Essai nouveauté SYM TTLBT : mieux que Michelangelo
SYM ajoute un nouveau modèle phare à sa gamme. Un modèle pour lequel il n’est plus nécessaire d’ajouter des options, tout simplement parce que presque tout ce que l’on peut imaginer est déjà inclus de série. Sous le soleil de la Sardaigne, près d’Olbia, nous découvrons si ce scooter de luxe est à la hauteur de toutes les attentes. Ou devrions-nous plutôt dire : cette tortue de luxe ?
Texte : Charly de Kinderen
Une tortue de luxe, me direz-vous ? Il ne s’agit pourtant pas d’une allusion larmoyante à un manque de vitesse, bien au contraire. C’est le nom que les Taïwanais ont eux-mêmes choisi pour leur nouveau scooter de tourisme sportif. C’était donc la question qui brûlait les lèvres de presque tous les journalistes présents : que signifie donc TTLBT ?
Tortue
TTL s’avère être l’abréviation de « turtle », qui signifie « tortue » en anglais. Bien que nous, Européens, ne soyons pas immédiatement enclins à associer une tortue à un scooter, on voit les choses tout autrement à Taïwan. Dans la culture asiatique, la tortue symbolise la protection, la perfection et la longévité. Chez nous, ce reptile pourrait faire référence au célèbre quatuor pratiquant les arts martiaux, les tortues Ninja et Michelangelo (le plus rapide des quatre). Que des qualités positives, donc. Les lettres BT signifient quant à elles « Best Technology ». Cela me fait sourire. Un nom qui attire l’attention, mais vu l’abondance de technologies dont ce deux-roues est équipé, on peut y voir un certain sens.
Différences culturelles
SYM est peut-être une marque taïwanaise, mais la présentation du TTLBT est en grande partie orchestrée par un groupe d’Italiens enthousiastes. Malgré la présence d’une importante délégation d’ingénieurs et de responsables produit, l’organisation italienne apporte une touche de chaos contrôlé. Je dois donc me rappeler à plusieurs reprises que je roule avec un produit asiatique et non avec un maxiscooter italien.
Avec un peu de retard, nous partons enfin pour un tour autour d’Olbia. On monte sur le maxiscooter comme sur une moto. Il faut passer la jambe par-dessus la selle, car le moteur est placé en position centrale dans le cadre et non à l’arrière comme sur de nombreux scooters traditionnels. Cela présente des avantages évidents pour la tenue de route et la répartition du poids, mais également un inconvénient.
Sous la selle, l’espace de rangement est plus restreint que sur certains modèles concurrents. Alors qu’ailleurs, on peut facilement y ranger deux casques intégraux, le TTLBT ne peut en accueillir qu’un seul. Les valises latérales montées de série sont elles aussi plutôt modestes en taille. Elles ne sont par exemple pas assez spacieuses pour un ordinateur portable ou d’autres objets volumineux.
Liberté de mouvement
Je suis encore moins convaincu par la manière dont les coffres s’ouvrent. Bien que le maxiscooter soit équipé d’un système de démarrage sans clé, il faut tout de même retirer la clé physique de son support électronique pour accéder aux coffres. Cela semble plutôt fastidieux et va à l’encontre de la facilité d’utilisation d’un système keyless.
Dès les premiers kilomètres, on remarque à quel point le TTLBT semble spacieux. Avec mes 1,90 m, j’ai largement assez de liberté de mouvement et mes genoux ne heurtent jamais le guidon lorsque je prends un virage lent. Un détail peut-être, mais un détail qui m’agace régulièrement sur certains scooters plus petits. Côté confort également, le SYM ne fait pas de compromis, avec des suspensions agréables et une selle spacieuse qui amortissent bien les routes en mauvais état de la Sardaigne. La hauteur du pare-brise est facilement réglable électriquement. De plus, les poignées chauffantes sont de série.
