Test produit Ixon IX-Airbag U05 et Shot SRG-1 : deux gilets airbag, un seul système
Entre deux sorties, mon garage ressemblait ce printemps à un vestiaire : à un crochet, une veste à manches courtes noire et orange ; à l’autre, un gilet léger en maille qui semblait tout droit sorti d’un circuit de motocross. Deux systèmes d’airbags, tous deux équipés de la même technologie In&Motion, mais conçus pour des univers totalement différents. L’un pour la route, l’autre pour le tout-terrain – et je les ai portés tous les deux pendant toute une saison, des sorties estivales sous la chaleur aux escapades d’enduro dans la boue.
Texte : Jelle Verstaen
Une pratique qui s’installe peu à peu
Une voiture qui s’engage sur la route depuis une ruelle sans regarder, une bande de gravier inattendue au milieu d’un virage, la première averse après une journée d’été caniculaire qui transforme la chaussée en patinoire : ce sont là autant de moments où le contrôle de traction et l’ABS éliminent déjà une grande partie des soucis, jusqu’au moment où la physique prend tout simplement le relais. À ce moment-là, au-delà des limites de ce que l’électronique embarquée peut encore compenser, un équipement de moto adapté constitue la première ligne de défense – et l’airbag en fait de plus en plus partie intégrante depuis quelques années.
Alors qu’il y a une dizaine d’années encore, ce système était surtout réservé aux pilotes professionnels, on le retrouve désormais partout : sous la veste de moto, dans le sac à dos, et donc aussi – ce qui est relativement nouveau – dans un gilet spécialement conçu pour le cross et l’enduro. Une raison suffisante pour comparer minutieusement ces deux modèles. L’année dernière, nous avons reçu en prêt un Ixon U05 et un Shot SRG-1, ce qui nous a permis de disposer de tout le temps nécessaire pour effectuer un essai approfondi.
Ixon U05
L’Ixon U05 est étonnamment agréable à porter sous une veste de moto. Ce gilet a une coupe ajustée, il épouse bien les formes sans pour autant être trop serré, et le fait que la protection dorsale intégrée de niveau 2 remplace tout simplement votre protection dorsale existante dans la veste (ou une protection séparée) est une idée astucieuse. Vous n’avez pas besoin de porter deux protections, ce qui améliore sensiblement le confort. Même en dehors de la moto, ce n’est pas si mal : le tissu doux et souple ne pèse presque rien et on ne se sent pas encombré comme avec une cagoule en néoprène. Bref, on se sent immédiatement plus en sécurité qu’avec une combinaison « classique » veste-protection dorsale.
En revanche, il y a un bémol lorsqu’il fait très chaud en été. Ceux qui enchaînent quelques sorties estivales perdent une quantité impressionnante de transpiration – l’airbag lui-même constitue en effet une couche supplémentaire qui n’est pas vraiment réputée pour sa ventilation. Bonne nouvelle pour ceux qui viennent de faire une sortie où l’on transpire beaucoup : une fois l’In&Box, l’unité de gonflage et la protection dorsale retirés, le gilet se lave tout simplement – In&Motion fournit à ce sujet des instructions claires et concises sur son site web. Une petite précision : il s’agit ici de la version « Performance » du système In&Motion, principalement conçue pour une utilisation sur circuit et en tout-terrain ; pour une utilisation purement routière, il existe une variante plus légère. Cela ne m’empêche pas de l’utiliser également sur la route – il est très agréable à porter –, mais c’est une nuance qu’il convient de garder à l’esprit.
Shot SRG-1
Le Shot SRG-1 adopte une approche totalement différente. C’est un gilet spécialement conçu pour le tout-terrain, et cela se remarque immédiatement à sa conception : léger comme une plume sur la balance, et bien mieux ventilé que l’Ixon. Sous un maillot de motocross, on le porte presque sans s’en rendre compte, ce qui fait une différence considérable pour les pilotes de cross et d’enduro – où l’effort intense et les températures ambiantes élevées se renforcent souvent mutuellement. Lors d’une journée de ride sous une chaleur torride, ce sont surtout le poids et la chaleur qui se font sentir au moment de l’enfiler, mais une fois en selle et en mouvement, cette sensation s’estompe rapidement : on oublie vite qu’on porte une couche de protection supplémentaire.
