Participer à un évènement du Club Victory au guidon de l’Husqvarna FE 250
Faire du tout-terrain en Belgique, est aussi évident que faire du jogging avec des palmes. Les circuits d’entraînement permanents sont plus rares que les politiciens dotés de bon sens, et les pistes tout-terrain sont délibérément rendues moins accessibles. Ceux qui choisissent de faire du motocross dans une fédération sont entourés de pilotes qui pensent pouvoir rivaliser sans effort avec Lucas Coenen et qui considèrent le blockpass comme leur manœuvre de dépassement préférée. À cela s’ajoute l’intolérance croissante de monsieur Tout-le-Monde et le fait que la Belgique est l’un des pays les plus densément peuplés. Jouer aux fléchettes est un passe-temps qui cause moins de maux de tête.
Texte : Thierry Sarazyn
Club Victory
Alain Spira, un ancien du Dakar (cinq participations de 82 à 86) est un éternel bourreau de travail. Il joue depuis plusieurs décennies un rôle de pionnier avec son Club Victory pour rendre ce sport plus accessible. Mais aussi pour procurer du plaisir de conduite à de purs amateurs. Les événements du Club Victory sont avant tout des non-compétitions. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas compétitifs, mais par exemple, le départ ne se fait pas derrière une grille. Vous entrez sur le circuit dans l’ordre de votre numéro d’inscription. Avec une moto qui doit répondre à des normes strictes. Tout d’abord en matière de bruit. 92 dB est l’objectif qui est non seulement visé, mais aussi respecté sans aucune dérogation.
Objectif 92 dB
Nous avons dernièrement participé à un évènement du Club Victory avec l’Husqvarna FE250 Heritage. Une nouvelle moto d’enduro équipée d’un silencieux d’origine. Et pourtant, elle était encore trop bruyante. Nous avons donc disputé les quatre heures d’endurance avec un silencieux supplémentaire « Spira ». Cela rendait la moto plus silencieuse, mais certainement pas moins puissante. Et comme le réglement exige de ne pas dépasser la puissance de 30 ch, nous avons donc également ajouté une vis dans la poignée des gaz, afin de limiter sa rotation pour ne pas arriver en butée. 30 ch et moins de 92 dB donc. Et il y a une bonne raison à cela.
Pas pour les compétiteurs
Les événements du Club Victory sont ouverts aux non-licenciés. Bien sûr, il y en aura toujours bien un qui aura couru en 1983 dans la catégorie débutant 125 cm3 dans une fédération amateur – coupable, je plaide coupable –, mais il ne faut pas non plus prendre le réglement à la lettre. L’objectif est avant tout d’écarter les pilotes affiliés participants régulièrement à des compétition et de donner aux pilotes amateurs la possibilité de s’amuser sans enfreindre les règles ni heurter personne. C’est pourquoi des règles de fair-play sont également en vigueur. Et pour vous permettre de bien vous évaluer, vous recevrez après la course un aperçu détaillé de vos temps au tour et de leur rapport avec ceux des autres, voire de votre coéquipier.
Seul ou à deux (ou trois)
Il est en effet recommandé de rouler à deux durant les quatre heures de l’épreuve. Vous pouvez également rouler seul, mais cela relève alors vraiment du sport extrême. Et les extrêmes, c’est quelque chose que le Club Victory déteste comme la peste. C’est pourquoi il n’y a pas de bosses sur les circuits naturels. Les prairies en pente portent certes les traces des épreuves de quatre heures auxquelles participent une centaine d’équipes, mais en raison de la puissance limitée, les terrains sont beaucoup moins abîmés que les circuits de MX classiques.
Les débutants partent séparément
Les participants sont répartis en classes selon leur niveau. La classe 4 est l’occasion pour les pilotes débutants de tester leur niveau sans aucune pression. Les membres de cette classe 4 sont admis sur le circuit le matin, sans les autres participants, et ont la possibilité d’être suivis par un accompagnateur. Ceux qui obtiennent de bons résultats peuvent participer l’après-midi avec les coureurs plus expérimentés ou plus rapides. Ceux-ci sont à leur tour répartis en 3 niveaux, mais courent tous ensemble. Il existe également des classes parallèles telles que père-fils, catégories d’âge, solo, etc. En cherchant un peu, chacun peut toujours trouver une classe dans laquelle il ou elle obtient de bons résultats. Et c’est aussi très bien ainsi.
Fair Play
Au cours des nombreuses années où nous avons participé à ces événements bien organisés, nous n’avons jamais rencontré une seule personne en colère ou de mauvaise humeur. Le fair-play et l’absence de pression pour monter sur le podium font ressortir le meilleur de chacun. La conduite est toujours sportive, l’agressivité n’est pas tolérée et si vous êtes dépassé par un autre concurrent avec une moto plus ancienne ou moins rapide, vous devez rapidement remettre les deux pieds au sol. Il s’agit de conduire de manière responsable et de profiter de votre sport favori avec des personnes qui partagent les mêmes idées.
Rôle des pouvoirs publics
Il est donc regrettable qu’un organisateur qui se soucie du bruit, de l’état du terrain et qui joue un rôle exemplaire à tous les niveaux, rencontre néanmoins des difficultés pour organiser ses événements. Il n’y a pas si longtemps, dix à quinze événements étaient inscrits au calendrier chaque année. Aujourd’hui, il n’en reste plus que cinq. Pourtant, personne n’entend même que des motos roulent et moins d’une heure après la fin de l’événement, les terrains sont comme s’il ne s’était rien passé. Parfois, on y sème même de l’herbe. C’est étrange, sachant que les fédérations de motocross, où le bruit est toujours un problème et où le sol est fortement endommagé, parviennent encore à remplir leurs calendriers.
Les administrations communales jouent un rôle important à cet égard et il faut espérer que le travail d’Alain Spira sera à nouveau apprécié à sa juste valeur par les autorités locales dans les années à venir. La commune de Hamoir, où nous avons pu tester l’Husqvarna pendant quatre heures, est présente depuis le début. Le bourgmestre est venu en personne assister au départ de l’épreuve de quatre heures. Voilà comment ça peut se passer. Et nous avons pu apprécier une fois de plus la polyvalence de notre Huskie. Nous avions du mal à imaginer une meilleure moto pour ce rendez-vous à Hamoir. C’était top !
Photos : Club Victory
