Essai nouveauté QJMotor SRV 600 V : un mélange intrigant
Si vous êtes à la fois fan des powercruisers et du moteur V4, vous ne trouviez jusqu’à récemment votre bonheur que dans la “diablerie” du catalogue de Borgo Panigale. Mais récemment, de nouvelles propositions sont venues de l’empire du Milieu. Parmi celles-ci, sans excès de chevaux ni de newtons-mètres, mais avec un prix modeste, découvrez la QJMotor SRV 600 V !
Texte : Jelle Verstaen
Pour être honnête, j’avais déjà eu l’occasion de tester la SRV 600 V il y a un peu plus d’un an, lorsqu’elle a été dévoilée pour la première fois chez l’importateur. Cette première prise de contact avait été pour moi un véritable coup de cœur, mais malheureusement trop brève pour permettre un test complet. Faire bonne impression la première fois est une chose, confirmer en est (souvent) une autre. C’est donc avec plaisir et la réserve nécessaire que je suis retourné (un peu plus longtemps) prendre le café avec ce cruiser V4 exceptionnel !
Un ensemble harmonieux
En termes d’esthétique, QJMotor a fait du bon travail avec son petit cruiser, comme avec presque tous les modèles de sa gamme. La SRV 600 V se présente comme une machine mature, bien pensée et parfaitement finie. Le réservoir laqué noir brillant, l’arrière épuré et la bande LED horizontale qui fait office de phare forment un ensemble très harmonieux, tandis que les accents couleur laiton sur le moteur viennent compléter le tableau. Il est clair que QJ s’est largement inspiré d’une marque américaine bien connue : des leviers de frein et d’embrayage aux boutons, en passant par le phare, les gros pneus et les clignotants… On dirait qu’ils ont été développés à Milwaukee. Mais ça fonctionne. Mieux vaut bien copier que mal faire, n’est-ce pas ? Bon, l’autocollant « 4 pistons » sur les flancs est à la fois superflu et comique – comme si quelqu’un pouvait soupçonner un piston manquant – et les plaques de recouvrement en plastique sur le cadre en acier (pour lui donner un aspect aluminium) ont surtout l’effet d’un motif carbone sur du plastique. Mais tout cela ne sonne pas vraiment faux.
Euro5+
Vous connaissez cette sensation. Vous allez à un deuxième rendez-vous, et quelque chose vous saute immédiatement aux yeux : a-t-elle changé quelque chose à ses cheveux ? Ce grain de beauté était-il déjà sur sa lèvre supérieure la première fois ? Une rhinoplastie, ou de nouvelles boucles d’oreilles, peut-être ? C’est exactement ce sentiment qui m’envahit lors du tour d’horizon obligatoire. Jusqu’à ce que le déclic se fasse : les quatre silencieux d’échappement – deux de chaque côté – ont été remplacés en 2025 par un seul silencieux noir de chaque côté. C’est un peu dommage. Même si l’importateur me fait comprendre qu’il n’y avait pas d’autre choix que de revoir le système d’échappement afin de se conformer à la norme Euro5+. Les performances ne sont toutefois pas affectées, me promet-il sur l’honneur.
Un petit bijou
Et j’en suis ravis. Car ce V4 est (toujours) un petit bijou de moteur, avec un angle de 90° pour une cylindrée de 561 cm3, il développe 68 ch à 10 500 tr/min et 54 Nm à 8 000 tr/min. Avide, gourmand en régime et surtout beaucoup plus ludique que ce que l’on pourrait espérer d’un cruiser. Il n’y a pas grand-chose à gagner dans les bas régimes, surtout en termes de couple, mais dès que l’on ouvre un peu plus les gaz, le plaisir commence. De 3 500 à plus de 10 000 (!) tours, le moteur rugit de plaisir, et en termes de bande-son, vous trouverez rarement mieux dans ce segment. Ne vous attendez pas à une bête de course qui vous permettra de gagner tous les sprints aux feux rouges – il est un peu trop docile à bas régime pour cela –, mais une fois lancé, vous laisserez sans doute plus d’un challenger loin derrière vous. Le moteur réagit avec une grande souplesse à la poignée d’accélérateur à câble et transmet chaque impulsion très souplement à la roue arrière grâce à la transmission par courroie. L’embrayage se commande facilement avec deux doigts et le passage des vitesses est fluide, même s’il n’est pas toujours facile de savoir quand vous avez changé de rapport. Un peu plus de réactivité de la boîte aurait été souhaitable.
