Reportage : Avec Kawasaki sur la dernière étape du Tour de France

Pourquoi pas complètement changer de cap, ont dû se dire les gars chez Kawasaki. Ils ont donc invité huit journalistes venus des quatre coins du monde à passer une journée sur les traces du Tour de France. Qu’est-ce que je dis ? Passer une journée ? Plutôt rouler, bon sang ! Heureusement, pas à vélo, mais en Kawasaki, car la marque est le partenaire officiel du Tour de France.

Texte Thierry Sarasyn

Rouler en tête du peloton pendant le Tour de France et terminer sur les Champs-Élysées. Une possibilité réservée à un groupe restreint.

Partenaires officiels

Les amateurs de cyclisme les ont sans doute déjà remarquées. Les Kawasaki entièrement vertes dans le Tour. Ce ne sont pas les seules motos présentes dans la plus grande course cycliste au monde, mais ce sont celles de l’organisation. Les équipes de tournage ont souvent leurs propres motos, mais tout ce qui doit être organisé par ASO, l’organisateur du Tour, se fait sur des Kawasaki. Cela signifie que des Versys 1100 sont utilisées pour la sécurité, l’accompagnement des coureurs, etc.

Les Kawasaki officielles arborent les couleurs des maillots les plus importants du Tour. Il existe également une version jaune et même une version à pois.

Pourquoi ?

« Le partenariat avec ASO est à long terme », nous explique Martin Lambert. Ce Britannique plein d’entrain est le responsable des relations publiques européennes de Kawasaki. Lors d’un bref briefing, il explique pourquoi Kawasaki a conclu ce partenariat et ce qui va se passer lors de la dernière journée de la course. « Cette collaboration n’a pas été choisie au hasard », poursuit-il. « Tout comme Kawasaki, Amaury Sport Organisation se soucie du bien-être de notre planète. Kawasaki s’est fixé des objectifs en matière de réduction des émissions. Nous avons la Z7 Hybrid et demain, nous parcourrons également une partie du trajet avec notre moto unique à hydrogène. ASO et Kawasaki se sont trouvés sur ce point. »

C’est peut-être vrai, mais il est bien sûr également important d’avoir de bonnes motos dans le Tour. Un événement de cette envergure a besoin de règles et de directives. Le Tour de France en est la preuve : l’organisation est aussi stricte qu’un legging deux tailles trop petit.

Regarde, voici mon petit doigt.

Règles strictes

C’est pourquoi notre joyeuse bande devait respecter des règles strictes. « Pas de wheeling ni de burnouts, cela va de soi », nous a précisé Martin. Car même si nous ne roulions pas dans le peloton, nous roulions juste devant les coureurs. Et dans cette caravane publicitaire, rien ne doit aller de travers. Même si notre joyeuse bande faisait tout pour se montrer à la hauteur, nous avons tout de même été réprimandés à plusieurs reprises. Quiconque dépasse les limites est rappelé à l’ordre ou tout simplement exclu du Tour. La sécurité d’ASO et la gendarmerie française sont aussi tolérantes qu’un adolescent privé de wifi et interviennent au moindre signe de désobéissance. Cela n’a fait que rendre l’expérience de la dernière étape encore plus intense. Voici le récit d’une journée très spéciale.

9h30 : encore un briefing

Après un deuxième briefing rapide, nous quittons le siège de Kawasaki France pour nous rendre au village départ. Le point de départ fictif, en quelque sorte, même s’il s’agit plutôt d’une petite ville. C’est une joyeuse bande qui quitte le parking de Kawasaki France. Un Américain qui a revêtu un maillot à pois pour l’occasion, un Français qui tombe à terre avant même que nous ayons bien démarré, ainsi qu’un duo inséparable : un journaliste/influenceur espagnol et sa collègue italienne. Une apparition voluptueuse aux longs cheveux ondulés et au regard qui respire la sensualité. Je ne comprends pas bien l’Italienne… Il s’avère qu’elle ne parle pas un mot d’anglais. Ça doit être ça…

La folie commence vraiment au Village Départ. Ensuite, ça ne s'arrête plus.

10h30 : des chiffres incroyables

Nous arrivons au point de rassemblement de la caravane publicitaire du plus grand événement sportif au monde. Il serait trop facile de citer des chiffres, mais voici tout de même quelques données pour illustrer cela : 1 milliard d’heures de diffusion par jour. Cela signifie que littéralement tout le monde dans le monde regarde 8 minutes par jour. Mais comme tout le monde n’a pas accès à un écran, à l’électricité ou a simplement des choses plus importantes à faire – survivre, manger… –, on peut supposer qu’environ 500 millions de personnes regardent le Tour quelques heures par jour. Les heures de diffusion sont réparties dans 190 pays. Vous avez bien lu. Et au total, 12 000 personnes sont impliquées dans le Tour.

