Essai longue durée : CFMOTO 675NK, achetée pour mieux l’essayer
S’il est bien une marque chinoise qui s’immisce parmi les meilleures ventes en Belgique en ce début d’année, c’est CFMOTO. Dans le top 5 en janvier et février, CFMOTO, créée en 1989 et distribuée en Belgique depuis 2019 par BW Import (MOOOF auparavant), propose une gamme étendue de motos.
Largement axée sur le segment des trails avec sa série MT bicylindre, CFMOTO propose aussi des roadsters dont la 675NK et son moteur trois cylindres qui peut être considérée comme une excellente entrée en matière pour le motard soucieux de posséder une moto à bas prix mais de bonne qualité. Après son essai l’été dernier au Luxembourg, j’ai acheté, à titre personnel, cette 675NK dont les coloris gris/noir me convenaient parfaitement.
3500 km au compteur
Avec ce faible kilométrage, mais poussée dans ses derniers retranchements par des journalistes toujours à la recherche du moindre défaut, j’ai, comme tout bon acheteur d’une moto d’occasion, analysé cette machine dans ses moindres détails avant de faire le virement. J’examine la qualité de fabrication de cette nouvelle 675NK qui vient s’intercaler entre les 125NK, 450NK et 800NK. Première constatation : les leviers de frein sont fabriqués dans un métal de qualité, ce qui était loin d’être le cas il y a une dizaine d’années ; les composants en plastique des commodos résonnent sèchement quand on les tape avec les doigts et les soudures du cadre sont soignées. L’éclairage est optimal, le moteur ronronne gentiment, aucun suintement d’huile. Ca commence bien, je poursuis mon inspection.
Oui, mais…
Quand on achète une moto d’occasion, et même si je bénéficie encore de plus de quatre ans de garantie grâce à la couverture octroyée par CFMOTO et que l’achat se fait en concession (chez BW Motors), on aime savoir ce que l’on reçoit en échange des milliers d’euros qui quittent notre compte en banque. Je remarque donc que les trois sorties d’échappement ont pris un coup de sel durant l’hiver et qu’une trace de rouille apparaît au centre de l’axe du bras oscillant. Un petit manque de prévoyance de l’atelier. L’entretien des 1000 kilomètres a été effectué ; le suivant est prévu à 5000. Un rendez-vous à ne pas manquer dans la concession CFMOTO de votre choix si vous souhaitez conserver la garantie.
La moto n’est pas tombée et les pneus seront à changer avant l’été. C’est qu’avant d’arriver dans mon garage, cette 675NK est passée par la voie des stands et a fait un peu de circuit lors de la présentation officielle Ma première intervention mécanique consiste à rapprocher le guidon, que je trouve trop éloigné. Deux vis BTR à desserrer et je fais pivoter le guidon en prenant garde à ce que les commodos ne heurtent pas le réservoir. C’est toujours ça de gagné. J’en profite pour poser un support SP Connect pour mon iPhone, la moto étant équipée de deux ports USB sur le côté gauche. Pas très pratiques, mais ils existent.
Contrôle technique
Ah ce contrôle technique obligatoire pour toute nouvelle immatriculation en partie francophone (une nouvelle aberration entre la Flandre et la partie francophone votée par nos politiciens chèrement élus), encore une histoire bien belge. Avant de me rendre à la station d’Aye – Marche-en-Famenne (la plus proche de mon domicile) pour un contrôle technique toujours aussi peu apprécié, je vérifie la présence des catadioptres latéraux et l’emplacement de la vis pour le réglage du phare. L’orientation des phares est en effet toujours soumise à plusieurs critères tels que la position et le poids du pilote. Heureusement, à Aye — et j’imagine dans d’autres stations — ils autorisent le réglage sur place pour autant que l’on sache le faire. Je me présente donc à cette obligation européenne à l’heure fixée préalablement.
L’accueil est toujours bon (c’est mon troisième passage — je suis toujours sorti avec une carte verte). La 675NK interpelle, nouveau modèle oblige, et plusieurs agents viennent y jeter un coup d’œil. Tout est bon, sauf qu’à la sortie, et malgré le bon réglage des phares, une remarque est inscrite sur le papier pour mauvaise orientation d’un phare. Une autre remarque s’ajoutera à celle-ci, vu l’impossibilité pour le contrôleur d’insérer la sonde dans l’échappement, la grille empêchant son passage. Bon point pour cet agent, car Marc Detournay (MD Factory), responsable CFMOTO pour la Wallonie, m’a fait remarquer qu’un de ses concessionnaires avait été refusé (carte rouge) pour cette absence de contrôle. Comme quoi, lors de l’homologation des motos, une petite concertation entre les services serait la bienvenue. Encore une histoire belge.
Et depuis, ça roule
Profitant des belles journées ensoleillées de ces dernières semaines, j’ai ainsi pu me promener dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et apprécier l’extrême souplesse du trois cylindres, la douceur de la boîte de vitesses et un réel plaisir de conduite. Malgré l’absence de protection, se maintenir à 120 km/h (voire plus) n’expose pas à trop de pression sur les épaules, même si c’est surtout entre 80 et 120 km/h que l’on prend le plus de plaisir. L’échappement laisse filtrer une belle sonorité, tout à fait raisonnable question décibels. Toutes les indications nécessaires sont visibles sur l’écran, avec même la température des pneus. En clair, pour l’instant, je suis un motard content de mon achat. Reste à savoir ce que l’avenir me réserve quant à la qualité de la peinture, toujours un gros point d’incertitude avec ces motos du Lotus Bleu. Affaire à suivre.
