Essai nouveauté : Triumph Bonneville T100 & Scrambler 900 2026

Les modèles emblématiques d’une marque comme Triumph méritent toute l’attention. Le constructeur d’Hinckley en est bien conscient. Quand on dit « Bonneville », on pense soit au désert de sel américain, soit à la gamme vintage de la célèbre marque britannique. Dans cet essai, nous combinons ces deux univers, avec les modèles 2026 de la Bonneville T100 et du Scrambler 900 que nous avons découvert en Californie.

Texte : Gijs Gilis

Pas d’essai comparatif

Un duo étrange pour cet essai, diront certains d’entre vous. Car qu’ont en commun une Bonneville classique et un Scrambler sauvage ? La réponse est simple : le moteur. Le bicylindre vertical de 900 cm3 développe 65 ch et 80 Nm sur les deux versions, mais la puissance et le couple maximaux sont atteints à des régimes légèrement différents. Et c’est seulement en les conduisant l’une après l’autre que l’on peut sentir cette petite différence.

C'est ce qui permet de distinguer un T100 d'un T120.

Un classique revisité

Au-delà du moteur, les T100 et Scrambler 900 redéfinissent le concept même de « moto ». La Bonneville aux lignes classiques a été légèrement modernisée pour 2026 avec un éclairage LED, une connexion USB-C et, bien sûr, de nouveaux coloris. Pour ce qui est moins visible, elle bénéficie de nouveaux modes de conduite (Road et Rain), d’un ABS en virage et d’un contrôle de traction. Le régulateur de vitesse est une nouvelle option. Le Scrambler 900 a fait l’objet d’une rénovation plus importante, mais nous y reviendrons plus tard. Commençons par l’essai de la T100.

Sous-couches thermiques

Oceanside, sur la côte ouest des États-Unis, à 50 km au nord de San Diego, est notre point de départ aujourd’hui. Contre toute attente, le temps est frais et gris. Pas un rayon de soleil ne perce à travers l’épaisse couche nuageuse qui recouvre la région côtière. Heureusement, après 20 minutes de route vers l’intérieur des terres, le ciel s’éclaircit complètement. Au premier arrêt, je retire habilement mes sous-couches thermiques et enfile mes lunettes de soleil avec précision.

Nouveau phare à LED avec DRL.

Californie ou Espagne ?

Il est clair que le rythme est plutôt tranquille aujourd’hui. Non seulement parce que, comme il se doit, nous roulons aux États-Unis, mais aussi parce que la Bonneville ne vous incite en aucune façon à adopter une conduite sportive. Même pas sur les belles routes sinueuses de montagne de cette région intérieure, qui rappelle d’ailleurs beaucoup l’Espagne. La T100 n’a tout simplement pas d’aspirations sportives, et il n’y a rien de mal à cela. Avec ses 900 cm3, le moteur a suffisamment de souffle pour développer une puissance de 65 ch. Et cela se ressent. Le bicylindre tourne en douceur et reprend aussi facilement. Jamais agressif ni nerveux. Mais vous ne manquez pas de puissance. Laissez-le tourner, tout va bien.

Ronronnement du twin parallèle

Si vous décidez tout de même d’accélérer un peu plus, parce que l’envie vous démange trop, vous atteindrez rapidement les limites des suspensions, des freins et de l’angle d’inclinaison. Pas aussi vite qu’avec un cruiser, mais plus vite qu’avec un roadster sportif. La Bonneville n’est toutefois pas avare en sensations. Le bruit du moteur est excellent, sans aucun doute. Vous entendrez le ronronnement caractéristique du twin parallèle, si typique de la Bonneville. Jamais bruyant ni exagéré, mais plutôt distingué et adapté au modèle. Car même si la T100 est la petite sœur de la T120, dont l’essai paraîtra plus tard, vous n’entendrez pratiquement aucune différence entre les deux modèles.

Compteurs ronds

Ce n’est pas seulement la vue d’une Bonneville qui passe qui est agréable. Une fois en selle, vous découvrez quelque chose que l’on ne voit plus ou presque plus sur les motos modernes : deux compteurs ronds. Avec des aiguilles ! De vraies aiguilles ! Ce n’est pas que vous les regardiez en permanence, mais cela procure une certaine sérénité de voir l’aiguille bouger sur le compte-tours. C’est merveilleux.