Le choix d’un protège-poitrine associé à des fermetures éclair latérales plutôt qu’à une fermeture éclair centrale est également plus logique pour ce type d’utilisation : plus facile à enfiler et à retirer entre deux sorties à moto, et moins de risque d’irritation lors de mouvements intenses. En revanche, le SRG-1 présente un inconvénient au niveau des épaules : cette zone bénéficie d’une protection moindre dans cette version de base. Ceux qui souhaitent également protéger leurs épaules, leur clavicule et leurs coudes devront se tourner vers la version MAX, plus onéreuse. De même, la surface protégée à l’avant est encore un peu trop restreinte et ne couvre pas entièrement le ventre, un point que le fabricant indique lui-même vouloir corriger dans une prochaine version.
Au fil du temps, ce choix est devenu presque instinctif : à mesure que la température augmentait et que j’avais besoin de plus de liberté de mouvement, je me tournais plus souvent vers le Shot ; par temps plus froid ou pour un long trajet, c’était l’Ixon qui l’emportait. Et bien sûr, l’usage prévu restait le premier critère : le Shot dès qu’il y avait de la boue, du sable ou une ligne de départ en perspective, l’Ixon pour tout ce qui concernait principalement la moto et la route.
In&Box : le cerveau
Les deux gilets fonctionnent sur la même architecture In&Motion, et cela se ressent dans l’expérience utilisateur. Sur l’Ixon, le démarrage du système In&Box s’effectue par une simple double pression sur le bouton – ce qui fonctionne très bien même lorsque le gilet est déjà enfilé –, après quoi l’application établit une connexion et procède à la vérification en quelques secondes. Après quelques utilisations, cela devient un réflexe, quelque chose que l’on fait instinctivement en enfilant ses gants, sans même y penser. C’est justement ce qui rend les jours où l’on oublie de le faire un peu plus stressants : on ne s’en rend généralement compte que lorsque l’application ne se connecte pas immédiatement, et on s’arrête alors un instant pour imaginer ce que cela signifierait si cela venait à mal tourner à ce moment-là. Le côté pratique est également bien pensé : sur les deux gilets, on peut toujours enclencher et retirer l’unité In&Box sans effort, ce qui facilite grandement la recharge par rapport à devoir brancher le gilet entier sur une prise – il suffit de retirer le boîtier, de brancher le câble USB-C, et de poursuivre sa journée.
Des mises à jour logicielles régulières permettent de maintenir le système à jour, et cela va bien au-delà d’une simple question d’esthétique : le véritable moteur de ces deux gilets est un système de mesure inertiel (IMU) doté de six capteurs – trois accéléromètres et trois gyroscopes – qui analyse les mouvements du motard plus de mille fois par seconde. Sur l’Ixon U05, une chute, une fois détectée, se traduit par le gonflage complet d’un airbag en à peine 0,055 seconde : 0,033 seconde pour la détection, 0,022 seconde pour le gonflage. Le SRG-1 promet une réactivité similaire, avec moins de 60 millisecondes.
Modes de conduite
C’est au niveau des modes de conduite disponibles que ces systèmes se distinguent. L’U05 vous permet de passer facilement du mode Street au mode Track et au mode Adventure : trois algorithmes adaptés au contexte, ce qui constitue d’ailleurs le principal atout de ce système : un seul airbag suffit pour pratiquement tous les types de trajet. Pour ceux qui pratiquent d’autres activités en dehors du monde de la moto, l’écosystème In&Motion propose également des modes pour l’équitation, le ski ou le snowboard, et même la mobilité urbaine (utilisation en ville, vélo électrique (à vitesse) ou trottinette) – une fonctionnalité que je n’ai pas encore utilisée moi-même, mais qui montre bien à quel point cette plateforme s’est désormais étendue.
