avatar Pascal MoutonPascal Mouton    12 Sep 2022, 8:00    0   

Depuis sa reprise en 2005 par le groupe chinois Qianjiang, la marque italienne Benelli a repris progressivement  du poil de la bête. Sa gamme s’est étoffée d’année en année et aujourd’hui, Benelli élargit sa série de scrambler avec l’arrivée des Leoncino 800 et 800 Trail.

Avec ces deux machines,  Benelli  introduit une nouvelle plateforme qui débouchera sur d’autres modèles. Comme la TRK 800, présente à l’EICMA en 2021, et qui devrait bientôt faire son arrivée en concession. Mais pour l’instant, tous les feux sont braqués sur la Leoncino 800 que nous avions découvert  au Printemps. Esthétiquement, il n’y a pas photo. Cette 800 trapue et un peu rondouillarde affirme bien son appartenance à la lignée des «petits lions italiens». Mazette, que de chemin parcouru depuis l’arrivée de la première Benelli TRK 502. En quelques années, la finition des Benelli a fait d’énormes progrès. Et cette Leoncino 800 n’a plus grand-chose à envier à la concurrence.

Le style Leoncino est reconnaissable entre tous.

Signé Leoncino

Sa prise en main est facile. Un grand guidon cintré, une selle striée pas trop haute (805 mm) et des repose-pieds idéalement placés. De quoi satisfaire tout le monde. Cette 800 un chouia néo-rétro/scrambler – la version T l’est beaucoup plus – possède un tableau de bord assez moderne et des commodos originaux. Le grand écran TFT couleur de forme asymétrique fournit les informations les plus utiles (compteur, double barre-graphe pour le compte-tours, horloge, jauge à essence et température moteur segmentées,  rapport engagé, odomètre et trips partiels). Et pour ne rien gâcher, chaque mise sous tension s’accompagne d’une petite animation graphique mettant en scène le lionceau Benelli.

Le twin vertical de 754 cm3 équipe aussi la Benelli 752 S.

Bicylindre maison

A l’arrêt il est également possible d’entrer dans un menu de réglages via des boutons placés sur les supports des rétroviseurs. Original et pratique. Par contre il faut impérativement passer par ce menu pour remettre les deux trips partiels à zéro. Au démarrage du bicylindre on est agréablement surpris par la sonorité que dégage l’échappement.  C’est rauque et ça claque juste comme il faut. Ce twin vertical d’une cylindrée de 754 cm3 équipe déjà la Benelli 752 S. Il affiche d’ailleurs les mêmes performances avec 76 ch (56 kW) à 8 500 tr/mn et 67 Nm à 6 500 tr/mn. Il est également toujours convertible en version A2.

La 800 a un sacré caractère si on la titille un peu !

Du caractère

Pour décoller du tarmac les 222 kilos de cette Leoncino 800, il ne faut pas hésiter à mettre du gaz au risque de caler. Pas très progressive, la commande d’embrayage demande un peu de doigté. Et puis le bicylindre calé à 270° a du caractère. Les montées en régime sont franches et continues. Pas de temps mort – comme c’était le cas sur la 752 S – bien vu Benelli. La souplesse de ce moteur permet d’évoluer sur le 6ème rapport (2.200 tr/min) à 50 km/h. Ensuite le twin monte gentiment dans les tours pour passer le cap des 90 km/h à 4.000 tr/min avant d’arriver à 120 km/h. Le compte-tours affiche 5.200 tr/min et il vous reste assez bien de marge pour atteindre la zone rouge située à 11.000 tr/min. Zone rouge que vous n’atteindrez jamais par contre car le rupteur se déclenche à 9.500 tr/min.

La forme du phare et du saute-vent ainsi que le tableau de bord contribuent à limiter la prise au vent.

Finalement raisonnable

Le potentiel de ce moteur est intéressant. Sur autoroute germanique, la vitesse affichée au compteur approche les 200 km/h. Ce n’est pas l’élément le plus important pour un scrambler mais sur un autre type de moto, cela pourrait faire la différence. Notons encore que la vitesse affichée au tableau de bord est à pondérer vers le bas.  L’écart avec la vitesse réelle – vérifiée au Coyote – peut dépasser les 10 km/h à haute vitesse.  Même si la Leoncino 800 n’est pas la moto idéale pour croiser de longues heures sur l’autoroute, elle s’en sort plutôt pas mal. Sans aucune protection, la pression du vent  reste raisonnable.  A croire que la forme du phare et du petit capot qui l’entoure y sont pour quelque chose.

