection nationales extrêmement difficiles. L’enjeu ? La gloire. L’arme ? La CFMoto 1000 MT-X !
Texte : German Ooms
Photos : Kamil WF, Richard Attema, CFMoto
Beaucoup d’interrogations
Avant cette épreuve, les attentes étaient très élevées. CFMoto a le vent en poupe sur le marché européen, mais comment un tout nouveau modèle phare, pesant plus de 220 kg, se comporte-t-il dans des conditions tout-terrain extrêmes ? Et vais-je m’en sortir parmi 79 pilotes d’enduro aguerris, venus de 20 pays différents ? Les deux prochaines journées pleines de poussière, de sueur et d’épreuves mécaniques pures allaient permettre de répondre à ces questions.
Deuxième édition
C’est la deuxième édition du CFMoto MT Challenge et, dès notre arrivée à notre camp de base sur le Circuito Monteblanco, on se rend immédiatement compte de l’ampleur de l’opération mise en place par CFMoto. Plus de 100 MT-X 1000 flambant neuves nous attendent, soigneusement alignées par groupes de quatre et numérotées. Ce sont des motos de série, équipées de pneus Pirelli Scorpion Rally STR. La première après-midi est consacrée au tirage au sort des numéros de départ, à la mise au point des motos et à la reconnaissance du « Venue Challenge », une série de 10 épreuves techniques que nous devrons affronter le premier jour du challenge. Il ne s’agit pas d’épreuves de vitesse, mais d’une série d’exercices d’agilité où l’équilibre, la finesse et une maîtrise irréprochable de la moto sont de mise.
Expérience
Heureusement, notre équipe est composée de pilotes expérimentés. Alexander Leurs a participé à plusieurs reprises aux Romaniacs, sans doute l’enduro extrême le plus difficile qui soit. Luc Attema, quant à lui, est un talent né qui maîtrise plusieurs disciplines (cross, supermotard, enduro…) et est sans aucun doute l’un des pilotes de trail les plus rapides d’Europe. Ces deux messieurs ont participé l’année dernière à la première édition du MT Challenge à Melbourne et mettent heureusement leur expérience au service de Wilco Derks et de moi-même. Sur le plan technique, nous bénéficions de l’aide de Richard Attema, le père de Luc, véritable touche-à-tout, ainsi que de l’équipe de CFMoto Benelux.
Jeux
Les obstacles ne mentent pas : des bacs à sable profonds, des flaques de boue traîtresses, des sections de slalom étroites et des « jeux » qui semblent faciles à première vue mais qui, comme on le verra le lendemain, sont sacrément difficiles. Mon expérience du trial doit m’aider à manœuvrer ce gros trail à travers les obstacles.
Après une fantastique cérémonie d’ouverture sur le toit de l’hôtel et une nuit assez courte, l’heure de vérité a sonné. En tant qu’équipe du Benelux, nous nous lançons avec détermination dans l’arène et donnons tout ce que nous avons en termes d’expérience. Heureusement, il fait un peu plus frais qu’hier, même si, avec tout de même 32 °C, ma tenue Alpinestars ne s’avère pas vraiment être le bon choix. Presque tout le monde roule avec un équipement de type cross léger et on ne voit pratiquement aucune trace de la tenue raid homologuée CE, pourtant obligatoire selon le règlement.
Rapide comme l’éclair
Notre première épreuve est une course contre la montre. Nous ne partons pas ensemble mais l’un après l’autre, et nous parcourons l’épreuve à travers une forêt de sapins au sol extrêmement sablonneux, presque sans faute. On constate tout de suite que Luc est rapide, rapide comme l’éclair même. Mais pour la deuxième épreuve, c’est surtout la force musculaire qui compte. Nous devons pousser une 1000 MT-X dans du sable meuble, la faire franchir une pente et un gros tronc d’arbre. Un travail de titan, où une bonne coordination d’équipe s’avère cruciale. Nous signons le troisième temps. Génial ! Mais comme seules deux équipes nous ont précédés… ce n’est pas aussi fantastique que nous le souhaiterions.
