Mertens Riding School : stage pour tous
Rouler à moto est un plaisir. Bien rouler en est un autre. Si l’expérience s’acquiert au fil des kilomètres, certaines techniques ne s’improvisent pas. Position sur la machine, regard, trajectoires, freinage ou anticipation des réactions des autres usagers : autant de paramètres qui peuvent faire la différence entre une belle balade et une situation critique. C’est précisément ce que propose la Mertens Riding School lors de ses stages organisés sur le Mettet XP.
Un stage pour tous les motards
Ne vous laissez pas tromper par le cadre d’un circuit. Ici, il n’est pas question de former des pilotes de championnat ni de (vraiment) chercher le dernier dixième de seconde. Le véritable objectif est ailleurs : permettre à chaque motard, quel que soit son niveau, de mieux comprendre sa machine, de gagner en confiance et surtout d’améliorer sa sécurité sur route, voire tout de même pour les plus rapides de gagner quelques secondes par rapport à leur temps de référence. Que vous rouliez depuis trente ans ou que vous veniez d’obtenir votre permis, chacun repartira avec quelque chose en plus. Les plus expérimentés redécouvriront parfois des fondamentaux qu’ils avaient oubliés avec les années. Les plus jeunes comprendront rapidement qu’un équipement dernier cri ou un airbag électronique ne remplacera jamais une bonne technique de pilotage. Au terme de cette journée, force est de reconnaître que j’ai appris plusieurs choses et que certains automatismes, quelque peu endormis, sont revenus naturellement. Une preuve supplémentaire qu’en moto, on n’a jamais fini d’apprendre.
Les bases avant tout
La journée commence par les formalités administratives, suivies d’un contrôle technique sommaire de chaque machine. Plaquettes de frein, pneus, rétroviseurs, niveau sonore et installation du transpondeur : rien n’est laissé au hasard. Après un briefing collectif rappelant les règles de sécurité, les participants sont répartis en groupes selon leur niveau. Chacun rejoint ensuite son moniteur pour une première séance théorique. Trajectoires, position du corps, répartition des masses, rôle du regard… Les explications sont simples, concrètes et immédiatement applicables. Une phrase revient régulièrement : « La moto va là où le regard se porte. » Un principe élémentaire, souvent connu, mais rarement exploité à son plein potentiel.
De la théorie à la pratique
Direction ensuite la piste. Pas de compétition et encore moins d’esprit de performance. Le seul objectif consiste à répéter les bons gestes jusqu’à ce qu’ils deviennent naturels. Après plusieurs tours, retour aux stands pour un débriefing personnalisé. Chaque participant reçoit des conseils précis avant de repartir appliquer les corrections demandées. Les progrès deviennent rapidement visibles, parfois dès les premiers passages. Virage après virage, les trajectoires s’affinent, le regard porte plus loin, les mouvements deviennent plus fluides et la confiance augmente. Une pause entre 13 et 14 heures permet de reprendre des forces avant d’attaquer une après-midi organisée sur le même principe : observer, comprendre, appliquer, corriger… puis recommencer.
Des conseils qui valent de l’or
La journée se conclut par une session libre de vingt minutes permettant à chacun de mettre en pratique les enseignements reçus. Serrer les jambes contre le réservoir, transférer son poids d’un repose-pied à l’autre, accompagner la moto plutôt que la subir, regarder loin vers la sortie du virage, freiner avec précision avant de remettre progressivement les gaz… Tous ces gestes semblent évidents sur le papier. Pourtant, combien d’entre nous les appliquent réellement à chaque sortie ? Qui n’a jamais été surpris par un virage qui se referme ? Un tracteur au détour d’une route de campagne ? Une voiture immobilisée au mauvais endroit ? Dans ce genre de situation, ce ne sont pas quelques chevaux supplémentaires qui feront la différence, mais bien les automatismes acquis lors d’un entraînement comme celui-ci. L’un des conseils les plus marquants concerne le regard. Face à un obstacle, notre réflexe naturel consiste à fixer le danger. C’est pourtant exactement ce qu’il faut éviter. Il faut identifier l’obstacle, puis déplacer immédiatement son regard vers l’endroit où l’on souhaite passer. La moto suivra naturellement cette direction. Simple à comprendre, moins évident à appliquer.
