Essai nouveauté QJMotor SRT 900 SX : Casseur de prix ou tigre de papier ?
Il est clair que QJMotor n’a pas commencé sa conquête mondiale en testant prudemment le terrain. L’année dernière, nous avons été invités à prendre un café pour faire connaissance avec la marque chinoise et (entre autres) ses nouveaux modèles SRT 700 et 800 SX. À peine un an plus tard, une 900 vient compléter la gamme. Avec une puissance maximale de 95 ch, la technologie radar et un prix (une fois de plus) très compétitif, la nouvelle SRT 900 SX élève le concept de ses petites sœurs à un niveau encore supérieur.
Texte : Jelle Verstaen
La concurrence est rude
La catégorie des crossovers de moyenne cylindrée fait actuellement l’objet d’une vive concurrence. Cela ne vous a certainement pas échappé. Les marques européennes et japonaises mettent tout en œuvre pour séduire les acheteurs potentiels avec des performances impressionnantes. Mais aussi avec de nombreux équipements de série et un confort qui ferait pâlir d’envie le canapé de votre salon. Dans cette course à l’excellence, la liste des prétendants au trône augmente également en conséquence. Et c’est précisément là que QJ Motor voit une opportunité : les Chinois proposent une moto qui, en termes de performances, de niveau d’équipement et de technologie, peut rivaliser avec la plupart de ses concurrentes. Et qui, en termes de prix, les met sans pitié au tapis. Mais le tableau d’ensemble est-il cohérent ? Et la SRT 900 SX est-elle le casseur de prix qu’elle prétend être, ou plutôt un tigre de papier ? C’est ce que nous allons découvrir pour vous, lors d’un bref essai routier dans les environs d’Ijsselstein aux Pays-Bas.
Un petit pas ?
Tout en renouvelant (ou complétant) rapidement sa gamme existante avec une série de nouveaux modèles, QJMotor fait également des progrès en matière de motorisation et de châssis. Ainsi, la SRT 900 SX est équipée d’un bicylindre retravaillé, avec 105 cm³ de plus que la 800. Cela représente un bond de 799 à 904 cm³ et un surplus de 2,5 ch et 13 Nm. Le nouveau twin développe 95 ch à 9 000 tr/min et 90 Nm à 6 500 tr/min. Sur le papier, il s’agit d’une augmentation relativement modeste en termes de puissance, mais dans la pratique, on constate que le moteur est plus puissant et surtout plus vivant.
À grands pas
Mais il n’y a pas que la mécanique qui avance à grands pas. Bien que la fourche inversée Marzocchi semble identique à première vue (et dispose du même débattement de 150 mm), les possibilités de réglage ont été élargies : vous pouvez maintenant régler l’amortissement en compression et en détente. À l’arrière, un mono-amortisseur à précharge réglable est monté sur un bras oscillant en aluminium de type gullwing, une solution à la fois légère et rigide. En matière de freinage, QJ reste également fidèle à son fournisseur principal. Brembo fournit à la fois les doubles disques de 320 mm avec étriers radiaux à quatre pistons à l’avant et le disque de 260 mm avec étrier flottant à simple piston à l’arrière. La combinaison d’une roue avant de 19 pouces et d’une roue arrière de 17 pouces confirme l’approche crossover. Selon le constructeur, les pneus Maxxis Maxxventures (110/80-19 et 150/70-17) montés sur les jantes tubeless à rayons sont des pneus 80% route/20% tout-terrain, même si leur profil semble principalement destiné à un usage routier.
Radar
La plus grande avancée réside toutefois dans l’électronique. La SRT 900 SX dispose de trois modes de conduite qui ajustent à la fois la réponse de l’accélérateur et le degré d’intervention des systèmes d’assistance. L’ABS est également réglable, avec un mode tout-terrain pour les rares occasions où vous roulerez sur des chemins non goudronnés. Autre nouveauté avec le régulateur de vitesse, qui n’est pas un système adaptatif, mais constitue un ajout précieux pour tous ceux qui parcourent de longues distances. Une fonctionnalité que l’on ne trouve généralement que sur des machines beaucoup plus chères est le système de détection d’angle mort basé sur un radar. Les capteurs sont soigneusement dissimulés et avertissent lorsqu’un véhicule se trouve dans l’angle mort. Et ce, à la fois via un voyant orange dans les rétroviseurs (comme sur la plupart des voitures modernes) et via des indicateurs sur votre tableau de bord. À ce propos, l’écran TFT 7 pouces est moderne, passe automatiquement du mode clair au mode sombre et est équipé d’un système qui surveille à la fois la pression et la température des pneus.