Impressionnant

Nous pensions être arrivés au village départ, mais rien n’est moins vrai. Notre groupe haut en couleur se trouve dans une sorte de lieu de rassemblement d’où nous serons conduits en groupe jusqu’au départ. Un prélude à la préparation du départ. Organisé, dites-vous ? Sans aucun doute, mais pour être tout à fait sûrs, nous avons droit à un briefing supplémentaire…

Les endroits où le public n'est pas nombreux sont rares. Mais même les supporters isolés sont enthousiastes.

14h00 : enfin le départ

Après environ trois heures d’attente parmi les véhicules de la caravane publicitaire, nous arrivons enfin au village départ. Je cherche déjà le bus Visma Lease a Bike dans l’espoir d’apercevoir Wout van Aert. Quelque chose me dit que ce sera son jour. Mais Wout ne se montre pas et, sans briefing supplémentaire, nous prenons le départ quelques instants plus tard, dans le cadre de la caravane du Tour. Docilement, comme les autres moutons, nous suivons l’itinéraire.

Il faut dire que rouler au milieu d’une foule de gens enthousiastes est assez impressionnant. On vous acclame sans que vous ayez vraiment fait quoi que ce soit, on dirait une journée dédiée aux influenceurs. Quoi qu’il en soit, c’est beaucoup plus facile que ce que font les coureurs. Et surtout beaucoup plus facile que ce que Wout Van Aert doit faire s’il veut encore remporter une étape dans ce Tour, confirmer d’un seul souffle son retour en force, entrer dans l’histoire comme l’un des rares coureurs à avoir remporté 10 étapes du Tour et offrir une journée inoubliable à des milliers de fans.

Cela ne sera pas facile, me dis-je, tandis que je slalome avec la Kawasaki Z650 à travers la foule. La Kawa est maniable et n’a pas trop de puissance. Parfaite pour passer quelques heures à saluer des fans enthousiastes et à esquiver les canettes que la déesse Orangina dans le camion devant nous lance sans cesse vers le public. Régulièrement, une canette de ce liquide orange roule vers la roue avant de ma Kawa. Il faut rester vigilant. Pendant trois heures, nous allons rouler au milieu d’une foule de supporters. Ceux-ci font preuve d’un enthousiasme rarement vu. Nous sommes adulés comme des héros, alors que nous ne sommes en réalité que les ouvreurs commerciaux du peloton. C’est là que se trouvent les vrais héros.

À la fin de la journée, vos bras vous font mal à force d'avoir agité les mains.

15h00 : la sécurité avant tout

Et ASO ? Avec l’aide de la gendarmerie française et de sa propre armée de sécurité, ils surveillent tout de près. Un motard lambda se faufile à un certains moment dans notre groupe. Personne ne l’a remarqué, mais l’homme est rapidement expulsé. Les policiers présents entendent et voient tout. Je vois encore comment l’homme a été conduit d’un air très autoritaire vers une zone séparée. Peut-être est-il encore là, peut-être est-il entre-temps conduit pour une garde à vue. Mais il ne tentera plus en aucun cas de se faufiler à nouveau parmi la caravane du Tour. Les intrus dans le Tour sont encore moins populaires qu’un activiste transgenre lors d’un rassemblement de Trump. Ce malfaiteur l’aura compris. Aïe.

 

Entrer dans Paris à vélo doit être une expérience magique. La ville est imprégnée d'actes héroïques en vélo et d'histoire sportive

17h00 : Paris

Mon bras gauche me fait mal à force d’agiter la main. Les hommes d’ASO se sont même approchés de moi parce que je dansais au rythme de la musique du camion Orangina qui roule juste devant nous. « Not done », m’ont-ils fait savoir sans ménagement. Je reste donc sagement en selle, mais cela n’entame en rien mon enthousiasme. D’autant plus que la foule continue de grossir à mesure que nous entrons dans la banlieue parisienne. Des quartiers qui respirent l’héroïsme des 50 éditions du Tour qui sont déjà passées par là. Et puis il y a la flamme olympique que nous dépassons, la pyramide du musée du Louvre, le pont où Remco Evenepoel a remporté l’épreuve olympique sur route l’année dernière… La folie atteint son paroxysme lorsque nous longeons les rives de la Seine, puis, après être passés devant la tour Eiffel, nous tournons sur les Champs-Élysées. Quelle foule, quel enthousiasme… J’en ai la chair de poule.