Le SRG-1 va même encore plus loin : le système compte pas moins de sept modes de détection, dont MX, MX Pro, Adventure, Adventure Race et Adventure Pro, chacun avec sa propre sensibilité et ses propres réglages en fonction du type de terrain et de l’intensité de votre conduite. Plus adapté à une utilisation tout-terrain, il est, grâce à cette large gamme de modes, au moins aussi polyvalent dans son domaine que l’U05 l’est dans toutes les disciplines. Changer de mode est un jeu d’enfant via l’application : vous sélectionnez le terrain du jour, et en quelques secondes, votre In&Box est programmé sur l’algorithme adapté. Une petite précision à ce sujet : lors de l’achat, vous choisissez initialement un seul mode, et si vous souhaitez débloquer un mode supplémentaire par la suite, vous devrez payer un supplément annuel ou mensuel – il ne s’agit donc pas de passer gratuitement d’un algorithme à l’autre à votre guise.
Ces deux systèmes offrent d’ailleurs également un filet de sécurité qui va au-delà de l’airbag lui-même : grâce à un partenariat avec Liberty Rider, une fonction d’appel d’urgence automatique est prévue, qui alerte automatiquement les secours en cas de chute. Cette fonction est pour l’instant disponible pour les utilisateurs en Belgique, en France et en Italie – un petit plus non négligeable pour ceux qui roulent seuls. La couverture offerte par ce nouvel airbag est plus étendue que celle des générations précédentes : les épaules et les côtes sont désormais également protégées, même si la zone abdominale est un peu moins couverte qu’auparavant. On sent clairement que la protection s’étend sur le haut des bras et le torse, au détriment d’une couverture légèrement moins complète au niveau de la taille.
Fiabilité et utilisation à long terme
Le plus grand cauchemar avec un airbag électronique – outre le fait qu’il ne se déclenche pas – est bien sûr une fausse alerte. À cet égard, les deux systèmes sont rassurants. Avec l’Ixon, je n’ai jamais déclenché l’appareil par inadvertance, même sur les revêtements routiers les plus accidentés, et si cela venait toutefois à se produire en raison d’une véritable défaillance du système, In&Motion remplacerait gratuitement la cartouche de gaz – les données de l’appareil seraient alors analysées a posteriori. Avec le gilet Shot, le seuil d’activation a été délibérément fixé à un niveau élevé : un léger dérapage, une roue avant qui glisse ou un choc contre le gilet lui-même ne suffisent pas à déclencher le gonflage de l’airbag ; seul un ralentissement vraiment brusque, typique d’une chute, déclenche le système.
Le « mode compétition » du SRG-1 est également très pratique : grâce à une petite bague, vous pouvez dégonfler l’airbag en une demi-minute après son déclenchement afin de reprendre la course ou la compétition, et le remplacement de la cartouche de gaz s’effectue en moins d’une minute. Les deux gilets doivent toutefois être renvoyés au fabricant pour un contrôle après une poignée d’activations (cinq pour le SRG-1), ce qui implique un délai de quelques semaines et un coût supplémentaire – un élément à prendre en compte dans le budget d’entretien annuel. Un petit bémol moins évident concernant l’Ixon : lors d’un test de déploiement sans veste par-dessus, la fermeture éclair avant s’ouvrait parfois complètement sous l’effet de la pression de gonflage. Comme on le porte toujours sous une veste de moto, ce problème ne se pose pratiquement jamais.
L’addition, s’il vous plaît !
Si l’on fait le calcul sur plusieurs années, on se rend vite compte que le prix d’achat de la veste n’est que la partie émergée de l’iceberg. Aux 549,99 € de l’Ixon et aux 399,99 € du Shot s’ajoute inévitablement l’abonnement In&Box : 120 € par an ou 12 € par mois, ou 400 € en une seule fois si vous préférez acheter plutôt que louer. Pour l’Ixon avec abonnement annuel, cela revient à 669,99 € la première année, puis 120 € par an en plus ; sur cinq ans, cela représente environ 1 149,99 €, contre 949,99 € pour un achat unique de l’unité In&Box.
