À la rencontre du Maibaum en Yamaha Tracer 9 GT+
Suivant à la lettre le dicton « En mai, fait ce qu’il te plaît », nous avons pris la route, en ce début du mois de mai, en direction du nord du Grand-Duché de Luxembourg. Pour nous accompagner, il nous fallait une moto polyvalente alliant confort et sportivité. C’est dans la gamme Sport Touring du constructeur aux trois diapasons que nous avons trouvé notre bonheur avec la Tracer 9 GT+.
Technologiquement, ce modèle est le plus abouti chez Yamaha. Il embarque ce qui se fait de mieux actuellement sur le marché en aides au pilotage, avec notamment un régulateur de vitesse adaptatif, un système de freinage unifié, une alerte de collision frontal et système de détection des angles morts. De plus, il est proposé d’office avec le système Y-AMT, la boîte de vitesses robotisée, qui est proposée en option sur les versions Standard et GT. Conçue pour le grand tourisme, la moto reçoit également une paire de valises équipées d’un éclairage intégré et d’un verrouillage électrique, ainsi que l’aide au démarrage en côte, des suspensions électroniques, une bulle à réglage électrique, des poignées chauffantes, le système Smart Key et les phares matriciels à LED adaptatifs, contrôlés par caméra. Ces équipements sont également proposés de série sur la version GT, à l’exception du système Y-AMT.
Préparation
Il est temps de charger la moto pour ce petit périple qui nous conduira à la charmante ville de Wiltz, où nous établirons notre camp de base. Les valises, aux formes insolites, permettent néanmoins d’y loger un casque intégral. D’une contenance de 30 litres chacune, elles sont plus que suffisantes pour ce petit week-end. Par contre, il est impossible d’y caser la glacière, qui prend place sur la selle passager. La selle du conducteur est réglable sur deux hauteurs : 845 ou 860 mm. J’opte pour la position la plus basse, qui correspond le mieux à mon mètre septante et me permet de garder les pieds bien à plat au le sol. Après avoir exploré et sélectionné les nombreux réglages disponibles, qu’il s’agisse de l’interface du tableau de bord ou des modes de conduite, nous prenons la route pour traverser les provinces de Namur et de Luxembourg par les petites routes.
En mode automatique
La météo est annoncée variable, mais nous sommes optimistes pour cette première journée de roulage. Je me suis déjà familiarisé avec le système Y-AMT, que j’ai testé sur d’autres modèles de la marque. C’est donc tout naturellement que j’opte pour le mode automatique D, le plus souple, que j’associe au mode de conduite Street. Celui-ci agit directement sur l’hydraulique des suspensions en optant pour des réglages plus souples. C’est toujours un peu déroutant, au départ, de se retrouver sur une moto dépourvue de sélecteur de vitesse et de levier d’embrayage. Mais, au bout de quelques dizaines de kilomètres, on s’y habitue facilement. Les démarrages sont doux et le système facilite fortement la traversée des zones urbaines encombrées, comme le centre de Dinant le week-end, par exemple. La Yamaha gère l’embrayage et la boîte de vitesses à votre place : un vrai jeu d’enfant.
Avis personnel
Ce qui est, par contre, plus déroutant lorsque la circulation devient plus fluide, ce sont les rétrogradages qui interviennent au moment où on ne s’y attend pas. Mais c’est avant tout une question d’habitude. Pour le reste, cette moto est vraiment confortable, avec une protection efficace grâce à la bulle, facilement réglable électriquement en hauteur. En jouant avec le joystick du commodo gauche, c’est un jeu d’enfant. En revanche, je ne me ferai jamais à la commande des clignotants que Yamaha a adopté pour plusieurs de ses modèles, pas plus qu’à l’impossibilité de désactiver leur rappel automatique. Je reconnais que c’est tout à fait personnel, mais je préfère contrôler moi-même l’arrêt des clignotants.
En mode manuel
C’est toujours un plaisir de retrouver ce superbe moteur CP3, dont le couple est disponible à tous les régimes et qui dispose d’une belle réserve de puissance. Avec 119 ch et 93 Nm disponibles, la Tracer 9 GT+ répond à toutes mes attentes. Après une matinée déjà excellente et un petit pique-nique au bord de l’Ourthe, je configure le système Y-AMT en mode manuel MT avant de reprendre la route. Dorénavant, c’est moi qui décide quand monter ou descendre les rapports de la boîte de vitesses à l’aide de la commande à double effet placée sur le commodo gauche. En faisant juste travailler le pouce et l’index, je sélectionne le rapport de mon choix : c’est aussi simple que ça. Et si par mégarde, j’oublie de rétrograder à l’approche d’un rond-point, par exemple, l’Y-AMT le fait à ma place. Voilà un système particulièrement bien pensé !
