Essai nouveauté QJMotor SRK 921 RR : Look italien, ambition chinoise
QJMotor ne se contente plus depuis longtemps de rester en retrait. La marque lance rapidement de nouveaux modèles sur le marché, pêche de plus en plus dans les eaux européennes en le faisant avec un savant mélange de prix compétitifs, d’équipements de marques réputées et d’une bonne dose de visuel attractif. La SRK 921 RR s’inscrit parfaitement dans cette stratégie : il ne s’agit pas d’un projet de niche, mais d’une déclaration de la part des Chinois. Une moto sportive qui doit montrer que QJMotor veut également avoir son mot à dire dans le segment sportif haut de gamme.
Texte : Jelle Verstaen
Porteuse d’image
QJMotor élargit actuellement sa gamme presque tous les mois, et cela se ressent dans son approche. La SRK 921 RR n’est pas une expérience isolée, mais une porteuse d’image : une machine avec de la prestance, un quatre cylindres, un bras oscillant asymétrique et une liste de composants qui doit délibérément inspirer confiance. On remarque des suspensions signées Marzocchi, un système de freinage Brembo, des pneumatiques Pirelli, mais aussi un quickshifter, un tableau de bord TFT et un régulateur de vitesse montés de série. Mais avec cette SRK 921 RR, QJ ne veut clairement pas se profiler uniquement comme un concurrent moins cher, mais comme une marque qui veut aussi vendre de l’émotion. À l’italienne, quoi. Et ce n’est pas un hasard.
Une beauté « italienne »
Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste du design pour le remarquer : la SRK 921 RR respire à plein nez le basilic, l’huile d’olive et les tomates fraîches. Les lignes acérées, les proportions sportives, la partie du cadre en treillis qui dépasse sous le carénage comme une pin-up qui dévoile ses charmes, le bras oscillant asymétrique et un quartette d’échappements très reconnaissable… Chaque détail visible de cette machine est dessiné pour être désirable. La séduction italienne à son meilleur niveau. Ce n’est pas un hasard, car le design provient directement de la table à dessin de C-Creative. Avec le C de Castiglioni, la famille qui était auparavant propriétaire de MV Agusta, et avec le designer maison Adrian Morton à bord. Avons-nous déjà mentionné que cette quadruple sortie d’échappement ne nous était pas inconnue ? De plus, tous les « attributs habituels » sont présents : éclairage full LED avec DRL, nez épuré, section arrière compacte et orientée vers le haut et… de véritables ailerons. Sur cette machine, ces appendices sont peut-être plus une question de style que de nécessité, mais honnêtement, ils lui vont très bien.
Quatre-cylindres
Sous le superbe carénage se cache un moteur quatre cylindres en ligne de 921 cm3 développant une puissance respectable de 129 ch et un couple de 93 Nm, respectivement à 10 000 et 8 000 tours minute. Une pression sur le bouton de starter fait rugir le quatre-cylindres, ce qui suffit amplement pour comprendre que cette bête de course n’a rien d’un ovni. En effet, le mariage éphémère entre QJ et MV Agusta pour la Lucky Explorer 9.5 avait donné naissance à un projet de moteur en Chine… Pas celui de la 9.5, qui était un trois cylindres, mais plutôt celui de l’« ancienne » Brutale 920, avec quelque chose en arrière-plan…
On reste sur sa faim
Sur le papier, la SRK 921 RR développe la majeure partie de sa puissance et de son couple dans la plage où cela devient intéressant. Dans la pratique, le moteur offre une poussée prévisible et linéaire. Pas de pic hystérique, mais une montée en puissance utile qui, à partir d’environ 4 000 tours (en dessous, il ne se passe pas grand-chose), pousse de manière convaincante. Cela rend le moteur facile à utiliser, à n’importe quelle vitesse. Ceux qui se basent uniquement sur les chiffres ou sur l’histoire de MV s’attendent peut-être à plus de « fuoco » dans les hauts régimes. Et c’est justement là que la SRK 921 RR laisse un peu à désirer : on atteint plus vite la zone rouge qu’on ne le penserait, c’est moins explosif en haut qu’on ne l’espérerait et la plage de régime utile est plus réduite que ne le laisse supposer son apparence. Rapide ? Certainement. Impressionnante ? Hmm, on reste tout de même un peu sur sa faim.
Cartographie
La commande ride-by-wire et l’injection sont réglés de manière assez précise, mais ne réagissent pas toujours avec la finesse souhaitée. Dans la pratique, cela se remarque surtout à vitesse constante ou lors de petites corrections à mi-régime : la réaction n’est pas toujours aussi souple que vous le souhaiteriez. En mode Sport, par exemple, la réponse de la poignée d’accélérateur est assez vive, ce qui provoque des réactions indésirables dans les virages et lors des changements de charge, surtout si vous devez corriger la trajectoire. Ce n’est pas dramatique – le moteur est parfaitement contrôlable et la base est excellente – mais une mise à jour de la cartographie pourrait apporter un plus. Et cela ne ferait que renforcer l’excellence du pack de base.
Visez et roulez
Je prends possession de la 921 avec à peine quelques kilomètres au compteur, et cela se remarque immédiatement. Les leviers d’embrayage et de frein exigent une certaine force dans les doigts, le passage des vitesses est encore un peu raide et l’ensemble de la machine a clairement besoin de se détendre un peu. Mais dès qu’elle atteint une certaine température et une certaine vitesse, l’ambiance change. La SRK 921 RR respire plus librement, réagit avec plus d’enthousiasme et affiche un équilibre étonnamment agréable. Ce qui frappe surtout, c’est que la moto inspire confiance. Pas d’avant nerveux, pas de caprices étranges, il suffit de viser et de rouler.
