Essai nouveauté QJMOTOR SRT 450 RX : une alternative intéressante pour le permis A2
Les motos chinoises … Pour l’instant, c’est un sujet qui suscite des discussions autour d’un café, dans les garages ou au comptoir du bistrot du coin. Mais ceux qui ont suivi un peu l’actualité ces dernières années remarqueront que les Chinois cessent peu à peu de construire des « alternatives bon marché ». Leurs ambitions sont désormais bien plus élevées. Avec la SRT 450, par exemple, QJMotor vise directement le segment trail/A2 qui devient populaire. Un bicylindre vertical de 449,5 cm³ avec des suspensions Marzocchi entièrement réglables, des composants Brembo, des poignées et une selle chauffante… le tout à un prix pour lequel certains concurrents n’oseraient même pas ouvrir leur catalogue d’accessoires. Après une journée d’essai courte mais pluvieuse, voici les cinq choses qui m’ont le plus marqué sur cette moto.
Texte : Nicky Kenis
1. Un festin chinois à emporter
Tu connais ça. Tu appelles le restaurant chinois du coin, tu commandes « un petit plat », et quand tu rentres chez toi, tu te rends compte que le sac est rempli de quoi nourrir trois générations. Deux jours plus tard, il reste encore de la nourriture dans le frigo.
Eh bien, la QJ SRT 450 RX fait exactement la même chose avec son prix. Car soyons honnêtes : l’équipement de série de cette moto est tout simplement impressionnant dans ce segment tarifaire. Poignées et selle chauffantes, suspensions Marzocchi entièrement réglables à l’avant et à l’arrière, béquille centrale, jantes à rayons croisés avec écrous de rayons sur le pourtour, composants de freinage Brembo.
Bon, soyons clairs : ne vous attendez pas ici à un système de freinage Brembo de type superbike, comme sur une Ducati Multistrada Rally, pour lequel il faudrait d’abord demander un petit refinancement. Il s’agit d’étriers de frein Brembo, et non d’un système haut de gamme complet. Mais tout de même. Le fait que l’on retrouve des composants de cette marque dans cette gamme de prix en dit long sur la philosophie de QJMotor.
Car alors que certaines marques se contentent aujourd’hui de vendre un pack de base pour ensuite vous orienter vers la liste des options, vous obtenez ici d’emblée une machine étonnamment complète. Et ça, ça impressionne.
2. Un confort sans compromis
Certaines motos donnent l’impression d’avoir été conçues uniquement sur papier. Genoux trop pliés, selle dure comme un bout de bois, guidon mal positionné et j’en passe. Heureusement, ce n’est pas le cas de la QJ. Le triangle selle/repose-pied/guidon est tout simplement parfait. Que ce soit en position assise ou debout, tout semble naturel. Pas de posture forcée, pas de répartition du poids bizarre et pas de lutte avec le guidon dès que le rythme s’accélère. Et c’est important sur un trail.
Une telle moto doit en effet concilier deux univers. D’un côté, elle doit avaler l’asphalte avec aisance, mais de l’autre, elle doit inspirer suffisamment confiance lorsque la chaussée se transforme soudainement en gravier, en sable ou en quelque chose qui a peut-être été une route autrefois. Sur ce plan, la SRT s’en sort étonnamment bien. La conduite en position debout semble tout à fait naturelle. Le guidon est à la bonne hauteur, le réservoir ne gêne pas et on garde un contrôle suffisant sur la roue avant. En position assise, le confort reste au rendez-vous, même lorsque le rythme ralentit ou que les kilomètres commencent à s’accumuler. Durant ma courte journée d’essai dans des conditions météorologiques loin d’être idéales, cette impression positive est restée intacte. Et c’est peut-être là le plus grand compliment que l’on puisse faire à cette moto : on oublie étonnamment vite qu’elle évolue dans le segment des moyennes cylindrées.
3. Exactement 35 kW
Le bicylindre vertical développe exactement 35 kW. Ce n’est bien sûr pas un hasard. C’est parfaitement dans les limites de l’A2. Mais honnêtement ? Pour ce type de moto, on n’a pas besoin de plus. Le moteur est souple et monte bien dans les tours. La boîte de vitesses passe les rapports avec légèreté et naturel. Dans les virages techniques, la moto se comporte de manière remarquablement détendue. Sur route, elle est même d’un confort nonchalant. Elle dégage un sentiment d’agréable douceur dans son ensemble, malgré son look rallye un peu brutal. Mais bien sûr, on remarque aussi où se situent les compromis.
Lorsque j’ai pris une portion de route secondaire plus rapide et que la vitesse a dépassé les 90 km/h, j’ai eu l’impression que le moteur tournait un peu trop haut sur le sixième vitesse. Personnellement, j’essaierais probablement de modifier légèrement le rapport de transmission finale pour adoucir un peu ce comportement. Mais ce caractère s’explique bien sûr aussi par le fait que cette version RX a clairement été conçue en pensant à une utilisation mixte route/tout-terrain.
Ce qui m’a d’ailleurs tout autant frappé, en tant que technicien, ce sont les bruits mécaniques du moteur. Au début, j’ai même pensé un instant qu’il y avait quelque chose qui clochait. Mais avec le temps, il s’est avéré que cela faisait simplement partie du caractère de ce moteur. Ce n’est pas une Japonaise silencieuse comme un murmure. Mais ce n’est pas non plus assez bruyant pour déranger. C’est plutôt comparable à un bourreau de travail qui ne cherche pas à cacher qu’il est bel et bien en train de bosser. Et une fois qu’il est apparu clairement que tout semblait normal, cette perception de feraillage s’est naturellement dissipée.