Jusqu’au rupteur
Quoi qu’il en soit, nous nous rapprochons des temps réalisés par les autres équipes, ce qui nous donne du courage pour la prochaine épreuve. Il s’agit à nouveau d’une épreuve contre la montre. Il faut parcourir le plus rapidement possible une boucle dans du sable extrêmement meuble. C’est difficile, car le sable profond réduit la vitesse et fait déraper la moto dans tous les sens. « À fond en deuxième vitesse, jusqu’au rupteur », tel est le conseil de Luc. Il est bien placé pour le savoir, puisqu’il réalise un temps absolument exceptionnel sur cette épreuve. Le reste de l’équipe fait de son mieux et s’en sort plutôt bien. Heureusement pour nous, seul le meilleur temps de l’équipe est pris en compte ici…
À l’aveugle
Les épreuves suivantes sont très techniques. Il y a notamment un parcours qu’il faut effectuer à l’aveugle. Littéralement. Avec un opturateur noir dans vos lunettes de protection, vous vous laissez guider par un coéquipier pour suivre le tracé imposé. Cela semble simple, mais ce n’est absolument pas le cas. Vous perdez toute repère et ne pouvez même pas évaluer votre vitesse. Wilco Derks s’en sort à merveille et réalise une performance plus que respectable. Une épreuve suivante consiste en une boucle formée par des cônes. Sur certains cônes est posée une balle de tennis. Le but est de ramasser la balle de tennis sur le premier cône et de la déposer délicatement sur le cône suivant. Et ce, une dizaine de fois. Un jeu d’enfant, pensions-nous. Rien n’est moins vrai, pour la simple raison que les cônes se trouvent toujours à droite de la moto et qu’il est donc impossible d’actionner la poignée d’accélérateur. Il s’agit donc de doser très prudemment l’embrayage pour continuer à rouler sur le sable. Si vous allez trop vite, vous manquerez à coup sûr la balle de tennis. Si vous allez trop lentement, vous tomberez. Une épreuve sympa et une excellente performance de l’équipe.
Plongeon dans la boue
Après quelques exercices d’agilité supplémentaires, nous en sommes à notre dernière épreuve : l’épreuve de la boue. Et comme nous sommes l’une des dernières équipes à nous y attaquer, cette épreuve s’annonce particulièrement difficile. Les traces dans la zone boueuse sont profondes, les pentes ont été creusées par la puissance des quelque 80 MT-X qui sont passés avant nous. Mais là encore, notre équipe se montre étonnamment polyvalente et Luc réalise à nouveau un temps exceptionnel. Pour fêter ça, il plonge littéralement dans la boue avec Wilco, au grand amusement de tous les spectateurs et des équipes de tournage. Les photos de ce plongeon particulièrement drôle font le buzz sur les réseaux sociaux…
Vers l’arrière-pays sauvage
Après la précision millimétrique de la première journée, le décor change le deuxième jour pour l’arrière-pays sauvage de Huelva. L’Adventure Challenge est au programme : un parcours balisé d’environ 180 km à travers un paysage à couper le souffle mais impitoyable, fait de collines, de pistes de gravier et de chemins forestiers poussiéreux. C’est sur ce terrain qu’un véritable trail comme la MT-X doit faire ses preuves. Équipées d’un système de navigation, les équipes doivent trouver leur chemin entre les points de contrôle. Se contenter de suivre l’itinéraire ne suffit bien sûr pas. En chemin, quatre épreuves difficiles nous attendent encore.
Une épreuve difficile
Les deux épreuves de cross mettent la CFMoto 1000 MT-X à rude épreuve. C’est surtout les suspensions qui en prennent un sacré coup. Nous n’avons pas le temps de les régler, et le châssis, tout comme nous-mêmes, encaissons donc des chocs considérables. Une fois de plus, Luc Attema se montre à la hauteur. Il roule à un rythme effréné, laissant le reste de l’équipe loin derrière. Malheureusement, c’est le dernier membre de l’équipe à franchir la ligne d’arrivée qui détermine le temps de l’équipe. Il faut donc surtout veiller à ne pas faire tomber la moto pendant l’épreuve, car cela ferait bien sûr perdre beaucoup de temps. Nous y parvenons et réalisons ainsi un temps tout à fait acceptable.
