avatar Pascal MoutonPascal Mouton    10 Oct 2022, 8:00    0   

Le constructeur américain est actuellement en pleine mutation. Après la moto électrique LiveWire, ce sont des motos équipées de V-twin « à eau » comme la Sportster S, la Pan America ou encore la Nightster qui bouleversent les bikers de tout poil. Mais heureusement pour ceux-ci, Harley-Davidson continue de fabriquer des motos plus classiques. Et ce n’est pas cette nouvelle Low Rider ST qui le démentira.

La Low Rider ST n’est pas une simple déclinaison de la Low Rider S.

Sa propre identité

Maintenant n’allez pas croire non plus que cette Low Rider ST est simplement une déclinaison carénée de la Low Rider S sortie en 2020. Ce serait trop facile les gars ! Durant cet essai qui s’est étalé sur une semaine nous avons parcouru près de 800 kilomètres à son guidon. Et notre conclusion est sans appel, la Low Rider est bien un nouveau modèle à part entière. Pour le commun des mortels, pratiquement toutes les Harley se ressemblent. Une ligne intemporelle avec un gros moteur survitaminé qui fait beaucoup de bruit. Et dans un sens, ils n’ont pas tort. Mais lorsque l’on détaille de plus près chaque modèle, il faut se rendre à l’évidence que chacune possède sa propre personnalité.

Astucieux mélange entre un Cruiser et une Touring.

Entre deux mondes

La Low Rider ST pourrait être décrite comme un croisement entre un cruiser et une touring. La base est bien entendu celle d’un Softail. Pour rappel, les Softail qualifiés de Cruiser par les gars de Milwaukee, sont les seuls modèles chez Harley-Davidson équipés d’un mono amortisseur à l’arrière. Hormis la Sportster S qui est l’exception qui confirme la règle. Le tête de fourche et les valises amovibles la rapproche néanmoins de la ligne des motos de la gamme Touring du constructeur américain. Mais il ne faut pas non plus être aveugle pour remarquer sa filiation avec la Low Rider S. Faut pas déconner !

Un tableau de bord inédit.

Nouveau tableau de bord

Les deux motos partagent la même partie-cycle y compris les systèmes de freinage et de suspension. Cependant, l’arrière de la ST est légèrement remonté. Et sa hauteur de selle affiche 720 mm (contre 710 sur la S). Une autre particularité distingue les deux modèles. En plus des valises et du tête de fourche, la ST étrenne un nouveau tableau de bord.  Placé sur le pontet du guidon, il se compose de deux petits écrans rectangulaires, dont le premier reprend le traditionnel menu déroulant (tours moteur, odomètre, trips partiels, autonomie et horloge) commandés via le commodo gauche. Une petite jauge à carburant segmentée et le témoin de rapport engagé complètent l’écran principal, sans oublier le compteur de vitesse numérique. En dessous, le deuxième rectangle est réservé à tous les témoins lumineux. Même si cette instrumentation est petite, elle a le mérite d’être placée au plus près du pilote et reste donc facilement lisible.

Refroidissement par air/huile pour une cylindrée de 1 923 cm3 avec un couple de 170 Nm à 3 500 tr/min. L’admission Heavy Breather est marquée du sceau 117.

The big twin

Si la première Low Rider S de 2020 était équipée du Milwaukee-Eight 114, elle passe cette année au 117. La ST hérite donc de la même motorisation. Mais de quoi parlons-nous ? Les anglo-saxons n’utilisent pas notre système métrique mais plutôt le système d’unités impériales.  La cylindrée ne s’exprime donc pas en centimètres cube mais en pouces cube.  

Avec 1 923 cm3, le moteur Milwaukee-Eight 117 est le plus gros moteur disponible chez H-D.

Et un pouce cube (ou cubic inch en anglais) équivaut à 16,3871 cm3. En clair, le moteur de la Low Rider ST possède une cylindrée de 1923 cm3. C’est la plus grosse cylindrée disponible chez H-D. Ce gros V-twin affiche une puissance de 105 cv (78 kW) à 5020 tr/min pour un couple de 168 Nm à 3500 tr/min. Autant dire que les sensations sont garanties.

Rouler sur un V-twin de cette cylindrée reste toujours une expérience unique.