En route
La position de conduite est exactement celle que l’on attend d’un cruiser : agréablement détendue et bien droite. Le large guidon tient bien en main, la selle est bien rembourrée et les repose-pieds sont placés au bon endroit, ni trop haut ni trop bas. Les suspensions sont fournie par Marzocchi, à l’avant comme à l’arrière. Et bien que celles-ci semblent assez rigides au premier abord, le confort est bien meilleur que ce que l’on pourrait penser, elles filtrent la plupart des irrégularités de la chaussée. Les gros pneus absorbent également une partie des chocs, ce qui rend les balades tranquilles comme les accélérations plus rapides très confortables. Avec ses 219 kg, la SRV 600 V n’est pas un poids plume, ce qui se remarque surtout dans les virages un peu plus rapides. Il faut s’habituer à la combinaison de l’empattement assez important (1 580 mm) et des pneus CST larges. L’adhérence est toutefois excellente, tant sur route sèche que mouillée, et les freins se manient avec beaucoup de précision. L’ABS n’intervient pas trop rapidement, le point d’engagement est clair et le dosage est un jeu d’enfant. Excellent point ici !
Tout ce qu’il faut
Sur une moto sans ride-by-wire ni IMU, il ne faut pas s’attendre à une profusion d’électronique, mais la SRV 600 V n’en est pas démunie pour autant. Tout ce qui s’y trouve fonctionne en effet parfaitement. Du beau tableau de bord TFT clair (avec notamment un indicateur de rapport engagé et des indicateurs de pression des pneus !) au contrôle de traction qui fonctionne à la perfection et qui intervient à plusieurs reprises sur la chaussée recouverte de feuilles. De plus, je ne constate pas non plus d’excès de commandes : bouton de démarreur/coupe-circuit, contrôle de traction et boutons de commande pour le tableau de bord à droite, et à gauche, tout ce qui concerne l’éclairage et le klaxon. Seul bémol : le commutateur des clignotants n’est pas très pratique à utiliser, car il faut appuyer une deuxième fois sur la direction indiquée pour l’éteindre. À la longue, c’est ennuyeux.
Conclusion
Au final, la QJMotor SRV 600 V est un mélange intrigant de styles, ce qui la rend intéressante tant pour les adeptes des cruisers que pour ceux qui ne sont pas attirés par ces engins généralement lourds motorisés par un bicylindre. Je pèse mes mots, mais la SRV 600 V est à mes yeux une bouffée d’air frais dans un segment de moyenne cylindrée qui tend de plus en plus vers l’uniformité. Le moteur V4 est techniquement beaucoup plus intéressant que le énième bicylindre parallèle, il est impressionnant de puissance et incroyablement agréable à faire vrombir. De plus, il est très esthétique, sa finition est soignée et son prix est plus abordable que vous ne l’auriez imaginé dans vos rêves les plus fous. Pour 8 499 euros, vous pouvez avoir un véritable V4 dans votre garage.
Données techniques QJMotor SRV 600 V
| MOTEUR | |
| Type | quatre cylindres en V à 90°, refroidissement liquide, DACT |
| Cylindrée | 561 cc |
| Alésage x course | 61 x 48 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | nc |
| Alimentation | injection électronique EFI |
| Boîte de vitesses | à 6 rapports |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile |
| Transmission finale | courroie |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 68 ch (50 kW) @ 10.500 tr/min |
| Couple maximum | 54 Nm @ 8.000 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | contrôle de traction |
| Partie-cycle | ABS à double canal, TPMS |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | tubulaire en acier |
| Suspension avant | fourche inversée Marzocchi de 41 mm |
| Options de réglage | / |
| Suspension arrière | deux amortisseurs Marzocchi |
| Options de réglage | précharge du ressort |
| Débattement av/ar | nc |
| Frein avant | deux disques de 300mm, étriers radiaux à 4 pistons |
| Frein arrière | un disque de 260mm, étrier flottant à deux pistons |
| Pneumatique av/ar | 130/90-16, 180/65-16 (CST) |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.580 mm |
| Angle de chasse | nc |
| Chasse | nc |
| Hauteur de selle | 720 mm |
| Réservoir | 16,5 litres |
| Poids TPF | 219 kg |
| PRIX | |
| à partir de | 8.499 € |