Quelques instants plus tard, le rythme ralentit, car les photographes peuvent ici faire leur travail en toute tranquillité. Les collaborateurs qui peuplent depuis trois semaines les chars de la caravane publicitaire sont immortalisés de manière orchestrée sur le lieu d’arrivée mythique du Tour. Je veux que nous nous dépêchions, car je vois déjà Wout Van Aert passer à toute vitesse après avoir distancé tout le peloton. Comme cette fois où, en 2022, il a non seulement devancé un peloton à sa poursuite, mais aussi empêché la meute de se rapprocher d’un mètre. J’espère que ce sera aussi le cas aujourd’hui. Mais avant cela, nous devons encore poser plusieurs fois avec la Kawasaki à hydrogène qui nous a rejoints depuis Paris. Des clichés à conserver.

Vite, quelques photos, car un peloton comme celui-là n'est jamais loin. À peine une demi-heure après notre arrivée sur les Champs-Élysées, le peloton arrivait déjà à toute vitesse.

18h00 : Champs-Élysées

Les photos sont prises, et nous aussi. Dans le bus VIP, qui se trouve dans le virage au début des Champs-Élysées. Les Kawasaki ont fait leur travail, et il est maintenant temps de voir passer les Kawa officielles. Elles font partie du cortège et servent à assurer le bon déroulement de l’événement. Ce n’est pas facile quand on voit l’ampleur de celui-ci. On ne se rend vraiment compte de l’ampleur de l’événement que lorsqu’on est au cœur de celui-ci. C’est un bel exemple du travail de l’organisateur ASO, et c’est également agréable de voir qu’une marque de motos contribue à faire la différence. Dans le sillage des Kawasaki officielles, le peloton passe à toute vitesse. Bon sang, ces gars vont vite. Et cela après trois semaines d’efforts. Il est certain que le public le long de la route leur donne chaque jour un coup de fouet supplémentaire. Sinon, comment tenir le coup…

 

Une photo à retenir...

19h00 : le final

L’arrivée approche. Nos efforts de la journée ont été récompensés par des litres de boissons offertes par les sponsors, mais voilà que la pluie commence à tomber et que les pavés des Champs-Élysées deviennent glissants. « Cela devrait profiter à notre champion de cyclo-cross», me dis-je. Tout le monde se précipite à l’intérieur, une Américaine caquette à propos d’un sac à main perdu, un Britannique tombé sur les fesses veut que tout le monde fasse la queue pour utiliser les toilettes et mes compagnons, après une journée passée à moto, s’avèrent soudainement plus supportables que je ne le pensais. La vie est belle.

À 19h45, le peloton termine cette folle aventure de trois semaines. Tadej Pogacar est le vainqueur attendu et mérité de cet événement monstrueux. Il peut enfin se reposer ; nous avons encore une petite heure de route à faire pour rejoindre un restaurant parisien. Je m’y rends au guidon de l’Hybride Z7 et dois m’habituer à cette Kawa un peu particulière. Mais elle est très pratique pour se faufiler entre les embouteillages monstres du centre-ville de Paris. Une fois que nous les avons laissés derrière nous, nous roulons, enfin, librement.

 

Ce n'était pas un essai moto ordinaire, mais une journée mémorable. Et cette Z650 était la compagne idéale.

23h00 : retour

Le repas est terminé et, comme le veut la tradition de la gastronomie française, nous n’aurons plus faim pendant les trois prochains jours. Il ne reste plus qu’une demi-heure pour rejoindre le siège social de Kawasaki France afin de rendre les motos, puis un trajet jusqu’à l’hôtel. Vers minuit, je titube jusqu’à ma chambre.

Quelle journée ! Et quelle initiative de la part de Kawasaki d’avoir réussi à organiser cela. Car même si vous êtes sponsor, réussir à faire entrer 8 journalistes venus des quatre coins du monde dans cette caravane hautement sécurisée le dernier jour du Tour, chapeau bas.

Wout!!!

Ha, et le vainqueur ? Wout Van Aert. Qu’en pensez-vous ? D’une manière encore plus héroïque que je ne l’avais imaginé. Il a foncé avec brio sur les pavés mouillés, seul jusqu’à la ligne d’arrivée, après avoir été le seul de ce tour à réussir à distancer Pogacar. Et avec une maîtrise du guidon qui relègue tous les autres athlètes professionnels au rang de débutants. Seul à l’arrivée. Un contre tous. Il a balayé toute la misère de ses deux dernières années. Le 50e vainqueur sur les Champs-Élysées. Quel héros !

Photos : Thierry Sarasyn et Kawasaki

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