L’Eifel
Et c’est en fin d’après-midi que nous pénétrons dans le Grand-Duché de Luxembourg avant de rejoindre Wiltz pour terminer notre journée. L’endroit est accueillant même si le centre-ville est un peu bruyant. Heureusement nous logeons un peu à l’écart, ce qui nous sera profitable pour passer une bonne nuit.
Le lendemain, après un petit-déjeuner copieux, nous prenons la route pour une boucle de 200 kilomètres qui va nous conduire vers le nord. Nous traversons d’abord la région des Cantons de l’Est et Saint-Vith, avant de franchir la frontière allemande pour rejoindre l’Eifel. Cette magnifique région est un véritable paradis pour les motards, qui sont d’ailleurs très nombreux aujourd’hui. C’est incroyable comme, après si peu de kilomètres hors de notre territoire, nous sommes dépaysés. Tout ici est différent, à commencer par l’état général des routes, qui n’ont rien de comparable avec ce que nous connaissons en Belgique. C’est également le cas au Grand-Duché, mais l’Eifel possède un je-ne-sais-quoi de particulier.
Plus dynamique
Ah, j’avais oublié de préciser que, depuis ce matin, je roule en mode D+ de l’Y-AMT. Celui-ci est beaucoup plus dynamique, car il conserve les rapports plus longtemps avant de passer à la vitesse supérieure. C’est moins agréable lorsque l’on adopte un train de sénateur, comme c’est le cas aujourd’hui. En revanche, le bénéfice est réel : le frein moteur est plus présent. Je vous avoue que ce n’est pas mon mode préféré, ni le plus adéquat au rythme tranquille que nous avons adopté depuis notre départ, la vieille. Mais bon, il fallait le tester, et c’est maintenant chose faite.
Renouveau du printemps
Par contre, quelque chose m’intrigue depuis un bon moment. Lorsque nous traversons les petits villages pittoresque de la région, je remarque, à chaque fois, une sorte de mât surmonté d’une couronne de feuillage ornée de petits rubans colorés.
Renseignement pris, il s’agit d’une tradition bien ancrée ici, appelée le « mât de mai », ou Maibaum en allemand. Le mât est érigé le 30 avril ou le 1er mai afin de célébrer le renouveau du printemps et de la nature. C’est une jolie tradition, avec, à chaque traversée de village, la surprise de découvrir un Maibaum. Nous découvrons également de magnifiques paysages vallonnés, entrecoupés de vallées dans lesquelles coulent de jolies rivières comme la Prüm, l’Alfbach ou encore l’Our, qui marque la frontière entre le Grand-Duché et l’Allemagne.
J’ai testé, pendant quelques kilomètres, le mode de conduite Sport, qui apporte davantage de nervosité à la Yamaha, tant au niveau du moteur que des suspensions. Mais, comme expliqué plus haut, notre rythme de conduite plutôt tranquille ne convient pas vraiment à cette configuration. Je reviens donc naturellement aux réglages précédents, y compris pour le système Y-AMT, qui retrouve sa configuration manuelle MT.
Je profite de la pause de midi pour récupérer mon smartphone, qui était bien à l’abri dans le petit compartiment situé dans le flanc droit du carénage, où il se rechargeait tout en restant connecté. J’explore encore quelques paramètres du tableau de bord, notamment les modes de conduite personnalisables Custom 1 et Custom 2, qui offrent de nombreuses possibilités de réglage. Je manque malheureusement de temps pour les affiner et tester différentes combinaisons.
Déjà le retour
L’après-midi se poursuit au rythme des petites routes de la région. Avec une partie-cycle particulièrement aboutie, il est difficile de prendre cette Tracer 9 GT+ en défaut. Les suspensions et le système de freinage remplissent parfaitement leur mission, sans jamais en faire trop. Nous rejoignons finalement Wiltz pour notre dernière soirée, autour d’un barbecue bien mérité.