Mal aux fesses

Après une demi-journée passée au guidon de la Bonneville T100, il est temps de passer au Scrambler 900. Ce n’est pas une punition, car malgré la selle épaisse, je sens déjà quelques douleurs au niveau des fesses. Espérons que la selle du Scrambler soit un peu plus moelleuse. En tout cas, il a déjà fière allure. Tout sur ce Scrambler 900 a fière allure ! Il a d’ailleurs été renouvelé de manière beaucoup plus radicale que la T100, sans pour autant vouloir faire de comparaison.

Inimitable

Pour rester dans le thème de la selle, celle-ci a été affinée. Le réservoir d’essence a également été redessiné, les panneaux de carrosserie et l’échappement ont été affinés, un tableau de bord LCD avec un petit écran TFT intégré a été ajouté, ainsi qu’un port USB-C et un éclairage LED. Les innovations se poursuivent au niveau du châssis, avec de nouvelles suspensions Showa, un étrier de frein avant radial, des jantes en aluminium, un ABS en virage et un contrôle de traction. Tout comme pour la T100, la finition et le souci du détail sont ici d’un niveau exceptionnellement élevé. Triumph est inimitable dans ce domaine.

Collecteur d’échappement

Les nouveaux coloris du Scrambler ont également été choisis et réalisés avec goût. Regardez aussi le coude prononcé du collecteur droit qui doit se raccorder au silencieu placé en position haute. Le tableau de bord est malheureusement dépassé. Triumph utilise depuis longtemps un modèle similaire sur la Trident 660 et la nouvelle 800, mais il ne semble pas très moderne. Les informations affichées sont également trop petites.

Mauvaise disposition, car tout est trop petit.

Manque de punch

Ce qui est plus important et surtout plus intéressant, c’est la conduite du Scrambler 900. Comme nous l’avons déjà mentionné, le moteur est le même que celui de la T100, mais on sent bien que cette moto est plus sportive et plus agréable à conduire. Cela commence par des suspensions nettement améliorées qui, combinées à une garde au sol plus importante des repose-pieds dans les virages, rend la conduite plus amusante et moins sérieuse. L’inconvénient est que l’on aimerait que le moteur ait un peu plus de punch, ce qui ne manque pas sur la Bonneville. Pas beaucoup plus, juste un petit peu plus.

Magnifique double sortie d'échappement en position haute. Remarquez également la courbe extrême du collecteur droit.

Chaude

Je n’ai rien à redire sur le freinage avant. Il est très performant, même s’il ne comporte qu’un seul disque. Question confort, vous ne risquez pas d’avoir froid aux jambes sur le Scrambler 900, surtout à droite, car la double sortie d’échappement haute garde votre jambe bien au chaud à tout moment. Même lorsqu’il fait plus de 20 degrés, comme ici. Ce n’est pas une critique, juste une remarque.

Jouer avec le Scrambler

Heureusement, il existe une solution : se mettre debout ! Et justement, un chemin en gravier apparaît sur notre route. Beaucoup de scramblers ont l’apparence, mais pas les capacités nécessaires pour rouler sur ce genre de revêtement. Ce n’est pas le cas du Scrambler Triumph. Il peut aussi se débrouiller sur ce genre de routes en mauvais état, sablonneuses ou plein de caillasse.