Ralentis, le temps passe vite
C’est avec le slogan “Slow Down, Time Flies” que le TTLBT est commercialisé. Encore un choix quelque peu paradoxal, car ce maxi-scooter est tout sauf lent. Avec ses 45,5 ch et ses 50 Nm, on dispose toujours d’une réserve suffisante de puissance sur les routes sardes pour suivre le flux de la circulation ou effectuer une manœuvre de dépassement. Le bicylindre parallèle fait un travail exemplaire et peut être réglé via trois modes de conduite.
Personnellement, je ne sens pratiquement aucune différence entre les modes de conduite. Avec le niveau de puissance disponible, je trouve ce genre de réglages plutôt superflus. Le régulateur de vitesse fait également partie de l’équipement de série. Sur les routes sinueuses autour d’Olbia, le système est moins utile, mais pour les navetteurs quotidiens et les grands rouleurs, ce sera sans aucun doute un atout apprécié.
En matière de sécurité également, SYM met les moyens. Le TTLBT intègre les tout derniers composants électroniques Bosch, grâce auxquels une IMU et divers capteurs surveillent en permanence les conditions de conduite. Cela permet à l’ABS et au contrôle de traction d’intervenir plus rapidement et avec plus de précision lorsque cela s’avère nécessaire. Cette même technologie permet également l’éclairage en virage.
Conclusion
Ce TTLBT est un nom à rallonge, mais il a beaucoup à offrir en contrepartie. C’est un maxiscooter tel qu’un maxiscooter se doit d’être : puissant, confortable et équipé de tout ce dont on peut rêver. L’équipement est d’ailleurs si complet que je ne mentionne l’écran tactile avec Apple CarPlay qu’à présent. Côté esthétique, le SYM marque également des points grâce à ses choix de design audacieux. Le TTLBT est particulièrement élégant dans sa finition bleu foncé satiné.
Avec un tarif de 10 999 €, il s’agit certes d’un investissement conséquent, mais le TTLBT se positionne en même temps de manière remarquablement compétitive par rapport aux concurents japonais et coréens. Si l’on tient compte de l’équipement de série et de la technologie, on en a vraiment pour son argent.
Après une journée passée à sillonner les routes sardes, je me surprends une fois de plus à me demander pourquoi plus de gens n’optent pas pour un maxiscooter. Son confort, son aspect pratique et sa facilité d’utilisation sont difficiles à ignorer. Le TTLBT y ajoute en outre une bonne dose de luxe, de technologie et d’élégance, sans pour autant perdre de vue sa mission première : avaler les kilomètres de manière détendue et efficace.
Les plus et les moins
| Les plus | Les moins |
| Apple CarPlay | Espace de rangement limité sous la selle |
| Moteur bicylindre souple | Valises latérales de petite dimension |
| Équipements de série | Ouverture des valises latérales |
| Confort |
Données techniques SYM TTLBT 2026
| MOTEUR | |
| Type | bicylindre à refroidissement liquide, DACT |
| Cylindrée | 508 cc |
| Alésage x course | 68 x 70 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | n.c. |
| Alimentation | Injection électronique |
| Embrayage | variateur |
| Boîte de vitesses | / |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 45,6 ch (33,5 kW) @ 6.750 tr/min |
| Couple maximum | 49,9 Nm @ 5.250 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | Ride by wire, modes de conduite, régulateur de vitesse, connectivité |
| Partie-cycle | ABS et antipatinage en virage, TPMS |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | tubulaire en acier |
| Suspension avant | fourche inversée de 41 mm |
| Options de réglage | / |
| Suspension arrière | mono-amortisseur multilink |
| Options de réglage | précharge |
| Débattement av/ar | 120 / 40 mm |
| Frein avant | deux disques wave de 275 mm, étriers à quatre pistons |
| Frein arrière | un disque de 275 mm, étrier simple piston |
| Pneumatique av/ar | 120/70 X 15 / 160/60 X 15 (Maxxis SuperMaxx) |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.543 mm |
| Angle de chasse | n.c. |
| Chasse | n.c. |
| Hauteur de selle | 780 mm |
| Poids TPF | 254 kg |
| Réservoir | 16 litres |
| PRIX | |
| À partir de | 10.999 euros |
