Test des feux matriciels à LED : pour y voir un peu plus clair !

C’est la saison des journées courtes et sombres accompagnées de températures basses. Pourtant, nombreux sont ceux qui continuent à rouler à moto tous les jours, que ce soit pour se rendre au travail ou tout simplement pour se balader. Avec des vêtements adaptés et tant qu’il ne gèle pas, il est encore possible de rouler en toute sécurité. Les nouveaux phares matriciels à LED de Yamaha et BMW rendent la conduite encore plus sûre. Nous plongeons dans la nuit avec ces deux systèmes, à la recherche de l’illumination.

Texte : Gijs Gilis

Ce qui change

Avec la nouvelle Tracer 9 de cette année (2025), Yamaha a équipé tous les modèles d’un éclairage adaptatif en virage, mais les GT et GT+ sont équipés en plus d’un éclairage matriciel adaptatif à LED. La grande différence avec les systèmes conventionnels, qui réagissent uniquement à l’angle d’inclinaison ou à la vitesse, réside dans la combinaison de plusieurs capteurs et d’une structure matricielle commandée par caméra afin d’optimiser en permanence le faisceau lumineux.

Le pourquoi du comment

Lorsque vous regardez la Tracer 9 de face, vous voyez tout en haut les feux de jour (DRL) – comme deux yeux qui vous regardent d’un air furieux. En dessous, vous avez trois rangées de LED à gauche et à droite. Il s’agit d’une matrice de segments LED individuels pour les feux de croisement et les feux de route. Celles-ci sont commandées par une caméra subtilement intégrée entre les feux de jour. Cette caméra enregistre non seulement le trafic environnant, mais aussi les sources de lumière naturelles telles que l’éclairage public et les conditions météorologiques du moment. Il en résulte un faisceau lumineux adaptatif qui s’ajuste en temps réel pour éclairer au maximum la route sans éblouir les autres usagers.

Éclairage DRL et trois rangées de LED de chaque côté. Impressionnant.

En collaboration avec l’IMU et l’ECU

Un deuxième élément crucial est la centrale inertielle à six axes (IMU) que Yamaha utilise également pour les systèmes d’aide à la conduite. Dans ce cas, l’éclairage utilise les données de l’IMU pour détecter avec précision l’angle d’inclinaison. Dès que la moto s’incline de plus de sept degrés, le faisceau lumineux se déplace vers l’intérieur du virage. Ainsi, la lumière n’est pas perdue en ligne droite, mais suit la trajectoire choisie par le conducteur. L’ECU constitue ici le centre de commande de l’ensemble.

Grâce à cette mini-caméra, les feux de route peuvent s'allumer et s'éteindre automatiquement.

Trois niveaux de sensibilité

Sur la base des images de la caméra, des données IMU et des conditions de conduite, l’ECU décide quels segments LED sont activés et à quelle intensité. Cela rend le système non seulement adaptatif, mais aussi sophistiqué. Par exemple, en cas de brouillard, le faisceau peut être élargi et atténué, tandis que certains segments sont désactivés de manière sélective en cas de véhicules venant en sens inverse afin d’éviter l’éblouissement. Il est donc tout à fait possible de rouler en permanence avec les feux de route allumés, car ceux-ci s’atténuent automatiquement en cas de circulation en sens inverse. Yamaha propose trois niveaux de sensibilité, qui peuvent être ajustés à tout moment. L’éclairage peut ainsi être réglé pour réagir lentement ou rapidement aux phares d’un véhicule venant en sens inverse, par exemple.

Vous pouvez non seulement modifier la vitesse d'adaptation des feux de route, mais aussi le sens de conduite.

Chez BMW

La BMW R 1300 RT est équipée de série d’un éclairage entièrement à LED, avec à l’avant un module multisegment pour les feux de croisement et les feux de route, complété par des feux de jour à gauche et à droite du boîtier. Mais la marque allemande propose également l’option « Phare Pro » (506 €), qui adapte activement le faisceau lumineux aux conditions de conduite.

Correction de l’alignement horizontal

Le principe repose sur une augmentation du nombre d’éléments LED dans la matrice, combinée à un servomoteur qui corrige dynamiquement l’alignement horizontal. Cette compensation d’inclinaison compense le plongeon vers l’avant lors du freinage et à l’inverse, le relèvement durant l’accélération : jusqu’à 1,5° de correction vers le haut et jusqu’à 3,5° vers le bas. Il en résulte une ligne de coupe optimale constante, quels que soient la charge, l’inclinaison ou le style de conduite. De plus, le système prend en charge une fonction d’éclairage adaptatif dans les virages. Lorsque la moto aborde un virage, des segments LED supplémentaires sont activés pour que le faisceau lumineux suive le conducteur dans le virage.