4. L’électronique demande de la patience
L’équipement pléthorique de cette moto cache néanmoins une lacune au niveau de l’électronique. Ou du moins dans son utilisation. Essayez de désactiver l’ABS ou le contrôle de traction en passant par un labyrinthe de menus, c’est une sorte de jeux de piste électronique auquel il faut se soumettre pour y arriver. Et le temps de tout trouver vous fait généralement passer l’envie de jouer à l’aventurier. De plus, cela n’est possible qu’à l’arrêt.
D’un point de vue sécuritaire, cela peut s’expliquer, mais c’est aussi frustrant sur un trail. Surtout quand on décide soudainement, en cours de route, de s’engager sur un chemin de gravier ou une bande de sable. Une simple commande au guidon aurait vraiment fait des merveilles dans ce cas-là. Car la moto elle-même donne justement assez d’envie pour s’amuser avec elle. Mais il faut d’abord passer par les contrôles de sécurité du tableau de bord.
5. Ce sont les détails qui font la différence
QJMotor a clairement bien cerné l’attente des motards aventureux. Béquille centrale ? Présente. Béquille latérale ? Bien sûr. Roues à rayons avec écrous de rayons sur le côté extérieur ? Également présentes. Et cela confère immédiatement à la moto une allure beaucoup plus mature. Le pare-brise réglable est également de série. Pas sur une plage gigantesque de réglages, mais au moins il le fait. De plus, au-dessus du tableau de bord, on trouve également une barre de fixation pratique pour un GPS ou un smartphone.
La façon dont on peut ajuster et régler les rétroviseurs est assez facile. Petit bémol pour la pédale de frein. Elle semble assez grande et, de série, elle est positionnée un peu trop basse à mon goût. Pour le reste, la moto a l’air robuste et prête pour l’aventure. Plus rallye/tout-terrain que maison/boulot.
Mais il y a également un détail qui, tôt ou tard, risque de devenir source de frustration. En effet, les clignotants sont intégrés dans les protège-mains. Sur la photo, cela donne un aspect épuré et moderne. Jusqu’à ce que l’on essaie de se faufiler entre des voitures, des portails ou un passage un peu trop étroit. Si vous évaluez mal la largeur de votre guidon, cette conception finira tôt ou tard par vous coûter de l’argent. Par ailleurs, les matériaux utilisés donnent une impression générale de solidité.
Conclusion
La QJMotor SRT 450 RX m’a convaincu alors que, honnêtement, j’étais au départ un peu septique. Non pas parce qu’elle est parfaite. Car elle ne l’est pas. Mais parce qu’elle donne tout simplement une impression de maturité dans presque tous les domaines importants. Le confort, l’équipement, l’ergonomie et la finition générale sont étonnamment bien pensés. La moto semble bien conçue, se conduit facilement et parvient à inspirer confiance tant sur l’asphalte que sur des chemins tout-terrain faciles. Oui, il y a des points à améliorer. L’électronique pourrait être plus conviviale et le rapport de transmission finale relativement court fait que la moto semble un peu plus nerveuse que nécessaire à vitesse élevée.
Mais en même temps, on se retrouve avec un trail bien équipé qui offre étonnamment beaucoup, sans jamais donner l’impression qu’on a lésiné sur les moyens. La SRT 450 RX ne cherche pas à être le trail le plus puissant, le plus rapide ou le plus haut de gamme du segment. Elle se veut plutôt une moto qui semble tout à fait logique au quotidien. Et c’est peut-être, en fin de compte, l’un des plus beaux compliments qu’on puisse lui faire.
Photos : Pien Meppelink
Données techniques QJMotor SRT 450 RX
| MOTEUR | |
| Type | bicylindre vertical à refroidissement liquide |
| Cylindrée | 449,5 cc |
| Alésage x course | 70 x 58,4 mm |
| Soupapes/cylindre | 4 |
| Taux de compression | n.c. |
| Alimentation | injection électronique Bosch EFI |
| Embrayage | multidisque en bain d’huile |
| Boîte de vitesses | 6 rapports |
| Transmission finale | chaîne |
| PRESTATIONS | |
| Puissance maximum | 47 ch (35 kW) @ 9.500 tr/min |
| Couple maximum | 41 Nm @ 8.000 tr/min |
| ÉLECTRONIQUE | |
| Moteur | contrôle de traction |
| Partie-cycle | ABS |
| PARTIE-CYCLE | |
| Cadre | structure en tube d’acier |
| Suspension avant | fourche inversée |
| Options de réglage | entièrement réglable |
| Suspension arrière | mono-amortisseur |
| Options de réglage | entièrement réglable |
| Débattement av/ar | n.c. |
| Frein avant | un disque Brembo de 320 mm, étrier radial à 4 pistons |
| Frein arrière | un disque Brembo de 240, étrier à double piston |
| Pneumatique av/ar | 90/90 – 21 – 140/70 – 18 |
| DIMENSIONS & POIDS | |
| Empattement | 1.525 mm |
| Angle de chasse | n.c. |
| Chasse | n.c. |
| Hauteur de selle | 825 mm |
| Poids TPF | 196 kg |
| Réservoir | 18 litres |
| PRIX | |
| À partir de | 6.699 € |
