avatar Pascal MoutonPascal Mouton    29 Oct 2022, 15:23    0   

La rubrique « j’hésite entre » est là pour aider les acheteurs potentiels qui ne peuvent pas se décider entre deux motos de la même marque très proches l’une de l’autre. Une situation que nous avons à peu près tous vécue à un moment ou à un autre. Allez-vous économiser de l’argent et opter pour le modèle le moins cher, ou préférez-vous un peu plus de puissance et d’équipements ? Un choix difficile, pour lequel nous aimerions vous aider. Parce que le plus cher n’est pas toujours le meilleur. Aujourd’hui, flashback sur les Seventies.

Héritage

Kawasaki a introduit la Z 900 RS, dérivée de la Z 900, en 2018. Surfant sur la vague du néo-rétro, le constructeur japonais profitait de la notoriété de sa 900 Z1, apparue en 1972, pour commercialiser une moto attractive qui connaîtra immédiatement un beau succès. Cette recette fonctionnant bien, ce dernier présente fin 2021, la Z650RS qui fait cette-fois référence à la Z 650-B1 sortie en 1977. Les deux motos reprennent la plupart des éléments esthétiques qui ont fait le succès de leurs aînées.

Modern Classic

De la «queue de canard» du becquet arrière, au réservoir et caches latéraux estampillés « en relief » Kawasaki, en passant par les cadrans analogiques en forme «d’obus». Les roues en alliage imitent assez bien les jantes à rayons qui étaient la norme dans les années septante. Question coloris, la 650 de notre essai reprend tip top le coloris Vert Candy Emerald qui a fait le succès de son aïeule. La 900 est pour l’instant disponible uniquement en Candy Tone Blue. Par contre pour ce test, nous disposons de la version SE qui arbore une robe Metallic Diablo Black bien plus valorisante. Question de goûts mais si on s’en tient à la version « normale », notre préférence va à la Z650RS.

Basiques

En dehors de l’atmosphère seventies qu’elles dégagent, nos deux RS ont un autre point commun. Elles sont toutes les deux dérivées d’un roadster. En effet, la Z650RS partage la même plateforme que la Z650 comme la Z900RS avec la Z900. Comme nous l’avions déjà constaté durant la confrontation entre la Z650 et la Z900, peu de pièces sont communes aux deux machines. On notera néanmoins que les deux RS partagent quelques éléments comme les rétroviseurs, les clignoteurs, l’éclairage de plaque, le bouchon de réservoir et le feu arrière. Pour le reste, tout est différent même si au premier regard, tout semble indiquer le contraire. Prenez le tableau de bord, il est configuré de la même manière avec une instrumentation à double cadran analogique complété par un écran LCD multifonctions. Mais les éléments internes sont différents. Autre exemple avec le réservoir qui fait 12 litres sur la 6 1/2 et 17 litres sur la 900. L’équipement général des deux roadsters néo-rétro est dans la logique identique et assez basique. Mais la 900 marque un point car elle possède un contrôle de traction réglable inexistant sur la 650.

Le prix du cheval-vapeur

Il n’est pas logique de comparer la puissance d’une moto de moyenne cylindrée comme la Z650RS avec une machine plus grosse comme la Z900RS. Par contre, il est opportun d’analyser le budget consacré à la puissance disponible.  A ce petit jeu, la 650 qui délivre 68 ch et qui coûte 8.499 € sera moins avantageuse que la 900 pourtant affichée à 12.699 € mais disposant de 111 ch. Un rapide calcul permet de constater que le « cheval-vapeur » revient à 124,98 € pour la 650 contre 114,40 € pour la 900. Avantage donc à la Z900RS dont le cheval-vapeur est moins onéreux.

Sur la route

Au guidon de ces deux machines, le plaisir est identique même si les sensations sont différentes. La position de conduite est assez relaxe et donne aux plus jeunes l’occasion de mesurer ce que c’était de rouler sur une moto « en ce temps-là ». Avec néanmoins la technologie d’aujourd’hui. Comme par exemple, le freinage qui n’a plus rien à voir avec ce que les motards des années septante ont connu. A ce petit jeu, les deux RS se valent, c’est évident. Kawasaki a merveilleusement équipé chaque modèle avec les équipements adéquats. Ca freine et ça tient le parquet comme il se doit. Par contre, côté suspensions, ces machines extrapolées de roadster sont suspendues … comme des roadsters.

Rendement de carburant optimal

Petite parenthèse pour la 900 de notre essai qui en version SE dispose de suspensions Öhlins bien plus performantes. Ne vous attendez donc pas à retrouver le confort d’une GT sur ces deux motos. A titre personnel, le confort de la selle de la 650 me convient mieux. Par contre pour le duo, la 900 est à son avantage. La selle est beaucoup plus spacieuse et permettra au passager d’être plus à l’aise. Car sur la 650, le pilote a tendance à « éjecter », par manque de place, le passager sur le garde-boue arrière. Les deux machines disposent d’un indicateur de conduite économique sous forme d’un symbole s’affichant sur le tableau de bord pour indiquer le rendement de carburant optimal. Ce qui incite inconsciemment le conducteur a garder le même rythme. Dès-lors, la consommation relevée durant cet essai était de 5,9 litres au cent sur la Z900RS pour 5,3 litres sur la Z650RS.

