Essai nouveauté 2026 Triumph Tiger Sport 660 : Une greffe réussie
Les mises à niveau font partie du cycle normal chez tout constructeur. Après la gamme Bonneville que nous avons découverte en Californie, Triumph s’attaque désormais à la plateforme 660 en actualisant la Trident et la Tiger Sport. C’est dans la région d’Alicante que nous avons pris le guidon de ces deux nouveautés.
Nonante ans déjà
Après l’essai de la Trident 660 publié récemment, place maintenant à la Tiger Sport 660. Profitant de la plateforme mise en place en 2021 pour le roadster néo-rétro, la Tiger Sport 660 arrive sur notre marché un an plus tard, en 2022. Réouvrant un chapitre provisoirement clos quelques années plus tôt avec la disparition de la Tiger 1050 Sport, la 660 perpétue une tradition profondément ancrée dans l’histoire de la marque anglaise. Pour certains spécialistes, la Tiger est considérée comme le plus ancien modèle de la marque, apparu avec la Tiger 90, propulsée par un monocylindre de 493 cm³ en 1936. Nonante ans déjà ! Cela devrait se fêter, vous ne trouvez pas, Gentlemans ?
Chouchoutée
Quoi qu’il en soit, cette cuvée 2026 de la Tiger Sport 660 a de quoi séduire. Bien qu’elle soit considérée comme le modèle d’entrée de gamme depuis l’arrivée de la Tiger Sport 800 l’année dernière, la 660 bénéficie d’un soin tout particulier à Hinckley. Après une première mise à jour l’année dernière (régulateur de vitesse, ABS en virage, quickshifter, mode de conduite Sport en plus des Road et Rain, connectivité), au même titre que la Trident 660, cette « tigresse sportive » fait un bond en avant impressionnant cette année, notamment en terme de prestations.
Plus puissante mais toujours A2
Son moteur trois-cylindres pétillant de 660 cm³ voit sa puissance passer de 81 à 95 chevaux, avec un régime maximal qui gagne 1 000 tours/minute, passant de 10 250 à 11 250 tr/min. Côté couple, la progression est plus modeste, de 64 à 68 Nm, mais à un régime plus élevé (de 6 250 à 8 250 tr/min). Triumph rassure toutefois en précisant que 80 % du couple est disponible dès 3 150 tr/min. Autre atout : avec ses 95 chevaux (soit 70 kW), la Tiger Sport 660 reste éligible au permis A2 limité à 35 kW.
Greffe d’organe
Pour parvenir à ce résultat, la recette n’a pas été compliquée : ce moteur était déjà disponible sur la Daytona 660 sortie en 2024. Il a néanmoins fallu adapter la partie-cycle de la Tiger Sport, comme celle de la Trident, afin d’accueillir ce moulin plus performant, doté d’un système d’admission plus sophistiqué et plus volumineux. Trois corps d’injection de 44 mm remplacent ainsi un unique de 39 mm, avec une boîte à air agrandie, prenant plus de place. Le cadre principal a donc été redessiné et, au passage, le réservoir a gagné 1,4 litre, passant de 17,2 à 18,6 litres.
Le reste des évolutions moteur, comme les profils de cames, les soupapes d’admission, l’échappement et la gestion moteur, est plus discret. Même chose pour l’intérieur de la boîte de vitesses avec ses nouveaux axes et rapports, ainsi que l’embrayage et le quickshifter recalibré. Pour le système de refroidissement, qui intègre un radiateur repositionné et des ventilateurs plus grands, Triumph a dû revoir les éléments de carénage en y apportant quelques retouches esthétiques.
Interstellaire
En découvrant la moto, ce sont surtout les flancs de carénage plus volumineux qui sautent aux yeux. Pour le reste, la Tiger Sport 660 conserve quasiment les mêmes lignes que sa devancière. Il faut vraiment être attentif pour remarquer les nouveaux feux de jour DRL intégrés. Mais certainement moins pour le nouveau coloris choisi pour cet essai, bleu Interstellar/gris Mineral, qui est particulièrement saisissant. Disponible au catalogue contre un supplément de 150 €, au même titre que la teinte argent Ice/orange Intense plus neutre, ce bleu interstellaire change de teinte selon la luminosité, oscillant entre bleu et vert bouteille, comme un véritable caméléon. La moto est aussi proposée en blanc Pure, sans supplément de prix.
Toujours aussi accueillante
Une fois installé sur la nouvelle Tiger Sport, il est presque impossible de distinguer les différences avec l’ancienne version. Le poste de pilotage reste inchangé, aussi bien au niveau des commodos que du tableau de bord. J’avais secrètement espéré que Triumph remplace l’écran TFT couleur, qui inclut la fenêtre LCD de la version précédente, par un modèle plus moderne, mais ce n’est pas le cas, malheureusement. En revanche, le système mécanique permettant de régler la hauteur de la bulle sur plus de 80 mm est conservé, ce qui est une bonne chose. L’augmentation du volume du réservoir n’affecte pas la position de conduite, la selle culminant toujours à 835 mm du sol. La Tiger Sport demeure ainsi une moto accessible aux pilotes de taille moyenne, comme moi, qui mesure un mètre septante.
