Vers les 4 caps de l’Europe avec la Versys 1100 et Motul : partie 4 - Cap occidental
Nos rédacteurs n’hésitent pas à relever des défis, souvent avec l’aide de Kawasaki et de Bridgestone. Et cette année, nous ne comptons pas seulement sur Kawasaki et Bridgestone, mais aussi sur Motul, le partenaire qui veille à ce que notre Versys 1000 continue de rouler aussi bien après des milliers de kilomètres. En 2023, nous avons parcouru 15 pays en une journée, l’année dernière nous sommes allés de Bruxelles à Dakar avec la Versys 1000 chaussée de pneumatiques de route A41, et cette année nous avons pour objectif de rallier les quatre caps de l’Europe continentale avec un seul jeu de pneus et, ha oui, avec une seule moto. 13 000 km au programme. Après le Cap Sud, il est temps d’entamer la dernière étape de ce long et inoubliable voyage. Depuis la douce Tarifa, je mets le cap sur le point le plus à l’ouest du continent européen : Cabo da Roca, au Portugal.
Texte et photos : Manu De Soomer / Motorsportspics.com
À boire et à manger
Pas d’autoroute cette fois-ci – les pneus commencent à montrer des signes de fatigue et je veux les préserver jusqu’au bout. Les routes secondaires seront donc privilégiées, avec toutes les surprises que cela comporte. La première véritable étape passe par Jerez de la Frontera, où je m’arrêterai bien sûr à l’emblématique Circuito Jerez Ángel Nieto. Il fait calme aujourd’hui, sans compétition mais même comme cela, le tarmac respire la vitesse. L’étape suivante va à Séville, malheureusement au mauvais moment. La combinaison de la chaleur torride et de la circulation urbaine me fait perdre près d’une heure sur le timing. Mais en contrepartie la ville est impressionnante. C’est l’un de ces endroits qui vaut vraiment la peine d’être visité assurément.
L’Algarve à son rythme le plus calme
Après Séville, je traverse la frontière et longe l’Algarve par la N125. Magnifique sur le papier – une route qui suit l’océan – mais plutôt monotone dans la pratique. Village après village, avec des limitations de vitesse à 50, et pratiquement aucune circulation fluide. Pourtant, j’aperçois de temps en temps l’océan Atlantique, ce qui compense largement. À Portimão, je quitte la côte pour m’enfoncer dans les terres. Une fois de plus, c’est le plaisir à l’état pur : macadam sinueux, collines et… des routes en très mauvais état. Le tronçon entre Monchique, Odemira et Santiago do Cacém est particulièrement extrême. Le paysage est à couper le souffle, avec des vues qui vous récompensent à chaque fois au sommet de chaque côte, mais l’état des routes apporte de la frustration à chaque virage. C’est comme si votre moto vous demandait : « Est-ce vraiment nécessaire ? »
Le bon moment
Vers 17 heures, je passe à Sintra. L’heure tourne et je ne veux qu’une chose : arriver à Cabo da Roca avant le coucher du soleil. Le trajet est court mais magnifique. Une route sinueuse qui traverse un parc national, avec une circulation dense. Mais je ne me laisse pas abattre. Jusqu’à ce que la température chute soudainement. Moins de 15 kilomètres avant le cap, j’entre dans une zone de brouillard épais et glacial. Toutes les fermetures éclair de ma veste Spidi y passent – je frissonne. Le rêve d’un coucher de soleil semble littéralement disparaître dans la couverture nuageuse…. Jusqu’à ce que, à 3 kilomètres à peine du point d’arrivée, ma vue perce soudain l’horizon à travers les nuages. Devant moi s’ouvre un panorama ensoleillé où l’océan brille à nouveau comme de l’or. C’est un moment inoubliable.
Spectacle
Le cap lui-même est étonnamment calme. Je trouve une place sur le parking qui surplombe le phare et les falaises. Il n’y a qu’une poignée de personnes présentes et, chose remarquable, de nombreux touristes restent assis dans leur voiture en attendant le spectacle qui s’offre à eux. Et oui, le soleil se couche majestueusement dans l’Atlantique et les falaises s’illuminent de couleurs chaudes. La boucle est bouclée. Les pneus, eux, ne sont plus très frais. Et cela est principalement dû aux routes en Scandinavie. Pour ce voyage, nous avons parcouru un peu plus de la moitié des kilomètres dans la partie nord de l’Europe, où l’asphalte – si on peut l’appeler ainsi – use les pneus. La surface rugueuse du revêtement routier de cette région offre une adhérence supplémentaire dans des conditions météorologiques difficiles. Mais cela se paie au prix fort avec une usure exceptionnelle des pneus. Je me dis qu’avec un revêtement plus “lisse” en Norvège et en Finlande, j’aurais peut-être pu rentrer à Bruxelles avec ces pneus. Quoi qu’il en soit, 13 000 km avec le même train de pneus, c’est déjà impressionnant en soi. La Kawasaki n’a pas non plus nécessité d’entretien supplémentaire en cours de route – bravo aux qualités du pack Motul !
Pneus, et rencontres étranges
Le samedi commence par un changement de pneus au cœur de Lisbonne. Je m’attendais à une matinée chaotique, mais la ville s’avère étonnamment calme. Je suis bien trop tôt au centre de pneus, où je rencontre heureusement beaucoup de gens intéressants. Parmi eux, Nuno, un homme qui organise des voyages en moto tout-terrain et qui se rendra bientôt au Cap Nord avec un groupe. En discutant, il s’avère que nous avons tous deux utilisé le même itinéraire pour entrer en Mauritanie lors d’un précédent voyage à Dakar. Le monde est parfois si petit… Je repars vers le nord avec la Kawasaki chaussée de nouveaux pneus. Quelqu’un me conseille la fameuse N2 – la Route 66 portugaise – mais ce n’est pas dans ma direction. Ce sera pour une autre fois. Je longe le Tage en direction d’Alcántara, en Espagne. Les routes sont variées : larges et rapides à un moment, étroites et sinueuses l’instant d’après. Ce qui reste constant, c’est le paysage. Brut, désolé et magnifique.
La dernière ligne droite
De là, il faut passer par Valladolid et León pour atteindre la spectaculaire réserve naturelle des Pics d’Europe. Courbe après courbe, vue après vue, faire de la moto à l’état pur. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Via Saint-Sébastien, j’entre en France, où les embouteillages et la chaleur sont impitoyables. Le plan est de passer la nuit à Poitiers, mais lorsque j’y arrive à 21 heures, j’ai l’impression qu’il me reste encore du jus. Le soleil descend sur ma gauche, la circulation est minimale et la température reste agréable. Je continue donc à rouler. Je traverse Paris, un café à la main, et avant même de m’en rendre compte, la nuit s’écoule. Avant même que le soleil ne se lève, je passe Lille et, à 8h30, j’arrive à Wetteren. Sale et fatigué, mais surtout profondément satisfait.
Quatre caps. Plus de 13 000 kilomètres. Des murs de neige aux déserts poussiéreux, des cols de montagne déserts aux villes bondées. La Kawasaki Versys 1100 équipée des Bridgestone T33 m’a emmené partout, et m’a aussi ramené à la maison en toute sécurité. Quelle aventure !
