Van Veen OCR1000 à moteur rotatif aux enchères
Fin janvier 2026, Mecum Auctions à Las Vegas mettra aux enchères une pièce exceptionnelle de l’histoire de la moto néerlandaise : une Van Veen OCR1000 de 1978. Seuls 38 exemplaires de cette moto ont été construits entre 1978 et 1981.
Techniquement différente
Ce modèle incarne l’ambition de l’entrepreneur Henk van Veen de briser la domination japonaise dans le domaine des superbikes grâce à un concept techniquement différent. Son arme était le moteur Wankel, un moteur rotatif qui, en théorie, offrait plus de puissance et moins de vibrations que les moteurs à pistons conventionnels. Dans la pratique, cette technologie s’est avérée complexe, coûteuse et difficile à entretenir. C’est précisément cette tension entre vision et réalité qui rend l’OCR1000 si fascinante aujourd’hui.
Une superbike au prix inabordable
La Van Veen OCR1000 était l’une des motos de série les plus chères de son époque. Aux États-Unis, son prix de vente avoisinait les 15 000 dollars, alors que les superbikes courantes dépassaient rarement les 5 000 dollars. À titre de comparaison, une Honda CB750F coûtait environ 2 150 dollars, une Kawasaki Z1-R restait sous la barre des 4 000 dollars. L’OCR1000 se positionnait ainsi dans un créneau qui n’existait pratiquement pas, comparable à celui des motos sportives italiennes exclusives. De plus, l’exemplaire mis aux enchères est dans un état exceptionnel : non restauré, avec seulement 8 853 kilomètres au compteur, et décrit par Mecum comme étant « en parfait état ». Pour les collectionneurs, cette originalité est au moins aussi précieuse que la perfection technique.
L’ambition néerlandaise face à l’hégémonie japonaise
Dans les années 70, Henk van Veen était l’importateur Kreidler aux Pays-Bas et son affaire était prospère, mais il visait plus haut que les petits 50 cm³ et autres cyclomoteurs. Il voulait construire une moto néerlandaise capable de rivaliser avec Honda, Kawasaki et Suzuki. À une époque où les marques européennes perdaient massivement du terrain, c’était une entreprise audacieuse. Van Veen a d’abord expérimenté les moteurs rotatifs Mazda dans des cadres Moto Guzzi, mais s’est heurté à des problèmes de poids et d’équilibre. La véritable percée est venue avec Comotor, une coentreprise de Citroën et NSU, qui produisait des moteurs Wankel pour, entre autres, la Citroën GS Birotor.
Du Birotor à l’OCR1000
Après le fiasco commercial du Birotor et la cessation d’activité de Comotor, un lot de nouveaux moteurs à double rotor était disponible. Van Veen saisi cette opportunité. Le moteur à deux rotors de 996 cm3 développait environ 100 ch et avait été entièrement repensé pour être utilisé sur une moto. Malgré sa puissance souple et son caractère unique, l’OCR1000 restait fragile. Des coûts élevés, une technologie complexe et la disparition des fournisseurs de moteurs vont signifier la fin du projet. Il ne reste aujourd’hui qu’une superbike rare et originale qui, précisément en raison de son échec, a acquis une valeur historique.