Nostalgie

Comme énoncé au paragraphe précédent, le plaisir est identique au guidon de ces deux RS, même si les sensations sont différentes. Par économie, Kawasaki a fait le choix de produire sa Z650RS sur base de la Z650. Et comme vous le savez tous, celle-ci est équipée d’un bicylindre vertical de 68 ch. Niveau puissance, on y est. Car la Z 650-B1 de 1977 sortait déjà 64 ch. Par contre, le 4-cylindre de l’époque à fait place aujourd’hui à un twin. Sympa, certes, mais qui ne remplacera jamais la volupté d’un 4 en ligne. Et là, on reste un peu sur sa faim. Il y a comme qui dirait, un petit décalage entre la nostalgie dégagée par cette machine et la réalité. Pour le reste, aucune surprise au guidon de la petite RS. Le twin 650 toujours volontaire, vous emmènera au rythme cadencé de ses deux pistons au bout du monde.

On croit rêver

Lorsque l’on passe sur la 900, c’est une autre histoire. Et là, on se met à jouir du plaisir de rouler sur une 900 Z1 survitaminé. J’exagère à peine, car la puissance est passée en 50 ans de 82 à 111 ch. Bon, ok, j’arrête de délirer ! Mais imaginez le gars qui a délaissé sa Kawa 900 et la moto en général à cette époque. Pour y revenir aujourd’hui. Il aura l’impression de débarquer sur une autre planète. D’autant plus que dans un même temps, le couple a grimpé de 75 à 98,5 Nm. Un choc dans tous les sens du terme. Et bien voilà ce que vous ressentirez au guidon de la Z900RS. Plus prosaïquement, cette 900 dégage une impression de force tranquille que rien ne peut arrêter. Le quatre pattes dispense ses chevaux comme il se doit et quand il le faut. Aucune fausse note, c’est un sans-faute.

Conclusion

Est-ce que mon cœur balance ? Pour être honnête, non. Sans hésiter une seconde, je choisirais la Z900RS. Simplement pour les raisons que je viens d’évoquer. Elle vous vend bien plus que du rêve. Et cela n’a pas de prix, même si vous devrez dépenser 4.200 euros de plus. C’est la passion qui parle ici. Mais la passion n’est pas tout. Et le budget est un élément qui a son importance au moment de choisir une moto. Il y a aussi l’expérience du pilote, sans oublier le type de permis qu’il possède. C’est à ce moment-là que la Z650RS entre dans la course. Elle n’est pas à proprement parler un achat de raison. Elle correspond simplement au besoin de certains motards. Et Kawasaki l’a très bien compris. En « déguisant » sa Z650 en RS, le constructeur japonais donne la possibilité à certains d’accéder aussi aux seventies. Et tout le monde est content.

Données techniques Kawasaki Z650RS

Moteur

Type : bicylindre parallèle 4 temps à refroidissement liquide, 2 ACT, 8 soupapes

Cylindrée : 649 cm3

Puissance maximum : 68 ch (50,2 kW) à 8.000 tr/min

Couple maximum : 64 Nm à 6.700 tr/min

Boîte de vitesse : 6 rapports

Transmission finale : par chaîne

Partie-cycle

Cadre : treillis en acier

Suspension avant : fourche télescopique de 41 mm non réglable, déb. 125 mm

Suspension arrière : horizontale de type Back-link, réglable en précharge, déb. 130 mm

Frein avant : deux disques de 300 mm, étriers Nissin à double pistons, ABS Bosch 9.1M

Frein arrière : un disque de 220 mm, étrier Nissin à simple piston, ABS Bosch 9.1M

Dimensions

Empattement : 1.405 mm

Hauteur de siège : 820 mm

Poids en charge : 187 kilos

Réservoir : 12 litres

Prix et disponibilité

8.499 € (Metallic Spark)

8.649 € (Vert Candy Emerald, Gris Metallic Moondust / Noir Ebony)

Données techniques Kawasaki Z900RS

Moteur

Type : Quatre cylindres en ligne 4 temps à refroidissement liquide, double ACT, 16 soupapes

Cylindrée : 948 cm3

Puissance maximum : 111 ch (82 kW) à 8.500 tr/min

Couple maximum : 98,5 Nm à 6.500 tr/min

Boîte de vitesse : 6 rapports

Transmission finale : par chaîne

Partie-cycle

Cadre : treillis en acier

Suspension avant : fourche inversée de 41 mm entièrement réglable, déb. 120 mm

Suspension arrière : horizontale de type Back-link, amortisseur à gaz, réglable en précharge et détente, déb. 140 mm

Frein avant : deux disques semi-flottant de 300 mm, étriers radiaux 4 pistons, ABS Bosch 9.1M

Frein arrière : un disque de 250 mm, étrier simple piston, ABS Bosch 9.1M

Dimensions

Empattement : 1.470 mm

Hauteur de siège : 835 mm

Poids en charge : 215 kilos

Réservoir : 17 litres

Prix et disponibilité

A partir de 12.699 € (Candy Tone Blue), 14.499 € pour la Z900RS SE (Metallic Diablo Black)