KTM 300 EXC CHAMPION EDITION : Un bond dans le (2) temps
Depuis que l’injection a fait son apparition dans les moteurs deux temps, le mode d’emploi de ces moteurs autrefois très exigeants en matière de pilotage a fait place à une conduite tout à la fois souple et énergique. La KTM 300 EXC dans sa version « Champion Edition » est le parfait exemple en matière de facilité de conduite. Balade de 1500 kilomètres en Aragon.
Facile
Chez KTM, le 300 2 temps est une motorisation que l’on connait bien et que l’on a appris à apprivoiser très sérieusement depuis 1990 avec en 2018 une formidable ascension et l’apparition du système TPI qui injecte et mixe avec précision la quantité d’huile nécessaire à la bonne lubrification et combustion du mélange. Sur le devant de la colonne de direction, un bouchon type ¼ de tour vous donne accès au réservoir d’huile, situé dans le cadre, d’une contenance de 0,7 litre. De quoi parcourir environ 500 kilomètres. Avant de grimper sur la selle « Factory » orange au design si particulier censé empêcher le pilote de glisser sur cette dernière, la version Champion Edition se singularise par son cadre orange, son système de refroidissement, sa cartographie a deux niveaux, son disque de frein semi-flottant, ses protections tant au niveau du moteur que du cadre. En fait, ce que l’on trouve sur quasi toutes les KTM 300 EXC ! Si ce n’est un prix de vente fixé à 12.515 € pour cette Champion. Deux modes de conduite sont proposés et j’opterai toujours pour le second, le vert dit « off-road ». Les versions 2025 se différencient principalement avec des aménagements au niveau de la partie-cycle et de nouveaux supports moteurs. A présent, place à l’action.
Du bout des doigts
Comme toujours avec les enduros actuelles, mesurer moins d’un mètre quatre-vingt est un handicap pour qui veut chevaucher par monts et par vaux. Au détriment de la performance, je choisis la stabilité en réglant toutes les suspensions au plus soft afin de descendre la hauteur de selle de quelques millimètres. Une opération des plus simple car tout est ajustable sans outils en tournant les petits leviers adéquats répartis sur les organes d’amortissement. De quoi configurer en quelques secondes sa moto pour tous types de terrain. Mais ne vous y trompez pas, les suspensions seront toujours beaucoup trop fermes pour mes 65kg. L’Aragon, c’est une terre d’accueil inégalable où la population et les forces de l’ordre acceptent avec plaisir le passage de motos et 4×4. Avec comme règle essentielle de respecter les promeneurs et les vttistes en ralentissant comme il se doit. La mixité des paysages et du relief me permettent le 1er jour de profiter de 240 km de pistes assez rapides en direction de Belchite et d’Alcaniz. La légèreté de la machine m’autorise une belle tenue de cap et de beaux freinages. Je limite volontairement ma vitesse à 80 km/h tant sur les pistes que sur les rares portions de route. A ce régime, le moteur ronronne et est en dehors des à-coups que l’on ressent fréquemment avec les deux temps.
Une halte au pied des ruines de Belchite après une première panne d’essence à 200m de la station-service me donne l’autonomie exacte de cette 300 EXC, à savoir 136 kilomètres. Et ce malgré la présence encore importante de carburant dans le réservoir transparent. Le positionnement de la pompe à essence dans le réservoir est incontestablement mal agencé ! Je ne remplirai d’ailleurs que 8 litres alors que la contenance donnée par le constructeur est de 9 litres. La fin de la journée se déroulera sans problème avec une autre centaine de kilomètres à enquiller jusqu’au Parador d’Alcaniz sur un tracé précédemment utilisé par la Baja Aragon. Si vous voulez payer très cher et manger très mal, le Parador d’Alcaniz est la bonne place. Situé au point culminant de la ville, c’est un bel endroit, une vieille construction mais en travaux. De bonnes raisons pour éviter ce lieu d’hébergement surcoté.
