Rouler en hiver avec la QJMotor 550 SRK
Avec la SRK 550 – un roadster de moyenne cylindrée – QJMotor vise essentiellement le marché européen. Nous l’avons mise à l’épreuve en réalisant un essai qui fait froid dans le dos. Neige, pluie, verglas et le redoutable sel de déneigement : rien n’a été épargné à cette petite chinoise pendant deux mois. Au final, cet essai est-il positif ou ressemble-t-il plutôt une douche froide ? Suivez le guide.
Texte : Jules Hermie
Photos : Manu De Soomer, motorsportspics.com
Les préjugés à la trappe
Oubliez vos préjugés, QJMotor existe depuis 1985. Ces dernières années, la marque a produit plus d’un million ( !) de motos et de scooters par an. Le fabricant chinois est propriétaire de Benelli, entre autres, et a déjà été sous les feux de la rampe en tant qu’ancien sponsor principal de l’équipe Gresini Racing en Moto2.
Le test ultime
Sur ce site, il n’est pas seulement question de journées d’essai ensoleillées ou d’asphalte parfait sur un circuit. Non, le véritable test décisif pour une moto c’est un essai sur terrain, en l’occurence le notre. Et pour le moment, en Belgique c’est l’hiver. Et il faut bien l’admettre, une moto qui réussit ce test mérite de gagner ses galons.
Avec la SRK 550, nous avons parcouru quelque 3 000 kilomètres dans des conditions difficiles en décembre et janvier. Des trajets quotidiens aux balades ludiques lors des rares journées sèches, des autoroutes aux routes secondaires sinueuses… nous avons traîné la petite bête de somme chinoise à travers toutes les épreuves.
Par temps de gel, le système électrique, la batterie et l’écran TFT ont été mis à rude épreuve. La pluie et le sel de déneigement ont mis à nu la qualité de la construction : l’acier résiste-t-il à la rouille ? Dans quelle mesure la tenue de route reste-t-elle prévisible sur les routes mouillées et glissantes ? La SRK 550 a été mise à l’épreuve dans un enfer hivernal qui donnerait des sueurs froides même au motard le plus endurci. La QJ a-t-elle résisté, ou les températures glaciales et le sel de déneigement ont-ils été un pont trop loin pour elle ?
Puissante
La SRK 550 est dotée d’un moteur qui fait plus que tenir la route. Avec 61,2 ch (45 kW) à 8500 tr/min, ce moteur offre une puissance hors normes pour la catégorie. Car généralement dans celle-ci, on retrouve des motos prévues pour le permis A2 revendiquants 35 kW. Mais les détenteurs de ce type de permis ne sont pas oubliés car la SRK 550 est également disponible en version A2 avec 47,6 ch (35 kW) à 6500 tr/min. Sur les deux versions, le couple de 55 Nm n’est pas à sous-estimer pour une moto qui ne pèse que 176 kg prête à rouler. Nous avons pu utiliser ce couple avec enthousiasme lors des rares journées ensoleillées. Ces performances font donc de la SRK 550 la moto la plus puissante de sa catégorie. Il en résulte une expérience de conduite exaltante à chaque fois. La moto donne une impression de légèreté et d’énergie, et son caractère ludique est évident. La sonorité du bicylindre parallèle – avec un callage à 270° qui est une formule à succès bien connue – offre des notes d’échappement particulièrement savoureuses qui rehaussent encore plus l’expérience de conduite.
Plus que ce que vous attendez
En termes de technologie, la SRK 550 est superbement équipée, les aides à la conduite comme le contrôle de traction débrayable et les deux modes de conduite – Normal et Sport – la rendent utilisable dans différentes conditions. Il était souvent utile d’activer l’antipatinage et de choisir le mode « normal » en cas de pluie, tandis que par beau temps, le mode Sport sans antipatinage réveillait le hooligan qui sommeillait en moi. Les modes de conduite ou l’antipatinage ne peuvent pas être modifiés en roulant. La moto doit être complètement à l’arrêt.
En outre, l’écran TFT est clair et très convivial. Le système de navigation intégré permet de projeter facilement des applications sur l’écran, ce qui devrait être un must pour tout constructeur de moto. Il est donc possible d’utiliser toutes les applications de navigation préférées telles que Waze, Osmand ou Calimoto. Il est également possible d’utiliser l’application de navigation du fabricant, CarbitRide. Malheureusement, cela implique un coût supplémentaire. Je n’ai pas d’expérience avec ce navigateur et ne peux donc pas donner plus d’informations à son sujet.