Bandes DRL et phare matriciel à LED particulièrement puissant et compact.

Mais aussi

Si vous souhaitez modifier non seulement la direction, mais aussi l’intensité de l’éclairage, vous devez ajouter l’option : modes d’éclairage adaptatifs (162 €). Cette technologie va au-delà de l’angle d’inclinaison et de la position de conduite et ajuste la direction et l’intensité des feux de croisement en fonction de la vitesse et des conditions de conduite. À faible vitesse, comme en ville, le faisceau est élargi afin de mieux éclairer les chemins, les intersections et les trottoirs. À vitesse moyenne, le système projette un faisceau plus long, idéal pour les routes départementales. Sur autoroute, le faisceau lumineux est plus étroit et plus long.

Une différence notable par rapport à l'éclairage Yamaha, qui est divisé en plusieurs parties.

Encore plus

Les systèmes sont modulaires : un éclairage à LED de base, au-dessus duquel se trouve le système phare Pro avec correction adaptative de l’inclinaison et du tangage, ainsi que des modes d’éclairage adaptatifs pour un éclairage sensible à la vitesse et à la situation. Cela ne vous suffit pas ? Vous pouvez également ajouter l’option « projecteurs à LED » (441 €). Il s’agit des fameux « phares antibrouillard », qui ne fonctionnent donc pas de manière adaptative.

Les phares antibrouillard optionnels améliorent encore la visibilité dans les virages.

Dans la pratique

Juste après le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver, nous nous retrouvons par une soirée encore assez chaude dans le village pittoresque de Kanne, sur la frontière belgo-néerlandaise pas loin de Maastricht. Pour être clair, il ne s’agit pas ici d’un test comparatif entre la Yamaha Tracer 9 GT et la BMW R 1300 RT. La conduite et les performances de ces motos n’ont ici aucune importance. Il s’agit uniquement de tester les systèmes matriciels à LED et leur efficacité.

De série ou en option

La Tracer 9 GT est équipée de série de phares matriciels à LED. Pour la BMW, vous devez passer – comme c’est souvent le cas – par la case option, afin d’obtenir un système d’éclairage à peu près équivalent et comparable. La seule différence ici est que notre R 1300 RT d’essai est équipée de phares antibrouillard optionnels (441 €), ce qui n’est pas le cas de la Yamaha dont nous disposons. Il est toutefois disponible – en option également – d’équiper la Yamaha du même dispositif (380 € pour le kit + 152 € pour le support). La nuit tombe, les photos statiques sont prises, il est temps de nettoyer la visière du casque et de partir à l’aventure.

Des routes aussi sombres que possible

Je démarre cet essai au guidon de la Yamaha Tracer 9 GT, que je connais déjà très bien, ce qui me permet de me concentrer pleinement sur l’éclairage. Le grand avantage du système Yamaha est qu’il passe automatiquement des feux de route aux feux de croisement. Pour ce test, rien de tel que des routes sinueuses avec le moins d’éclairage public possible. Les feux de route restent alors allumés en permanence, ce qui offre une visibilité maximale. Par contre, si un véhicule arrive en sens inverse, son conducteur ne sera pas éblouit avec le système passant automatiquement en feux de croisement.

Temps de réaction

Pendant 90 % du temps, j’ai roulé avec les feux de route réglés sur la position intermédiaire, ce qui fonctionnait très bien. Néanmoins, j’aurais apprécié que le système réagisse plus rapidement à certains moments et plus lentement à d’autres. En fait, on réfléchit toujours plus vite que le système ne réagit, ce qui fait qu’on voit une voiture arriver bien avant que la caméra ne la détecte. On aimerait donc que les feux de route s’éteignent plus rapidement et surtout se rallument plus vite une fois que la voiture est passée. Ce qui implique que parfois, vous vous retrouvez dans une zone assez sombre où vous devez attendre que l’éclairage repasse en feux de route. Cette situation ne se produira que si vous roulez vraiment sur des routes sinueuses et mal éclairées. Sur une route départementale normale avec éclairage public, le phénomène sera moins présent. Dans tous les cas, vous pouvez toujours prendre le contrôle manuel de la fonction automatique des feux de route avec votre index gauche. Sur le type de routes où nous avons effectué nos tests, c’était la meilleure option.

Vous pouvez toujours prendre le contrôle manuel des feux de route automatiques à l'aide de cette commande.

