Test de produit : Sidi Crossair X
Il y a quelque chose de singulier pour des bottes de motocross qui ne voient jamais une grille de départ. Conçue pour les pilotes qui s’élancent à plein régime dans un saut et comptent sur chaque millimètre de protection à l’atterrissage. Et nous, qui les utilisons surtout pour patauger sous la pluie belge, cahoter sur des chemins de gravier et, de temps en temps, parcourir un bout d’asphalte. Depuis mai 2025, je teste les Sidi Crossair X précisément pour cela : pas de (super)cross, juste une utilisation tout-terrain telle que la plupart des pilotes la connaissent.
Texte : Jelle Verstaen
Sur le papier, c’est une combinaison étrange : une botte développée par Sidi pour le MXGP et le Supercross, utilisée en dehors de son domaine de prédilection. Chez de nombreux concurrents de ce segment, cela se retourne contre eux : surdimensionnée, rigide, lourde, peu agréable sur un long trajet. Avec la Crossair X, on ne ressent pratiquement rien de tout cela. Au contraire.
Exosquelette renforcé
Commençons par un peu de technique : la tige est confectionnée en microfibre et intègre des amortisseurs haute densité qui recouvrent la quasi-totalité de la botte. À l’intérieur, un exosquelette renforcé de fibre de verre assure un soutien supplémentaire lors des atterrissages, complété par un système de retenue à trois points contre l’hyperextension destiné à empêcher les mouvements excessifs et dangereux de la cheville. À l’avant se trouve une plaque de protection, la structure du talon est de forme anatomique, et tant les inserts métatarsiens que les boucles en nylon sont remplaçables. La fermeture de la botte s’effectue grâce à une combinaison de velcro et de boucles, le tout complété par la semelle en composé Materiis – le même mélange de caoutchouc que Sidi utilise pour ses produits racing de Supercross et de MXGP.
Comme à la maison
La première impression est immédiatement celle qui reste : la Crossair X semble être faite sur mesure, comme si vous la portiez depuis des années. Des fermetures solides, une extrémité remarquablement compacte par rapport à de nombreux concurrents – ce qui réduit le risque de se coincer le pied sous le sélecteur – et, malgré une rigidité bien présente (cette botte doit après tout résister à une chute sur circuit), le pied conserve une sensibilité étonnamment bonne. De plus, l’enfilage est un jeu d’enfant : d’abord la fermeture velcro sur le dessus, qui maintient immédiatement votre pied bien en place dans la tige, puis les boucles en nylon réglables de haute qualité pour l’ajustement précis. Le résultat est toujours le même : un serrage parfait, sans jeu et sans frustration. La finition est soignée dans les moindres détails, et le chaussant est suffisamment confortable pour ne pas le regretter une seule minute, même lors de longs trajets.
Je remarque également que la coupe est légèrement différente de celle de nombreuses marques courantes : une forme relativement étroite, avec un profil qui s’écarte de ce à quoi les marques établies du segment nous ont habitués. Pour moi, qui possède une largeur de pied moyenne, cela n’a pas posé de problème : l’enveloppement serré et sans jeu a justement contribué à cette sensation de confort familier. Si vous avez les pieds larges, il est toutefois conseillé de les essayer au préalable.
Adhérence, aération et craquement caractéristique
La Crossair X est dotée d’une semelle composite qui (malgré son profil limité) offre une adhérence remarquable – aussi bien sur le repose-pied qu’à côté de la moto, dans la boue ou sur l’asphalte mouillé – et qui s’avère en outre très résistante à l’usure : même après des mois d’utilisation intensive, on ne constate pratiquement aucune trace d’usure excessive. La Crossair X est très bien ventilée, ce qui évite à vos pieds de baigner dans leur propre transpiration, même par temps chaud. Ceux qui roulent depuis longtemps avec des produits Sidi reconnaîtront d’ailleurs immédiatement le « craquement Sidi » caractéristique lorsque l’on bouge la tige – une sorte de signature de la marque, qui fait partie intégrante de son charme.
Entretien et prix
J’ai opté pour la version entièrement blanche, ce qui implique une remarque pratique (prévisible) : la garder propre demande un peu plus d’attention que pour une couleur foncée. La doublure en mesh sur le dessus, en particulier, est assez sensible à la saleté. Mais bon, ceux qui optent pour ce modèle le savent d’avance, et Sidi propose heureusement la Crossair X dans une large gamme de coloris pour ceux qui ne préfèrent pas le blanc. Cette botte n’est pas bon marché : comptez 649 euros. Un investissement conséquent, mais qui, d’après mon expérience, s’avère largement rentable : après plus d’un an d’utilisation intensive en tout-terrain – avec toujours le même sentiment de sécurité et le même ajustement parfait qu’au premier jour –, ce montant est, à mon avis, largement justifié.
Conclusion
La Sidi Crossair X est avant tout une botte de motocross et de supercross, mais ceux qui, comme moi, l’utilisent exclusivement pour le tout-terrain seront agréablement surpris. Son ajustement, ses finitions, son adhérence et ce sentiment de sécurité caractéristique font que je ne voudrais actuellement aucune autre botte. Le prix n’est pas négligeable, mais pour ceux qui privilégient la qualité avant tout, c’est un achat que l’on ne regrettera pas de sitôt.
Prix : 649 euros
Tailles : 39-50
Coloris : Black/Black, Black/Violet, Messy Cyan, Mint/Yellow-Fluo, RACR001, RACR002, White/Black, White/Navy/Red, Messy Coral, Olive Green/Yellow-Fluo, Grey/Pink-Fluo
Score : 4,5 / 5