Plus d’application
Cela rend la 921 RR également intéressante pour les motards qui souhaitent rouler de manière sportive, mais qui ne recherchent pas nécessairement une moto hyper nerveuse uniquement destinée à améliorer leurs temps au tour. Dans les virages rapides, elle reste stable et calme, mais dans les changements de direction serrés, elle demande un peu plus d’application. La 921 ne roule pas toute seule dans les virages et, parfois, un petit coup supplémentaire sur les guidons bracelet est nécessaire pour lui faire changer rapidement de direction. Un peu plus de hauteur à l’arrière aurait été bénéfique à cette moto entraînant une réponse plus rapide dans les virages et une meilleure adhérence. Même si nous n’avons rien à redire sur les Pirelli Diablo Rosso IV lors de cette courte sortie par temps froid.
Poids
Le poids est également un facteur important : la SRK 921 RR pèse, du moins sur le papier, 223 kg en ordre de marche, et cela se ressent. C’est surtout à faible vitesse et lors de changements de direction rapides que les kilos se font sentir. Heureusement, dès que la vitesse augmente, ce poids devient un avantage pour la SRK. Vous obtenez alors cette sensation de stabilité et de tenue de route qui, à notre avis, fait la force de cette moto. Est-il possible de bien freiner ce poids ? Bien sûr, car les freins ne font l’objet d’aucune discussion : ils sont tout simplement excellents. Des étriers radiaux Brembo avec des doubles disques de 320 mm à l’avant, offrent beaucoup de sensations et surtout beaucoup de confiance. Même en utilisation sportive, ils continuent à bien fonctionner sans devenir spongieux. Excellent point.
Manque de finesse
QJMotor n’a pas oublié d’équiper de manière convaincante la SRK 921 RR avec un quickshifter up/down, un contrôle de traction, l’ABS, des modes de conduite, un écran TFT, la connectivité, des prises USB-A et USB-C, l’affichage de la pression des pneus, un régulateur de vitesse et même un launch control qui font partie de l’équipement standard. C’est un packaging complet, surtout dans cette gamme de prix. Le revers de la médaille : les commandes pourraient être plus intuitives. Le changement de mode de conduite, en particulier, est trop enfoui dans les menus, ce qui le rend compliqué à utiliser. L’écran lui-même est suffisamment informatif, mais l’ergonomie des commandes manque encore un peu de finesse. Ce n’est certes pas dramatique, mais c’est quelque chose auquel il faut s’habituer à chaque sortie.
Conclusion
Avec sa SRK 921 RR, QJMotor met sur le marché une athlète pur-sang, dotée d’une identité très claire et surtout unique. Elle est superbe, techniquement solide et surtout très mature : stable, inspirant confiance et, en plus, étonnamment bien équipée. Certes, il y a des points à améliorer : la réponse de la poignée d’accélérateur mériterait d’être affinée, la logique et le fonctionnement des menus sont peu pratiques et le moteur manque un peu de mordant ou de caractère dans les hauts régimes, mais la base est bonne. Pour ceux qui recherchent une moto sportive avec du charisme, des composants ultra-solides et un prix qui ne décimera pas immédiatement leur compte en banque, la SRK 921 RR est une option particulièrement intéressante. Les « acteurs bien établies » n’ont pas à s’inquiéter de cette nouvelle venue, mais ce n’est pas non plus l’objectif de QJ. Avec cette moto, la marque montre surtout où elle veut aller. Et ce n’est clairement pas à l’arrière du peloton…
Les plus et les moins
| Les plus | Les moins |
| Combo parfait entre charme italien et ambition chinoise. | Commande de gaz perfectible |
| Conduite stable plutôt que nerveuse. | Pas la plus légère de sa catégorie |
| Rapport budget/équipement | Recherche des modes de conduite (et autres réglages), utilisation perfectible |
Données techniques QJMotor SRK 921 RR
| MOTEUR | |
| Type | quatre-cylindres en ligne à refroidissement liquide, DOHC |
| Cylindrée | 921 cc |
| Alésage x course | 78 x 48 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | 11,2:1 |
| Alimentation | injection électronique |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile, à glissement |
| Boîte de vitesses | 6 rapports |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 129 ch @ 10.000 tr/min |
| Couple maximum | 93 Nm @ 8.000 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | Contrôle de traction, régulateur de vitesse, launch control |
| Partie-cycle | ABS, contrôle pression des pneus |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | tubulaire en acier au chrome-molybdène |
| Suspension avant | fourche inversée Marzocchi |
| Options de réglage | entièrement réglable |
| Suspension arrière | monoshock Marzocchi |
| Options de réglage | entièrement réglable |
| Débattement av/ar | n.c. |
| Frein avant | deux disques de 320mm, étriers radiaux 4 pistons |
| Frein arrière | un disque de 260mm, étrier double piston |
| Pneumatique av/ar | 120/70-17, 190/50-17 (Pirelli Diablo Rosso IV) |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.425 mm |
| Angle de chasse | n.b. |
| Chasse | n.b. |
| Hauteur de selle | 835 mm |
| Poids TPF | 223 kg |
| Réservoir | 16 litres |
| PRIX | |
| À partir de | 13.499 euros |