Fonctionnement différent

Le système d’éclairage de BMW semble non seulement beaucoup plus compact, avec un seul « œil » central au lieu de deux fois trois groupes de LED sur la Yamaha, mais il fonctionne également différemment. Il existe bien un bouton pour passer automatiquement des feux de jour aux feux de croisement, mais pas de feux de route automatiques. Si vous souhaitez les utiliser, vous devez donc toujours les allumer et les éteindre manuellement.

Comparaison

J’étais déjà impressionné par la puissance lumineuse de la Tracer, mais maintenant que je roule sur la BMW, je peux enfin comparer, en commençant par les feux de croisement. La puissance lumineuse est excellente sur les deux motos, avec une bonne visibilité et une nette amélioration par rapport aux anciens systèmes. La différence réside dans le champ lumineux. La Tracer éclaire davantage vers l’avant, tandis que la BMW projette un large faisceau lumineux devant vous. Les deux systèmes offrent la même portée, mais la RT ajoute un peu plus de largeur.

Des différences évidentes

Avec les feux de route allumés, les différences sont encore plus évidentes. La Yamaha dispose d’un faisceau lumineux très puissant, extrêmement clair et qui porte très loin. Les feux de route de la BMW éclairent à peu près tout ce que vous pouvez voir devant vous : loin, près, bas, haut, à gauche, à droite, en dessous, au-dessus. Le fait que tout cela provienne d’un seul point central est tout simplement incroyable. Alors que la Yamaha offre une plus grande luminosité, la surface éclairée de la BMW est plus grande et plus large, avec, pour être clair, une luminosité tout aussi impressionnante.

Vous pouvez passer automatiquement du mode DRL au mode feux de croisement ici.

Dans les virages

Mais qu’en est-il en virage et que le système adaptatif doit faire davantage d’efforts ? Les différences sont alors encore plus marquées. Avec uniquement les feux de croisement allumés, vous devez être prudent avec votre vitesse sur les deux motos, car l’éclairage n’est pas assez puissant. Avec les feux de route activés, les choses changent. La Tracer n’éclaire pas suffisamment loin et profondément dans les virages, ce qui vous oblige à continuer à scruter l’obscurité. Là encore, c’est beaucoup mieux qu’avant, mais certainement pas idéal pour ce type de situation. Vous voyez bien que le système fait de son mieux pour éclairer le plus possible, mais ce n’est pas tout à fait suffisant.

Plus fluide et plus rapide

Contrairement à la Yamaha, c’est le cas sur la BMW. L’éclairage est projeté exactement là où vous le souhaitez, avec une luminosité et une puissance suffisantes. Vous pouvez ainsi voir profondément dans les virages et rouler à un rythme soutenu. Le passage de gauche à droite est également plus fluide et plus rapide que sur la Yamaha, ce qui est lié au système utilisé par les deux constructeurs. La correction mécanique de la BMW contre la segmentation électronique de la Yamaha. J’ai roulé avec la BMW sans et avec les phares antibrouillard allumés, ce qui donne logiquement beaucoup plus de luminosité à proximité. C’est particulièrement utile dans les virages courts, car vous voyez moins loin. Sur les deux machines, l’ajustement de l’éclairage lors d’un freinage ou d’une accélération brusque fonctionne à merveille. La hauteur de l’éclairage ne change pratiquement pas, ce qui représente un énorme gain de sécurité.

Conclusion

La plupart des gens ne conduisent pas leur moto lorsqu’il fait nuit, et encore moins sur des routes sinueuses. Avec ces nouveaux systèmes matriciels à LED, c’est désormais possible. La différence avec l’éclairage LED standard est énorme, car ces systèmes fonctionnent de manière adaptative. Yamaha et BMW utilisent chacune leur propre approche pour optimiser cet éclairage. Sur la Tracer 9 GT(+), il est inclus dans le prix standard. Sur la R 1300 RT, il faut payer un supplément pour bénéficier de toutes les fonctions. C’est donc un système plus cher, mais aussi plus performant. L’éclairage de la BMW est plus efficace dans toutes les directions et fonctionne mieux dans les virages. La Yamaha, en revanche, revendique un système automatique feu de route/feu de croisement et une luminosité particulièrement claire.

Photos : Bert Claes

Les plus et les moins

BMW R 1300 RT

Les plus Les moins
Unités compactes Budget (et en option)
Faisceau large et long Pas de feux de route automatique
Parfait dans les virages Plus de soirées à la maison

 

Yamaha Tracer 9 GT

Les plus Les moins
De série sur la GT+ Largeur du faisceau
Feux de route automatique Profondeur du faisceau dans les virages
Très lumineux Le mode automatique parfois lent

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