Le freinage est convaincant et les Pirelli crantés n’interfèrent pas sur la tenue de route.

Pataud mais courtois

Malgré son air pataud, la Benelli se sort également très bien de l’exercice urbain. La présence des pneumatiques Pirelli MT 60 RS à galettes aux dimensions généreuses (120/70 et 180/55 par 17) ne sont pourtant pas à son avantage dans cet exercice. Le rayon de braquage est correct et la moto bien équilibrée. Si les deux leviers de frein et d’embrayage sont réglables en écartement, vous ne pourrez finalement pas régler grand-chose en tournant les molettes dans les deux sens. Les grandes paluches resteront avantagées. Par contre, le système de freinage est heureusement convaincant. Autant à l’avant qu’à l’arrière, il y a ce qu’il faut. Et l’ABS reste discret sur les freinages appuyés.

Sur bon revêtement tout va bien mais les suspensions ne suivent pas lorsque ça se dégrade.

Séance de rodéo

Si au premier regard, la grosse fourche dorée de 50 mm et l’amortisseur arrière – avec son ressort jaune et sa molette de réglage – en imposent, on déchante rapidement. Pourtant c’est Marzocchi qui fournit cet accastillage ! Mais le confort ici reste aux abonnés absents. Et ce n’est pas le léger moelleux de la selle qui changera la donne. Messieurs les ingénieurs, il faut absolument revoir votre copie. Il y a un bug entre Pesaro et la Chine ! En plus, on se demande à quoi sert la fameuse molette de réglage qui tourne désespérément dans le vide. Si la tenue de route est performante sur revêtement lisse, les choses se compliquent fortement dès que le tarmac se dégrade. On se passerait volontiers des séances de rodéo qui gâchent le plaisir de conduite.

Le tableau de bord est clair et lisible sauf par grand soleil car il n’est pas anti-reflets.

Capacités

Avec son réservoir de 15 litres, la Leoncino 800 dispose d’une autonomie moyenne de 200 kilomètres. Au-delà,  le témoin de réserve vous invite à ravitailler. Le Twin vertical de 754 cm3 est un peu gourmand. Nous l’avions déjà constaté durant l’essai de la Benelli 752 S. La consommation moyenne relevée au moment de faire le plein en carburant tourne à 5,5 litres aux cent kilomètres.

Conclusion

La Benelli Leoncino 800 est parfaitement positionnée question tarifaire. A 8.399 euros, elle dame le pion à ses principales concurrentes comme la Yamaha XSR 700 ou la Kawasaki Z670RS. Elle est plaisante à regarder et bien finie. Il ne lui manque que de bonnes suspensions pour convaincre totalement.

Les + et les –

Les + : Finitions, look, moteur.

Les – : Suspensions « bout de bois », reflets du soleil sur l’écran TFT.

La Benelli Leoncino 800 en quelques chiffres

Moteur

Type : bicylindre vertical, 4 T à refroidissement liquide, double ACT, 4 soupapes, Euro5

Cylindrée : 754 cm3

Puissance maximum : 76 ch (56 kW) à 8.500 tr/min – A2 : 47,6 cv (35 kW) à 7.000 tr/min

Couple maximum : 67 Nm à 6.500 tr/min – A2 : 50,3 Nm

Boîte de vitesse : 6 rapports

Transmission finale : par chaîne

Partie-cycle

Cadre : treillis tubulaire en acier

Suspension avant : fourche inversée de 50 mm, déb. 130 mm

Suspension arrière : bras oscillant avec amortisseur central, réglable en précharge, déb. 130 mm

Frein avant : deux disques semi-flottant de 320 mm, étriers radiaux 4 pistons, ABS

Frein arrière : un disque de 260 mm, étrier 2  pistons, ABS

Dimensions

Empattement : 1.460 mm

Hauteur de selle : 805 mm

Réservoir : 15 litres

Poids (TPF) : 222 kilos

Tarif

Prix : à partir de 8.399 €

3 ans de garantie

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