Équipement particulièrement riche
Une chose est claire : un équipement complet était clairement une priorité lors du briefing de conception. En plus des équipements électroniques décrits précédemment, la SRT 900 SX est également dotée d’un quickshifter (up/down), d’une selle et de poignées chauffantes, d’un éclairage LED complet, d’un jeu de valises et top-case en aluminium, de protège-mains, de généreux pare-carters, d’un pare-brise spacieux (mais malheureusement non réglable) et de déflecteurs. Il est également possible d’installer une caméra frontale.
Poids important, prix modique
Le poids en ordre de marche atteint le chiffre particulièrement impressionnant de 264 kg, en partie sous l’influence de l’énorme réservoir de 24 litres. Cela fait de la QJMotor SRT 900 SX une compagne de voyage sur laquelle on peu compter, mais en aucun cas un poids plume à manœuvrer à l’arrêt, y compris pour la garer. La largeur et la hauteur (835 mm) de la selle, sans oublier la bagagerie, rendent l’accès à la moto quelque peu difficile, surtout pour les conducteurs de petite taille. Mais en contrepartie, la moto possède un prix très abordable. La SRT 900 SX, avec tous les équipements mentionnés ci-dessus, est disponible pour seulement 10 999 euros.
Un confort bienvenu
Dès que vous montez sur la moto, vous vous installez confortablement – chez QJ, ils ont tout prévu. La selle est souple, spacieuse et confortable, sans trop transmettre les vibrations. Elle pousse légèrement le conducteur vers l’avant, en direction du réservoir, une caractéristique que j’ai déjà rencontré sur d’autres modèles de la marque. Le confort reste toutefois excellent grâce au rembourrage généreux et à la position de conduite spacieuse. En cette journée froide, je règle le chauffage de la selle et des poignées au maximum : un plaisir bienvenu.
Une présence marquante
Le large guidon est bien proche du conducteur et les commodos me sont familier depuis l’essai d’autres modèles de la marque. Mes pieds sont relativement haut placés, c’est bien pour la garde au sol, par contre cela induit que mes genoux sont également bien pliés. Cela ne me dérange pas personnellement, mais les conducteurs un peu plus grands pourraient rapidement souffrir de cette position, surtout lors de longs trajets. Le réservoir large avec ses échancrures importantes permet toutefois de rester bien assis à tout moment, ce qui procure une agréable sensation de contrôle. Deux points critiques : les vibrations au niveau du guidon et des repose-pieds sont assez importantes. De plus, la chaleur au niveau des jambes est suffisante pour vous brûler quelques poils. Agréable en cette fraîche journée d’automne, mais moins souhaitable lors de trajets plus estivaux, me semble-t-il.
Réaction sportive
Maintenant que le moteur (et les jambes) sont bien échauffés, il est temps de faire un petit tour. Je profite de ce déplacement à Ijsselstein, dans la région d’Utrecht, pour tester cinq motos. Je ne parcours donc que quelques kilomètres avec la SRT 900 SX. Mais cela est suffisant pour noter quelques impressions. Le bicylindre vertical s’éveille dès la moindre accélération et réagit de manière sportive à chaque rotation de la poignée de gaz. Néanmoins, la réponse de celle-ci n’est pas toujours très souple, la courbe de puissance ne semble pas aussi progressive que celle de certains concurrents. Surtout à bas régime, le moteur tourne parfois de manière assez rugueuse et montre clairement qu’il n’est pas dans son élément. Il en va tout autrement entre 3 000 et 7 500-8 000 tours. Le twin réagit alors très souplement, pousse fort et exploite pleinement chaque cheval-vapeur et chaque newton-mètre. Le quickshifter mérite également un point positif à cet égard. Il nécessite certes un effort assez important de la part de votre gros orteil, mais il change de rapport sans faute et constitue un bonus bienvenu, compte tenu du fonctionnement assez rugueux de l’embrayage (à câble).
