Questions en rafale après l'essai de la BMW R 12 nineT
Du point de vue purement esthétique, une moto classique peut-elle vraiment vieillir ? En fait, non car elle l’est déjà. La BMW R nineT existe depuis 2013, mais on ne lui donnerait pas 11 ans. Ni en termes de caractéristiques de conduite pure. Pourtant, il était temps de la faire évoluer et tant qu’à faire sous un nouveau nom : R 12 nineT. Nous venons de la tester jusqu’à la lie, sur les routes sinueuses de montagne du sud de l’Espagne.
MotoActus.be : Si la R nineT est toujours aussi bonne, pourquoi fallait-il la faire évoluer ?
Gijs Gilis: “Pour une seule raison : normes d’émission. Le moteur boxer est refroidi par un système mixte air/huile, ce qui entraîne des difficultés pour le rendre conforme aux règles de l’UE. En plus du moteur, BMW en a profité pour modifier le cadre, l’ergonomie et le système d’échappement. Le résultat est une machine qui, à première vue, ressemble beaucoup à la R9T, mais qui est résolument différente en termes de détails et de proportions. Le nouveau cadre monobloc (deux pièces pour de la R nineT), avec une construction plus basse et plus horizontale, apporte plus de confort, et permet d’ajouter un nouveau modèle à la gamme : la R 12 cruiser. Que nous testerons prochainement.”
La R 12 nineT se comporte-t-elle toujours comme la R nineT ?
“Il est difficile de faire une comparaison en un instant, car cela fait un certain temps que je n’ai pas roulé sur la R nineT. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle venue est une véritable machine de caractère. Elle vit, bouge, vibre et fait du bruit d’une manière bien plus explicite que beaucoup de machines modernes qui semblent tout filtrer en privilégiant la douceur. Avec ce flat-twin, il faut toujours un peu de temps pour s’habituer à la direction, car la moto semble toujours tomber dans les virages. C’est un peu déstabilisant au début, mais on s’y habitue assez vite.”
Qu’en est-il de l’équipement et de l’électronique ?
“Comme il s’agit d’une BMW, il ne faut pas s’inquiéter. Des systèmes de sécurité tels que l’antipatinage et les modes de conduite sont bien présents, tout comme le quickshifter disponible en option. Nous n’en sommes d’ailleurs pas très satisfaits, car les changements de vitesse sont particulièrement brutaux. Pour passer du premier au deuxième puis au troisième rapport, il est préférable d’utiliser l’embrayage. En pente, la roue arrière avait tendance régulièrement à faire “un pas de côté” au passage des deuxième et troisième rapports. Pour les rapports supérieurs et lors des rétrogradages, cela allait mieux. Pour ceux qui désirent un brin de modernité, les compteurs analogiques de série peuvent être remplacés par un petit écran TFT rectangulaire n’affichant que les informations les plus essentielles. Une solution élégante et propre.”
Les options prévues permettent d’aller jusqu’où en termes de style ?
“Comme d’habitude chez le constructeur bavarois, les possibilités sont énormes. Bien qu’elle soit déjà particulièrement élégante de série. Le pack Race Bike dans le style des années 80, avec un carénage tête de fourche, un échappement Akrapovic et un support de plaque d’immatriculation plus bas sur la roue arrière, est très intéressant. Avec ce pack, elle ressemble à une autre moto. Et puisque nous parlons de style, nous trouvons dommage que la boîte à air soit désormais placée sous la selle, éliminant ainsi les orifices d’aération typiques sur l’avant de la précédente version. Le design est cependant plus simple et plus épuré.”
Et alors, ces nausées, ça va mieux ?
“Ne rigole pas, nous avons parcouru environ 1 000 virages en un après-midi. Ou du moins, c’est ce que nous avons ressenti. Nous avons constamment tourné à gauche, à droite, vers le haut, vers le bas, un col après l’autre. Un plaisir fantastique, bien sûr, mais aussi le terrain de jeu idéal pour la R 12 nineT. Elle adore cet exercice en roulant de manière ludique, tout en restant rigoureuse, elle est pleine de caractère.”
Bonne digestion alors, et pas d’excès ce soir. Je te connais !