Verdict
Pour quelques dizaines d’euros, la Mertens Riding School propose bien davantage qu’une journée sur circuit. C’est un véritable investissement dans sa sécurité et dans son plaisir de conduire. Que vous soyez débutant ou motard confirmé, ce stage vous permettra de corriger de mauvaises habitudes, d’améliorer votre technique et de reprendre la route avec davantage de sérénité. Au final, il vous fera peut-être gagner quelques dixièmes au tour mais surtout il pourrait bien vous éviter LA chute que nous redoutons tous. Le circuit de Mettet est plus qu’un circuit, c’est un tracé plein d’embûches sur lequel on n’atteint pas des vitesses extraordinaires mais où tout est compliqué. Virages en dévers, virages rapides, virages lents et qui se referment, trajectoires surréalistes, tout est fait pour vous obliger à mettre en pratique les bons conseils du jour. Mettet XP (expérience) mérite bien son nom.
KTM 990 RC-R : la moto du jour
Vous trouverez d’autres présentations de cette magnifique 990 RC-R ici. Pour ma part, il n’était pas question de passer à côté de cette KTM sous prétexte qu’un de mes collègues l’avait déjà prise en main. J’ai donc profité de cette journée de stage – mon traditionnel rendez-vous annuel de remise à niveau – pour me glisser à son guidon. La position de conduite est résolument orientée circuit : haut perché sur l’arrière, basculé sur l’avant. À l’arrêt, la chaleur dégagée par le bicylindre vient rapidement réchauffer les mollets. Mais dès que la première est enclenchée, c’est une véritable claque dans le casque : cette sportive se révèle étonnamment facile à piloter. Le premier run de vingt minutes me fait rapidement comprendre qu’il n’y a qu’un seul mode de conduite à sélectionner : Track. L’écran TFT permet d’accéder facilement à une multitude de réglages, à condition de savoir précisément ce que l’on souhaite modifier. Et les possibilités sont nombreuses !
En revanche, je ne parviendrai jamais à trouver le compromis idéal pour les suspensions au fil des différentes sessions. Une moto trop ferme manque inévitablement de grip, comme me l’ont rappelé à plusieurs reprises quelques glissades de la roue arrière. Des réactions d’autant plus marquées que les pneumatiques, en fin de vie, n’offraient plus leur niveau d’adhérence optimal. Mieux valait donc rester vigilant. Au final, affichée à un tarif finalement raisonnable de 15 999 €, cette 990 RC-R s’impose comme une hypersportive aussi accessible qu’efficace. Son look spectaculaire, sa finition soignée et son caractère bien trempé en font une machine particulièrement séduisante. En contrepartie, son tempérament affirmé et la fermeté de ses suspensions la destinent davantage aux sorties sportives sur un revêtement impeccable qu’aux routes dégradées. Une chose est sûre : cette KTM possède déjà tous les ingrédients d’un futur collector et ne manquera pas de séduire les pilotes les plus sportifs d’entre nous.
Photos : MBO – Marc Bossiroy
Données techniques KTM 990 RC-R
| MOTEUR | |
| Type | Bicylindre en ligne LC8c, 4-temps, refroidissement liquide, distribution par double arbre à cames en tête |
| Cylindrée | 947 cc |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Alimentation | Injection électronique |
| Embrayage | Multidisque en bain d’huile à glissement limité |
| Boîte de vitesses | 6 rapports |
| Transmission finale | Chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 127,84 ch (94 kW) @ 9.500 tr/min |
| Couple maximum | 103 Nm @ 6.750 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | Ride-by-wire, contrôle de traction, 5 modes de conduite (Rain, Street, Sport, Custom, Track) |
| Partie cycle
|
ABS en courbe (4 modes) |
| PARTIE CYCLE | |
| Cadre | Moteur porteur dans cadre en acier chrome-molybdène |
| Suspension avant | Fourche inversée WP de 48 mm réglable en compression et détente |
| Suspension arrière | Amortisseur WP APEX à gaz réglable |
| Options de réglage | Régulation électronique semi-active |
| Débattement av/ar | 147 mm / 134 mm |
| Frein avant | 2 disques flottants Brembo de 320 mm, étriers Brembo à 4 pistons, maitre-cylindre PR16/19-21 réglable |
| Frein arrière | Disque de 240 mm, étrier simple piston |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1481 mm |
| Angle de chasse | 65,8° |
| Chasse | 98,5 mm |
| Hauteur de selle | 845mm |
| Réservoir | 15,7 litres |
| PRIX | à partir de 15.999 € |
