Interdiction de circulation entre Dohan et Mortehan : la FEBIAC entre dans la danse !
Suite à l’interdiction de circulation pour les motos décidée par les communes de Bouillon et Bertrix, la FEBIAC vient de réagir en déposant un recours au Conseil d’État.
Le 24 avril dernier, la commune de Bouillon a publié une Ordonnance de Police relative à l’interdiction de circulation des motocyclistes du 1er mai 2026 au 30 septembre 2026 sur la N865 entre Dohan et Mortehan. Une décision qui a immédiatement fait réagir la communauté des motards. En signe de protestation, pas moins de 500 d’entre eux se sont aussitôt rassemblés, sur place, le samedi suivant. On a également entendu parler d’un planning de rencontre entre les communes concernées et des groupements de motards.
Devant le Conseil d’État
J’apprends que la FEBIAC, la Fédération Belge de l’Industrie de l’Automobile et du Cycle, a déposé une requête en annulation devant le Conseil d’État, comme le prévoient les articles 4 et 8 de l’Ordonnance de Police susmentionnée. Il est à précisé que cette requête s’accompagne d’une procédure de suspension en extrême urgence, permettant de stopper la décision dans l’attente d’un jugement final.
Discriminatoire
Il semble que dans cette affaire, la FEBIAC partage mon avis, et celui de bien d’autres, car elle juge que cette interdiction est excessive. L’Ordonnance publiée par la commune de Bouillon considère, entre autres, la circulation accrue des motards sur cette voirie – en dehors des périodes hivernales – comme problématique. Faut-il dès lors considérer que toutes les routes secondaires de notre Royaume « prises d’assaut » par les motards durant la belle saison sont également problématiques ?
Le document parle aussi de comportements consistant à couper les virages. Des manœuvres uniquement réalisées par les motards ? Laissez-moi rire ! Il est également mentionné que cette situation compromet la sécurité des piétons. Mais de qui se moque-t-on en parlant de piétons ? Dans cette région, la majorité des piétons sont en fait des randonneurs qui empruntent le GR 16 qui passe par Dohan et Mortehan en longeant la Semois, bien loin de la N865.
Il est question de sécurité
Abordons maintenant la question de la vitesse excessive, qui serait, selon les autorités de Bouillon, principalement le fait des motards. En cause : un revêtement récemment rénové. Un argument qui peut prêter à sourire lorsque l’on connaît l’état général des routes wallonnes. Pour la sécurité des motards, il serait donc préférable de les rediriger vers des voiries en moins bon état ? Voilà un raisonnement difficile à suivre. Par ailleurs, l’utilisation du terme « pseudo-circuit » vise clairement les motos sportives. Pourtant, celles-ci représentent aujourd’hui un marché de niche depuis déjà plusieurs années. Il suffit de jeter un œil au marché belge de la moto pour constater que les gros trails et les roadsters dominent désormais largement nos routes.
À suivre
Enfin, les autorités considèrent que la topographie en cuvette du site accentue fortement les nuisances sonores pour les riverains, d’où la nécessité de préserver la quiétude du voisinage. Je rappelle que, hormis les deux villages concernés, qui verront de toute façon les motards passer avant la déviation proposée, il n’y a pratiquement pas âme qui vive autour de la N865.
Il faudra maintenant attendre de voir si le Conseil d’État validera — ou non — cette interdiction de circulation.
Le débat est loin d’être clos.