Contraste
Après une matinée dédiée à l’essai de la nouvelle Trident 660, je prends enfin le guidon de la Tiger Sport après le dîner. Les premiers kilomètres sont consacrés à la prise en main de cette sport-tourer, avec en toile de fond une inévitable comparaison entre les deux modèles. Toutes deux partagent le même moteur, mais je ressens rapidement une différence dans les reprises et l’accélération. Avec ses 16 kilos supplémentaires sur la balance, la tigresse marque un peu le pas, même en mode Sport. Les précédentes versions des deux 660 affichaient un rapport de transmission finale identique de 16/51, mais ce pourrait ne plus être le cas ici. À confirmer auprès de Triumph.
Si je vous dis aussi que l’inertie de la moto est plus marquée en entrée de virage, tout comme les variations d’assiette, cela ne devrait pas vous surprendre. La Tiger Sport a une vocation totalement différente, avec notamment des débattements de suspensions plus généreux (passant de 120/130 à 150/150 mm). Comparer un trail routier à un roadster sur un même terrain de jeu n’est pas forcément pertinent, mais cela peut aider ceux qui hésitent entre ces deux types de motos. En faisant abstraction de la Trident 660 et avec un peu de temps pour m’adapter, je parviens à me fondre totalement dans la conduite de cette Tiger Sport 660.
Du potentiel
Le plaisir de conduite est toujours au rendez-vous. Notre groupe de journalistes partage les deux modèles depuis ce matin. Ajoutez à cela un ouvreur de chez Triumph au guidon d’une Trident, doté d’un poignet droit très souple, et vous obtenez un cocktail explosif, avec tout le monde roulant à un rythme soutenu. Ce n’est pas très représentatif du style de conduite d’un motard lambda, j’en conviens, mais cela prouve au moins une chose : la Tiger Sport suit ce rythme sans broncher, offrant un bel aperçu de son potentiel. N’oublions pas non plus que cette machine appartient à la famille Tiger SPORT.
Les rouleurs peuvent se rassurer. Avec son réservoir désormais porté à 18,6 litres, comme la Tiger Sport 800, et une boucle arrière toujours prévue pour accueillir des valises, la 660 continuera d’emmener son pilote et un passager loin, bien au-delà de l’horizon. Bien protégés par une bulle réglable, un régulateur de vitesse et un shifter parfaitement calibré. En revanche, poignées chauffantes et protège-mains restent en option, ce qui est sans doute un mal nécessaire pour une moto dont le prix avoisine les 10 000 euros.
Toujours agréable
Enfin, abordons la greffe de ce moteur trois-cylindres issu de la Daytona. Malgré l’augmentation de puissance et la vitesse de rotation plus élevée, la Tiger Sport 660 reste souple, sans nécessiter de monter systématiquement dans les tours. Certes, elle offre plus de chevaux en haut, ce qui peut être utile pour les dépassements rapides ou lorsqu’on roule avec un passager et des bagages. Mais globalement, la moto conserve tout son charme et rouler tranquillement lui convient parfaitement, avec un couple bien présent dès les bas régimes.
Conclusion
Avec cette nouvelle Tiger Sport 660, Triumph élève son modèle d’entrée de gamme à un niveau supérieur, au point de faire de l’ombre à la 800. Proposant des prestations désormais proches de celle-ci, pour un budget nettement plus contenu (2 700 euros de moins), elle offre une alternative séduisante. Ce sera sans doute le sujet d’un prochain essai comparatif. Pour ma part, je suis totalement conquis par cette nouvelle Tiger Sport 660 et je n’invite pas les possesseurs de l’ancien modèle à l’essayer, sous peine de le regretter !
Photos : Triumph
Les plus et les moins
| Les plus | Les moins |
| Toujours aussi bien équilibrée | Tableau de bord inchangé |
| Moteur plus puissant | En concurrente avec la 800 ? |
| Coloris bleu Interstellar |
Fiche technique Triumph Tiger Sport 660
| MOTEUR | |
| Type | Trois cylindres en ligne à refroidissement liquide, DACT |
| Cylindrée | 660 cc |
| Alésage x course | 70 x 51,1 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | 12.1 :1 |
| Alimentation | injection électronique séquentielle multipoint |
| Boîte de vitesses | à 6 rapports |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile, anti-dribbling et assistance |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 95 ch (70 kW) @ 11.250 tr/min |
| Couple maximum | 68 Nm @ 8.250 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | Modes de conduite, régulateur de vitesse adaptatif … |
| Partie-cycle | Contrôle de traction, quickshifter, ABS en virage, … |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | tubulaire périmétrique en acier |
| Suspension avant | fourche inversée Showa de 47 mm |
| Options de réglage | / |
| Suspension arrière | mono-amortisseur Showa |
| Options de réglage | Précharge avec réglage hydraulique à distance |
| Débattement av/ar | 150 mm / 150 mm |
| Frein avant | deux disques de 310mm, étriers coulissants Nissin à 2 pistons |
| Frein arrière | un disque de 255mm, étrier coulissant simple piston |
| Pneumatique av/ar | 120/70 R17, 180/55 R17 (Michelin Road 5) |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.418 mm |
| Angle de chasse | 23,1 ° |
| Chasse | 97 mm |
| Hauteur de selle | 835 mm |
| Réservoir | 18,6 litres |
| Poids TPF | 211 kg |
| PRIX | |
| à partir de | 10.095 € (disponible immédiatement) |