Une autre dimension

Le démarrage du moteur est déjà impressionnant en lui-même avec la mise en mouvement des deux gros pistons. Et que dire lorsque vous enclenchez la première sur un énorme klong avant de démarrer en douceur sur un filet de gaz. Ça pousse instantanément en vous arrachant les bras. La boîte de vitesse, même si elle est bruyante, est d’une relative douceur. Le passage de chaque rapport ne nécessite pas de monter dans les tours. Tout se passe aux alentours de 2000 tr/min. Ou plus si vous voulez vous muscler les bras et les pectoraux. Rouler sur un V-twin de cette cylindrée reste toujours une expérience unique.

La Low Rider ST ne « racle » pas aussi facilement que les autres américaines.

Force tranquille

A la lecture de la fiche technique, on comprend facilement qu’il n’y a aucune nécessité à pousser le 117 dans les tours. Les 168 Nm s’exploitent jusque 3500 tr/min. Par exemple, sur le sixième rapport vous évoluerez à 90 km/h à 2000 tr/min. Le 120 km/h sera atteint à 2700 tr/min.  Au-delà, vous devenez hors-la-loi en Belgique. Mais en Allemagne, vous pourriez vous « balader » à plus de 190 km/h sans aucun problème. Et tout cela dans un confort plus qu’acceptable. Le tête de fourche offre une bonne protection jusqu’aux épaules. Pour le reste, tout dépendra de votre gabarit. L’air est dévié vers le casque et des turbulences s’y manifestent trop facilement. Par contre, les petits déflecteurs situés au niveau des genoux sont efficaces. La position de conduite est caractéristique d’un cruiser. Mais étonnamment, la garde au sol est remarquable. De mémoire, c’est la première fois que je pilote une Harley-Davidson qui ne racle pas au premier rond-point.

Un confort et une protection digne d’une Touring.

Aptitudes au touring

La Low Rider S est très confortable. La selle et les suspensions font un travail remarquable. Le freinage est assez convainquant à l’avant pour ralentir efficacement les 327 kilos de métal. Le dosage de la pédale du frein arrière n’est par contre pas terrible. Autant dire que le freinage arrière est presque inexistant. Par contre les gros rouleurs pourront se réjouir de l’autonomie de cette moto. Avec un réservoir de pratiquement 19 litres, vous pourrez compter sur des étapes de plus de 300 kilomètres. La consommation moyenne durant cet essai est restée sous la barre des 4,5 litres aux cent kilomètres. Ce qui est remarquable vu la cylindrée et le poids embarqué. Pour les aspects pratiques, la Low Rider ST possède donc deux valises amovibles. Une prise USB est dissimulée à gauche, sous l’avant du réservoir.

Conclusion

En proposant cette Low Rider ST, Harley-Davidson navigue ouvertement entre le monde du Cruiser et du Touring. Étonnamment, cette relativement grosse moto américaine se conduit facilement. Une fois que l’on a compris son mode de fonctionnement. Elle tient très bien la route et pousse à tout va avec confort. Et pour couronner le tout, elle vous protège sur longs parcours – une bulle haute est disponible en option – avec sobriété. Elle est aussi bien moins chère que les modèles Touring de la marque. On en redemande !

Les + et les –

Les + : Moteur 117, confort, garde au sol.

Les – : Pédale de frein arrière, bulle trop basse.

L’Harley-Davidson Low Rider ST en quelques chiffres

Moteur

Type : bicylindre en V à 45°, huit soupapes, refroidissement mixte air/huile

Cylindrée : 1.923 cm3

Puissance maximum : 105 ch (77 kW) à 4.750 tr/min

Couple maximum : 169 Nm à 3.500 tr/min

Boîte de vitesse : 6 rapports

Transmission finale : par courroie

Partie-cycle

Cadre : double berceau en acier

Suspension avant : fourche inversée de 43 mm

Suspension arrière : mono-amortisseur réglable en précontrainte, déb. 56 mm

Frein avant : deux disques de 300 mm, étrier 4 pistons, ABS

Frein arrière : un disque de 260 mm, étrier flottant simple piston, ABS

Dimensions

Empattement : 1.615 mm

Hauteur de selle : 720 mm

Réservoir : 18,9 litres

Poids (TPF) : 315 kilos

Tarif

Prix : à partir de 23.495 €