Mode Off-Road

Les pneus à sculptures offrent suffisamment de confiance pour s’amuser et révéler l’enfant qui sommeille en vous. C’est exactement à cela que sert un scrambler, n’est-ce pas ? Outre les modes Road et Rain, il existe même un mode Off-Road, qui réduit l’intervention de l’ABS à l’avant et le désactive à l’arrière. J’espérais donc pouvoir faire un tour sur la plage, mais cela n’a malheureusement pas été possible. Peut-être la prochaine fois ? En tout cas, elle peut le faire…

Conclusion

La Bonneville T100 et le Scrambler 900 n’ont pas beaucoup changé pour l’année modèle 26. La T100 bénéficie principalement de mises à jour esthétiques et fonctionnelles, tandis que le Scrambler a été quelque peu remanié par les brillants ingénieurs de Triumph. La Bonneville est et restera encore longtemps un classique intemporel. Avec de nouveaux coloris, un éclairage LED et un port USB pratique, elle est à nouveau dans l’air du temps. Le Scrambler 900 tente de maintenir en vie le genre, bien que celui-ci soit de moins en moins populaire ces derniers temps. Triumph réussit néanmoins à faire du Scrambler 900 une machine élégante, agréable à conduire et plaisante.

Photos : Triumph

Les plus et les moins

Triumph Bonneville T100

Les plus Les moins
Moteur souple Douleurs au niveau de la selle
Compteurs ronds Pas pour les sportifs
Charisme Pas vraiment pour les jeunes

Triumph Scrambler 900

Les plus Les moins
Design réussi (renouvelé) Tableau de bord à l’ancienne
Finitions Échappement haut qui chauffe la jambe
Convient également aux chemins en gravier Le moteur pourrait avoir plus de punch

Données techniques

 

TRIUMPH BONNEVILLE T100

MOTEUR

Type : bicylindre vertical à refroidissement liquide

Cylindrée : 900cc

Alésage x course : 84,6 x 80 mm

Taux de compression : 11,1:1

Embrayage : multidisque en bain d’huile, assisté

Boîte de vitesses : à 5 rapports

Transmission finale : par chaîne

PRESTATIONS

Puissance maximum : 65 ch (47,8 kW) @ 7.000 tr/min

Couple maximum : 80 Nm @ 3.750 tr/min

ÉLECTRONIQUE

Moteur : modes de conduite

Partie-cycle : contrôle de traction, ABS en virage

PARTIE-CYCLE

Cadre : tubulaire en acier

Suspension avant : fourche à cartouche KYB de 41 mm

Options de réglage : /

Suspension arrière : deux amortisseurs KYB (RSU)

Options de réglage : précharge du ressort

Débattement av/ar : 120/120 mm

Frein avant : un disque de 310mm, étrier flottant Nissin à deux pistons

Frein arrière : un disque de 255mm, étrier flottant Nissin à deux pistons

Pneumatique  av/ar : 100/90-R18, 150/70-R17

DIMENSIONS

Empattement : 1.450 mm

Angle de chasse : 25,5°

Chasse : 104 mm

Hauteur de selle : 790 mm

Réservoir : 14,5 litres

Poids TPF : 228 kg

PRIX

À partir de 12.195 €

 

 

TRIUMPH SCRAMBLER 900

MOTEUR

Type : bicylindre vertical à refroidissement liquide

Cylindrée : 900cc

Alésage x course : 84,6 x 80 mm

Taux de compression : 11,1:1

Embrayage : multidisque en bain d’huile, assisté

Boîte de vitesses : à 5 rapports

Transmission finale : par chaîne

PRESTATIONS

Puissance maximum : 65 ch (47,8 kW) @ 7.250 tr/min

Couple maximum : 80 Nm @ 3.250 tr/min

ÉLECTRONIQUE

Moteur : modes de conduite

Partie-cycle : contrôle de traction, ABS en virage et déconnectable

PARTIE-CYCLE

Cadre : tubulaire en acier

Suspension avant : fourche inversée Showa de 43 mm

Options de réglage : /

Suspension arrière : deux amortisseurs Showa avec réservoirs externes

Options de réglage : précharge du ressort

Pneumatique av/ar : 120/120 mm

Frein avant : un disque flottant de 320mm, étrier radial à 4 pistons

Frein arrière : un disque de 255mm, étrier flottant Nissin à deux pistons

Pneumatique av/ar : 100/90-R19, 150/70-R17

DIMENSIONS

Empattement : 1.445 mm

Angle de chasse : 25,8°

Chasse : 112 mm

Hauteur de selle : 790 mm

Réservoir : 12 litres

Poids TPF : 221 kg

PRIX

À partir de : 12.295 €

Équipement de Gijs

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