Pour le Shot, le calcul est le même (519,99 € la première année avec abonnement, 799,99 € en achat unique), à cette différence près qu’après cinq activations, il faut compter en plus un contrôle obligatoire d’environ 199,99 €, ainsi que quelques semaines sans gilet. Et si l’un des deux venait un jour à se déclencher, il faudrait également prévoir le remplacement de la cartouche de gaz : environ 90 € pour le Shot, ou 55 € si vous remplissez ensuite un petit questionnaire sur les circonstances de la chute ; s’il s’avère qu’il s’agit d’un véritable défaut du système, le remplacement est gratuit. En résumé : il ne s’agit pas d’une dépense ponctuelle, mais d’une dépense récurrente que vous devez prévoir chaque année dans votre budget moto, que vous ayez ou non un accident.
Conception et technologie
Le gilet Ixon IX-Airbag U05 est fabriqué en Ripstop ST4, complété par des zones en Hard Mesh à l’avant et à l’arrière et en Ultra Stretch Mesh sur les côtés – tous ces matériaux ont été sélectionnés pour assurer une ventilation optimale du gilet. La poche d’airbag elle-même est certifiée EN1621-4 ; les protections thoraciques en option du Racing Pack utilisent des inserts SAS-TEC SC-1/CP7, certifiés CE selon la norme EN1621-3:2018, type B, niveau 1. Le Shot SRG-1 pèse à peine 1,8 kg et combine une protection dorsale en D3O (EN1621-2, niveau 2) avec une protection thoracique en D3O (EN1621-3, niveau 1), toutes deux intégrées dans une structure en maille ventilée. Le gilet est certifié CE en tant qu’EPI et spécifiquement homologué pour le motocross et l’enduro par la FFM. Les deux systèmes sont imperméables et lavables, même si le SRG-1 ne passe pas à la machine : lavage à la main uniquement, sous le robinet ou nettoyage à sec.
Conclusion
Deux gilets airbag, deux utilisations très différentes – et c’est justement là la conclusion : il ne s’agit pas de désigner un gagnant ou un perdant, mais de choisir l’équipement adapté à chaque sortie. L’Ixon IX-Airbag U05 (549,99 € pour le gilet, plus 120 €/an pour l’abonnement In&Box – 669,99 € la première année) est le modèle polyvalent par excellence pour ceux qui roulent sur route, sur circuit et, de temps en temps, sur des chemins non goudronnés. Sa coupe et sa facilité d’utilisation m’ont immédiatement convaincu, mis à part la chaleur estivale. N’hésitez pas à ramener ces 120 € par an à ce qu’ils représentent réellement : le prix d’un ou deux pleins d’essence, répartis sur douze mois, pour un système qui veille en permanence sur le haut de votre corps. Le Shot SRG-1 (399,99 € pour le gilet, abonnement In&Box non compris) est quant à lui le choix logique pour ceux qui pratiquent principalement le cross et l’enduro : plus léger, plus respirant et mieux adapté aux besoins de ce segment, même s’il faut se tourner vers la version MAX pour bénéficier d’une protection complète des épaules. Ce n’est pas donné à l’achat ni à l’usage, mais on ne met pas vraiment de prix sur sa sécurité, n’est-ce pas ?
J’espère ne jamais avoir à décrire ce que l’on ressent lorsque l’un de ces gilets se déclenche réellement. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’à l’approche de ce moment (inévitable) – les milliers de mesures par seconde, l’application qui signale fidèlement que tout va bien, ce sentiment de sécurité sous la veste –, ces deux systèmes m’ont fait sentir, à chaque sortie, qu’ils étaient prêts à intervenir. Depuis que j’ai ces vestes chez moi, je ne porte plus mes protections dorsales : pour moi, elles constituent la mise à niveau ultime.
Score : 4/5
