Questions en rafale après l’essai de la Ducati Monster 2026
Ducati fête cette année son centenaire. Comme si cela ne suffisait pas, la marque poursuit le développement de sa plateforme V2. Cette fois-ci, c’est au tour de la Ducati Monster. Sans aucun doute l’un des modèles les plus emblématiques de Bologne et, pour être honnête, peut-être même de tout l’univers de la moto. À Malaga, où le soleil brille généralement mais où le temps est aujourd’hui tout sauf sec, Charly est parti à la découverte de cette nouvelle moto. Nous l’avons joint au téléphone alors qu’il séchait ses bottes avec un sèche-cheveux.
Motojournal.be : Ce n’est pas un hasard si nous t’avons envoyé à Malaga, n’est-ce pas ?
Charly De Kinderen : (rires) « Non, c’est vrai ! La Ducati Monster a vu le jour à peu près au même moment que moi. En 1992, à quelques jours d’intervalle, elle a été présentée au salon de la moto de Cologne. Nous partageons donc 33 années de vie chacun. Et cette légende mûrit comme le meilleur des whiskys. Par « légende », j’entends bien sûr la moto… »
Motojournal.be : Comment ça, une légende ?
Charly : “Tout d’abord parce que le constructeur italien le dit lui-même avec son slogan « I’M Legend », avec un M majuscule pour Monster. Mais indépendamment de cela, je connais peu de motos que même les non-motards reconnaissent. Dites « Monster » à des amis ou à des membres de votre famille qui s’intéressent autant aux motos qu’à l’observation des oiseaux, et tout le monde saura de quoi vous parlez. Depuis 33 ans, ce modèle revient à l’essence même de la moto : simple, pure et au design attrayant. Et cela à un prix qui reste relativement abordable pour une Ducati.“
Motojournal.be : Tu as fait une belle balade ?
Charly : “Oui et non. Ceux qui se rendent aujourd’hui dans le sud de l’Espagne pour profiter du soleil en auront pour leur peine. De fortes pluies, des rafales de vent et des routes fermées étaient annoncées. Je suis généralement assez sceptique face à ce genre de scénarios catastrophes, mais cette fois-ci, ils étaient malheureusement proches de la réalité. L’itinéraire a été modifié pour éviter le pire. Dommage, car cette moto demande d’être conduite avec finesse. D’un autre côté, c’était l’occasion idéale de tester minutieusement l’électronique.”
“Tout le monde sait que les routes espagnoles sont extrêmement glissantes par temps humide, et aujourd’hui n’a pas fait exception. Je boude généralement le mode pluie, mais lors de journées comme celle-ci, je comprends soudain très bien pourquoi il existe. Alors qu’en mode route, le pneu arrière partait de temps en temps en glisse, le mode pluie permet de tout garder sous contrôle, sans être gênant. On sent clairement à quel point l’électronique avec une centrale inertielle est désormais sophistiquée.”
Motojournal.be : D’accord, mais pourquoi la Monster existe-t-elle encore au catalogue avec la présence de la Streetfighter V2 équipée du même moteur ?
Charly : “Une question légitime, que j’ai posée avec la prudence qui s’impose aux responsables de Ducati. Tout d’abord, il y a une question de goût. Les deux sont des naked bikes, mais on peut difficilement dire qu’elles se ressemblent. De plus, sans vouloir être irrespectueux, la Monster est le « modèle économique ». Elle est moins chère, mais surtout plus accessible que la Streetfighter V2, même si elle n’est certainement pas en reste.”
“Grâce au nouveau moteur V2, la Monster pèse quatre kilos de moins que la précédente version et affiche un poids à sec particulièrement impressionnant de 175 kilos. On a littéralement l’impression d’être parfois sur un vélo équipé d’un gros moteur. La selle peut en outre être abaissée, ce qui rend l’ensemble accessible à un très large public. Et oui, cette belle moto est également disponible en version A2.“
Motojournal.be : Super, il y a donc une belle évolution du modèle. Combien coûte ce bijou ?
Charly : “12 590 euros pour le modèle standard. Avec 300 euros de plus, vous obtenez la version +. Ça paraît peu pour en fait acquérir une moto équipée d’un petit saute-vent et d’un capot de selle passager. Pas de couleurs extravagantes pour l’instant, juste le Ducati Red et l’Iceberg White. Pour les combinaisons vert-jaune à la Senna, il faudra attendre qu’il y ait à nouveau une raison de faire la fête.”
“Le prix est plus élevé que celui de certaines concurrentes, mais la finition est excellente : je ne vois vraiment aucun point négatif. J’espère que nous verrons vite cette légende dans les rues. Cela me semble être la moto idéale pour les citadins élégants qui en ont assez des embouteillages.“
Motojournal.be : Bien dit. Va vite te sécher maintenant.
Charly : “C’est drôle que tu dises ça : le soleil vient juste de percer après toutes ces averses incessantes. Le timing est parfait… Cette bière va être encore meilleure. Ciao, ciao ! “