Une compagne fiable
Il faut le dire : la CFMoto 1000 MT-X s’impose de plus en plus comme une compagne fiable. Avec ses 113 ch et ses 105 Nm de couple, elle se fraye sans peine un chemin à travers le gravier profond et les pentes parsemées de pierres. La position de conduite basse est un atout indéniable dans ces conditions, car elle permet de poser facilement les pieds au sol et ainsi de guider la machine. Il en va de même pour le centre de gravité. Grâce à son réservoir d’essence qui s’étend profondément vers le bas, la CFMoto dispose d’un centre de gravité très bas et se manœuvre ainsi avec une facilité remarquable, au centimètre près. Les tronçons reliant les épreuves sont en partie constituées de magnifiques routes de montagne sinueuses présentant un revêtement parfaitement régulier. On ouvre donc les gaz à fond et on savoure la fougue du moteur, la stabilité du châssis et les freins faciles à doser. Il est presque inconcevable qu’une seule moto puisse réunir autant de capacités. D’une épreuve de trial difficile et technique à une conduite plus « sportive » en montagne, elle est capable de tout.
Euphorie
À l’issue de cette course d’endurance de plus de 180 km, la fatigue se lit sur les visages des pilotes, mais l’ambiance dans le camp du Benelux est euphorique. Nous avons bravé les éléments, nous nous sommes régalés et nous nous sommes fait quelques nouveaux amis. Ce sentiment de fraternité est sans doute exactement ce que CFMoto avait en tête. Et ils ont réussi haut la main. Ah oui, nous avons finalement terminé treizièmes sur les 20 équipes. Le Guatemala a remporté la victoire, devant l’Espagne et la France.
Équipe Benelux : expérience et enthousiasme de la jeunesse
Chaque équipe était composée de quatre participants. L’importateur CFMoto desservant à la fois les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, notre équipe était composée de trois Néerlandais et d’un Belge. Les participants à la finale mondiale sont sélectionnés lors d’épreuves nationales. La composition de l’équipe repose donc uniquement sur les performances individuelles, ce qui, dans notre cas, garantit un bel équilibre entre l’enthousiasme de la jeunesse et l’expérience.
Luc Attema
Luc a 30 ans et est originaire de Holten. Il a commencé le motocross à l’âge de quatre ans, sous la houlette de son père Richard. Après une belle carrière de pilote de motocross, Luc s’est tourné vers le supermotard, où il a disputé les championnats du Benelux et des Pays-Bas, décrochant de nombreux classements parmi les meilleurs et une belle troisième place au classement général. Il s’est ensuite tourné vers l’univers de l’aventure et, avec sa Ténéré 700, il pratique désormais toutes les disciplines : motocross, supermotard, enduro et enduro extrême. Doté d’un immense talent, Luc était l’homme à suivre au sein de notre équipe.
Alexander Leurs
Un quinquagénaire plein d’entrain, entrepreneur et surtout passionné de tout ce qui roule avec un moteur. Alexander est un visage connu dans le monde du rallye, où il s’est constitué un très beau palmarès au guidon de « youngtimers ». Mais c’est bien sûr l’enduro qui occupe la première place. Alexander a participé à deux reprises à la Romaniacs, une épreuve d’une difficulté extrême, où il a su tirer le meilleur parti de son expérience en trial, de ses qualités de navigateur et de sa vitesse, terminant chaque fois la course sans encombre. Au sein de notre équipe, Alexander était celui qui nous soutenait par ses conseils avisés et qui démontrait régulièrement que cinquante ans d’expérience de la vie constituent un véritable atout. À l’instar de ses deux enfants, Alexander s’est acheté une CFMoto et s’est ensuite frayé un chemin jusqu’à cette finale mondiale 2026.
Wilco Derks
Wilco a 27 ans et est donc le benjamin de l’équipe. Depuis son plus jeune âge, il est passionné par tout ce qui roule sur deux roues, fait du bruit et sent mauvais. Après avoir acquis une grande expérience mécanique avec des Puch, du motocross sur cyclomoteur et du motocross, Wilco s’est finalement tourné vers l’univers de l’aventure. Avec sa Ténéré, il a parcouru un nombre incroyable de kilomètres et continue de le faire aujourd’hui. Wilco a remplacé Benjamin, blessé, et s’en est très bien sorti pour un débutant. C’est notamment lors de l’épreuve à l’aveugle que Wilco a réalisé une performance absolument brillante.
German Ooms
Votre serviteur a 58 ans et a pratiquement fait tout ce qu’un homme peut faire sur deux roues. En tant que journaliste spécialisé dans la moto, je suis polyvalent et c’est à ce titre que j’ai intégré l’équipe Benelux de CFMoto. Mes nombreuses années d’expérience en trial ont une nouvelle fois démontré que le trial est l’école supérieure du sport moto. Je me suis régalé comme un enfant !