Difficilement maniable
Inutile de tourner autour du pot : avec un poids en ordre de marche de 264 kg, la SRT 900 SX peut difficilement être qualifiée de maniable. Mais malgré ça, elle se laisse conduire assez facilement, surtout avec un peu de vitesse. Il ne suffit pas de « poser un doigt sur chaque moitié du guidon », mais avec un peu d’effort, on arrive à ses fins. À l’arrêt et à faible vitesse, les manœuvres demandent clairement plus d’efforts. Dans les virages rapides, on sent également que le centre de gravité est assez haut et qu’il faut beaucoup de conviction physique, surtout après avoir fait le plein.
Des freins efficaces
Heureusement, les freins sont largement suffisants pour maîtriser le poids total et se commandent avec la sensibilité nécessaire. Les Brembo avant et arrière fonctionnent très bien. La fourche Marzocchi est clairement axée sur le confort plutôt que sur la sportivité dans sa configuration standard, mais son amortissement peut être facilement ajusté pour ceux qui préfèrent une conduite plus réactive. L’arrière filtre très bien la plupart des irrégularités, il n’y a pas grand-chose à redire à ce sujet. Le réglage de la précharge ne peut se faire qu’à l’aide d’un outil spécial, une commande déportée aurait été un plus. Mais on ne peut pas tout avoir pour ce budget.
Moins fastidieux
Il ne me reste plus qu’à donner mon avis sur le fonctionnement des équipements électroniques. Le régulateur de vitesse fonctionne parfaitement et constitue un atout indéniable sur ce type de motos, les éléments chauffants sont facile à régler et très agréable, et les modes de conduite eux-mêmes sont suffisamment différents les uns des autres pour offrir une large gamme d’utilisations, mais ils sont difficiles à régler. Cela pourrait être beaucoup moins fastidieux. Le système de détection d’angle mort avec radar demande un certain temps d’adaptation, mais fonctionne bien : le triangle de danger dans vos rétroviseurs est clair (même en plein jour) et avertit efficacement de la circulation qui arrive derrière vous. Les flèches qui s’allument simultanément sur l’écran TFT sont, à mon avis, superflues et gênantes, sauf si vous consultez à ce moment-là votre écran pour vérifier, par exemple, la vitesse.
Conclusion
Pour 10 999 euros, la QJMotor SRT 900 SX offre un équipement que l’on ne trouve que dans le catalogue d’options de certains concurrents beaucoup plus chers. Citons notamment la selle chauffante, les barres de protection et le set de valises et top-case, la détection d’angle mort avec radar, etc. Malgré quelques points négatifs, notamment des vibrations perceptibles et une forte chaleur, cette moto fait tout de même forte impression. De son look à ses suspensions, en passant par ses freins et son moteur extrêmement puissant à mi-régime. Oui, il faut fermer les yeux sur certains points, mais en contrepartie, vous bénéficiez d’un rapport qualité-prix difficile à égaler dans ce segment. La définition même d’un casseur de prix, à mon avis.
Les plus et les moins
| Les plus | Les moins |
| Prix très compétitif | La bulle réglable aurait été un plus |
| Équipement particulièrement riche | Vibrations trop présentes |
| Freinage excellent | Réaction moteur saccadée dans les bas régimes |
Fiche technique QJMotor SRT 900 SX
| MOTEUR | |
| Type | bicylindre vertical, refroidissement liquide, DACT |
| Cylindrée | 904 cc |
| Alésage x course | 92 x 68 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | nc |
| Alimentation | injection électronique EFI |
| Boîte de vitesses | à 6 rapports |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 95 ch (70 kW) @ 9.000 tr/min |
| Couple maximum | 90 Nm @ 6.500 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | modes de conduite, quickshifter, régulateur de vitesse |
| Partie-cycle | connectivité, radar |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | treillis tubulaire en acier |
| Suspension avant | fourche inversée Marzocchi |
| Options de réglage | compression et détente |
| Suspension arrière | mono-amortisseur Marzocchi |
| Options de réglage | précharge et détente |
| Débattement av/ar | nc/nc |
| Frein avant | deux disques de 320mm, étriers radiaux Brembo à 4 pistons |
| Frein arrière | un disque de 260 mm, étrier flottant Brembo simple piston |
| Pneumatique av/ar | 110/80 – 19, 170/70 – 17 (Maxxis Maxxventures) |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.540 mm |
| Angle de chasse | nc |
| Chasse | nc |
| Hauteur de selle | 835 mm |
| Réservoir | 24 litres |
| Poids TPF | 263 kg |
| PRIX | |
| à partir de | 10.999 € |