Le lendemain matin, nous découvrons un ciel nuageux qui n’annonce rien de bon. Nous ne traînons pas pour charger les motos et prendre la route de bonne heure. En ce début de mois de mai, il fait encore un peu frisquet et les poignées chauffantes sont immédiatement mises à contribution. Nous descendons vers le sud pour profiter encore un peu du magnifique réseau routier luxembourgeois, avant de repasser en Belgique par Martelange, où un arrêt carburant s’impose.
Retour à la réalité
Cette Yamaha se montre particulièrement frugale et ne réclame qu’un peu plus de quatre litres aux cent kilomètres. Avec son réservoir de 19 litres, l’autonomie est largement suffisante pour envisager de longues étapes. Nous longeons la Sûre sur quelques kilomètres avant de trouver un espace de pique-nique idéal.
En principe, il est prévu de poursuivre notre itinéraire par les petites routes secondaires, mais, au bout d’une petite heure, nous y renonçons. Leur état est pitoyable. Il faut dire que nous avons été choyés au Grand-Duché de Luxembourg et en Allemagne. Le retour à la réalité belge est quelque peu brutal. La décision est donc prise de rallier Saint-Hubert, puis Rochefort, par les routes nationales.
Après un dernier café partagé à la terrasse d’un établissement de la « Ville du Rire », chacun reprend sa route. Pour ma part, ce sera par Beauraing et Givet, avant de retrouver quelques petites routes sympathiques qui me sont familières. Ce week-end se termine sur une bonne note. Ouf ! J’ai évité de justesse la pluie, qui s’invite moins de cinq minutes après que la Tracer a retrouvé le garage.
Au final
Le bilan de cette escapade est largement positif. L’itinéraire, tracé par un membre de la famille, s’est révélé particulièrement agréable et nous a permis de découvrir de superbes régions, finalement situées à seulement quelques encablures de chez nous.
Pour couronner le tout, il y a cette Yamaha Tracer 9 GT+. J’avais brièvement découvert la version GT l’année dernière lors d’un essai comparatif. Avec cette GT+, on franchit un cap en matière d’aides à la conduite. Certains ne sont pas adeptes du régulateur de vitesse adaptatif ; pour ma part, je l’apprécie particulièrement. Dans certaines circonstances, il constitue une aide précieuse et renforce encore le confort sur les longs trajets.
Pour le reste, la Tracer 9 GT+ forme un ensemble particulièrement homogène. Son moteur CP3, sa partie-cycle, son niveau d’équipement et son système Y-AMT composent un cocktail redoutablement efficace, capable de combler les attentes des grands rouleurs… tout en donnant le sourire dès que la route se met à tourner.
Les plus et les moins
| Les plus | Les moins |
| Confort | Commande des clignotants |
| Équipements, protection | |
| Moteur |
Données techniques : Yamaha Tracer 9 GT+
| MOTEUR | |
| Type | Trois-cylindres en ligne CP3 à refroidissement liquide, DACT |
| Cylindrée | 890 cc |
| Alésage x course | 78 x 62,1 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | 11,5 :1 |
| Alimentation | injection électronique |
| Boîte de vitesses | 6 rapports Y-AMT |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 119 ch (87,5 kW) @ 10.000 tr/min |
| Couple maximum | 93 Nm @ 7.000 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | Modes de conduite, smart key, démarrage en côte, radar/régulateur de vitesse. |
| Partie-cycle | Contrôle de traction, de wheeling, de glissement, de freinage, feux matriciel, écran TFT, TPMS. |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | Périmétrique Deltabox en aluminium (Diamant) |
| Suspension avant | fourche inversée KYB de 41 mm |
| Options de réglage | Précharge, hydraulique réglable électroniquement |
| Suspension arrière | mono-amortisseur KYB |
| Options de réglage | Précharge, hydraulique réglable électroniquement |
| Débattement av/ar | 130 mm / 131 mm |
| Frein avant | deux disques de 298 mm, étriers radiaux à 4 pistons |
| Frein arrière | un disque de 267 mm, étrier simple piston |
| Pneumatique av/ar | 120/70 – R17, 180/55 – R17 (Bridgestone Battlax T32) |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.500 mm |
| Angle de chasse | 24,5° |
| Chasse | 106 mm |
| Hauteur de selle | 845/860 mm |
| Réservoir | 19 litres |
| Poids TPF | 232 kg |
| PRIX | |
| à partir de | 19.499 euros |