Gués à gogo
L’Espagne ayant été arrosée copieusement les semaines précédentes, je profite du couple pour serpenter entre les pierres dévalées sur les pistes ou qui pullulent lors des franchissements des cours d’eau. Tout en évitant les glissades sur les radiers bétonnés recouverts de belles algues bien vertes et bien glissantes. La traversée de nombreuses zones forestières entre Alcaniz et Teruel sont l’occasion d’ouvrir et de fermer les barrières et de côtoyer vaches, brebis, chevreuils, renards et autres grosses salamandres vertes. L’inconvénient d’une moto trop haute pour soi consiste en la remise en mouvement après un arrêt en dévers sur un sol meuble et instable. Heureusement, une fois de plus la légèreté de cette 300 est exceptionnelle, un rien supérieur à 100 kg ! Le soleil qui nous accompagne depuis le début sèche rapidement mes bottes et c’est après une fin de piste cassante que je rejoins un autre Parador, celui de Teruel. Pas du tout la même musique qu’à Alcaniz. Tarif correct, nourriture en suffisance et de qualité. Bonne adresse ! Déjà 700 kilomètres d’effectués au guidon de ce poids plume dont je ne peux que vanter les qualités. Après +/- 500 km le témoin d’huile pour le mélange s’allume et il ne faut pas trainer pour acheter les petites recharges de 250ml vendues dans toutes les stations-services en Espagne au prix de 3,50€. Le bouchon d’1/4 de tour est facilement accessible, pour autant que vous retiriez également celui du réservoir d’essence.
Cap au nord
Au vu de ma conduite souple et mesurée, à l’inverse de ce que l’on attendait autrefois d’une motorisation 2 temps, les pneus ont conservé leur profil originel au grip excellent. Encore une longue et belle journée de 240km qui va nous conduire jusqu’à Calatayud en passant par Molina de Aragon pour un ravitaillement en essence et en nourriture indispensable. Ce sera ma seconde panne d’essence mais afin de récupérer une bonne dizaine de kilomètres d’autonomie, je couche la moto sur le côté droit pour transvaser le précieux liquide de la partie gauche vers la partie droite du réservoir. D’où la pompe peut aspirer à nouveau de quoi alimenter la pompe à injection. Un hôtel en centre-ville avec parking souterrain sera notre étape pour deux nuits. Calatayud, c’est une ville entourée de montagnes que nous ne cesserons d’escalader avec un magnifique passage dans un environnement digne de Monument Valley. Avec déjà plus de 1400 km au compteur, la moto en avait 220 en partant de chez KTM à Gembloux, il est temps de retendre la chaîne et de changer le filtre à air. Propre comme à l’origine vu que je roule toujours seul ou 1er de cordée. Pour rejoindre Saragosse, dernière étape de ce périple en Aragon, j’emprunte à nouveau une cession trialisante durant les 40 premiers kilomètres avant de rejoindre Borja pour attaquer un retour vers notre point de départ via des véritables pistes de dirt-track très rapides.
Conclusion
Sans concurrence, par rapport aux 4 temps, en matière de maniabilité et de légèreté, l’achat d’une 300 EXC est une évidence si vous souhaitez vous adonnez à l’enduro de temps en temps. La consommation, 6 litres minimum, est évidemment supérieure aux moteurs à soupapes et un changement de piston s’impose régulièrement mais quelle facilité de conduite ! Reste tout de même à sortir les 12.515€ pour acquérir cette Champion Edition, ça fait cher la balade interdite dans notre pays. Une bonne raison pour s’expatrier le temps d’une randonnée. J’y retourne d’ailleurs en septembre, vous venez ?
| Les plus | Les moins |
| Tellement facile | Tarif évidemment |
| Couple et reprise | Selle vraiment inconfortable |
| Simplicité d’utilisation | Suspensions toujours trop dures |
| Embrayage doux et précis | Autonomie visuelle mensongère |
Données techniques et tarif de la KTM 300 EXC CHAMPION EDITION
MOTEUR
Type : monocylindre 2T à refroidissement liquide
Cylindrée : 293,15 cc
Alésage x course : 72 x 72 mm
Embrayage : commande hydraulique, multidisque en bain d’huile
Boîte de vitesses : à 6 rapports
Transmission finale : par chaîne
PRESTATIONS
Puissance maximum : NC (+/- 49 cv)
Couple maximum : NC (+/- 43,8 Nm)
ELECTRONIQUE
Moteur : contrôle de la traction, ABS
PARTIE-CYCLE
Cadre : double berceau tubulaire en acier
Suspension avant : fourche inversée de 48 mm, déb 300 mm
Possibilités de réglage : entièrement réglable
Suspension arrière : mono-amortisseur, déb 310 mm
Possibilités de réglage : entièrement réglable
Frein avant : un disque de 260 mm, étrier flottant Brembo à deux pistons
Frein arrière : un disque de 220 mm, étrier à simple piston
DIMENSIONS & POIDS
Empattement : 1489 mm
Hauteur de selle : 963 mm
Poids TPF : 104,9 kg
Réservoir : 9 l
PRIX
Champion Edition : 12.515 euros (modèle de base à partir de 12.065 euros)