La connexion a toujours fonctionné, mais cela a parfois pris du temps et surtout beaucoup de patience. L’ensemble du menu est facile à utiliser grâce à deux boutons situés sur le commodo gauche. L’ensemble des commandes est minimaliste mais rétroéclairé et l’utilisation est intuitive.
Configuration sportive
La SRK 550 a une allure sportive, tout en restant étonnamment confortable, même sur les longs trajets. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une moto de tourisme. Dans les virages plus serrés et lors des accélérations franches, la selle offre un bon soutien, ce qui apporte stabilité et confiance. Il est clair que QJMotor met l’accent sur l’agilité et la performance sportive avec cette moto. Pour les pilotes de bonne taille, comme moi (1m80), c’est très bien. Pour ceux qui prennent souvent des passagers ou qui sont beaucoup plus grands, une autre moto de la gamme QJ pourrait mieux leur convenir.
Brembo et Marzocchi
Les leviers de frein et d’embrayage réglables permettent un contrôle personnalisé, tandis que le système de freinage Brembo avec ABS fait le job. La fourche avant Marzocchi est réglable et fait bien son travail, mais l’amortissement ne semble pas optimal. Elle pourrait être un peu plus performante. A l’arrière, le réglage de l’amortisseur est un peu plus souple, idéal pour un usage quotidien, mais il pourrait être un peu plus dur pour les sorties sportives.
De petites améliorations
L’injection fonctionne généralement bien, mais pourrait être un peu plus douce à bas régime. À basse vitesse en ville, la réponse à la poignée d’accélérateur peut parfois sembler un peu erratique, mais dès que l’on ouvre les gaz, la 550 est dans son élément. Le passage des vitesses se fait en douceur et sans accroc. L’embrayage est assez direct, ce qui demande un peu de temps pour s’y habituer ; mais pour un usage sportif, c’est même un avantage. En outre, j’ai eu droit à trois allumages du témoin lumineux de contrôle moteur, qui ont disparu d’eux-mêmes au bout d’un certain temps.
Quant aux pneus, les CST montent en température plus lentement que d’autres. Une fois à température – ce qui n’est pas une mince affaire par temps froid – ils conviennent parfaitement à un usage quotidien, même dans ces conditions extrêmes.
Au final
Pour un budget de seulement 6 199 euros, la SRK 550 offre de belles prestations. Pour ce prix, vous obtenez une moto bien faite avec un moteur puissant, des technologies modernes comme un écran TFT et un contrôle de traction débrayable, ainsi qu’un système de freinage Brembo fiable. La qualité de construction est robuste, sans défaut technique ni rouille après une exposition à des conditions difficiles. Bien sûr, une certaine influence du sel de déneigement est visible, mais cela affecterait au moins autant n’importe quelle autre moto. En outre, il s’agit d’un défaut qui pourra être largement corrigé avec un peu de polissage. La garantie de trois ans fait de la QJMotor SRK 550 un choix intéressant pour ceux qui recherchent une moto sportive sans le surcoût de la plupart des concurrents.
Données techniques
| MOTEUR | |
| Type | bicylindre en ligne, calé à 270°, refroidissement liquide |
| Cylindrée | 554cc |
| Alésage x course | 70,5 x 70,3 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | nc |
| Alimentation | injection EFI |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile |
| Boîte de vitesse | à 6 rapports |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 61,2 ch (45 kW) @ 8.500 tr/min (47,6 ch – 35 kW @ 6.500 tr/min) |
| Couple maximum | 55 Nm @ 6.000 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | deux modes de conduite |
| Partie-cycle | ABS, antipatinage (débrayable), écran connecté |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | treillis en tube d’acier |
| Suspension avant | fourche inversée Marzocchi |
| Possibilités de réglage | compression, détente |
| Suspension arrière | monoamortisseur Marzocchi |
| Possibilités de réglage | précontrainte |
| Débattement av/ar | nc |
| Frein avant | deux disques de 320mm, étriers radiaux Brembo à 4 pistons |
| Frein arrière | un disque de 260mm, étrier flottant Brembo à 2 pistons |
| Pneumatique av/ar | 120/70-ZR17, 160/60-ZR17 CST |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.420 mm |
| Angle de chasse | nc |
| Chasse | nc |
| Hauteur de selle | 790 mm |
| Poids TPF | 176 kg |
| Réservoir | 15 litres |
| Prix | à partir de 6.199 euros |
