avatar Pascal MoutonPascal Mouton    22 Juin 2022, 9:00    0   

Il l’a fait. Thierry Sarasyn, rédacteur en chef de Motojournal.be, a battu le record du monde du « nombre de pays en une journée ». Samedi dernier, il a roulé de la République tchèque à la Belgique et a visité 11 autres pays en chemin. 13 pays en un jour, voici son histoire !

13 pays en un jour. Cela rend heureux. Et fatigué.

Moins de 20 heures

Thierry Sarasyn a traversé la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie, la Slovénie, l’Italie, l’Autriche, le Liechtenstein, la Suisse, la France, l’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique. Il lui a fallu moins de 20 heures pour réaliser ce périple.

Motorjournal.be : Il te restait encore du temps. Pourquoi ne pas avoir continué jusqu’aux Pays-Bas ?

Thierry Sarasyn : En effet, il me restait quatre heures et quinze minutes pour aller jusqu’en Hollande et passer donc par 14 pays. Mais j’avais l’intention de battre le record qui était de 11 pays et pas d’établir un nouveau record qui ne pourrait plus être battu. Pour cela, je pense qu’il faut passer dans 15 pays. Ce n’était plus faisable, de toute façon. Avec les leçons que j’ai apprises en cours de route, je suis sûr que c’est possible. Mais ceci sera pour une autre fois ou pour un autre motard. J’étais juste fatigué, il faisait nuit et j’estimais que c’était plus prudent d’en rester là.

Des routes tranquilles et un bon rythme en Europe de l’Est avant que la cadence ralentisse fortement par la suite…

Selon les règles

Motojournal.be : Il est surprenant de penser à la sécurité, alors que tu as traversé treize pays aussi vite que possible…

Thierry Sarasyn : Non, je n’ai pas conduit aussi vite que cela. Je respectais partout le code de la route et je me reposais au moins toutes les deux heures. Et ce n’était pas toujours pour faire le plein. Au fur et à mesure du voyage, je me suis même reposé plus souvent. Juste pour conserver une certaine sécurité. Je n’ai fait qu’une moyenne d’un peu plus de 87 km par heure. Si vous conduisez partout comme un fou et vous reposez moins souvent, il est possible de réaliser une moyenne beaucoup plus élevée. 1750 km en un peu moins de 20 heures, cela relève plus de la persévérance que de la vitesse.

Motojournal.be : C’était donc la clé du succès ? Persévérer ?

Thierry Sarasyn : Je pense que c’est l’un des éléments essentiels pour que cela fonctionne. D’un autre côté, vous n’avez pas vraiment le choix. Une autre alternative ? S’arrêter sur un alpage en Suisse ? Je ne pense pas. Bien entendu c’est assez astreignant. Au début, j’ai ressenti une gêne au niveau du cou, mais à mi-parcours, le reste de mon corps devenait douloureux et je ne parle même pas des dernières heures qui ont été vraiment difficiles. Mentalement aussi, parce que vous êtes tout seul. J’ai chanté dans mon casque « Turn the page » de Metallica une centaine de fois et quand ça a commencé à faire mal, j’ai changé pour « Another 45 miles » de Golden Earring. Mais je ne connaissais pas très bien les paroles de cette chanson et si vous ne pouvez répéter que deux phrases, ça devient vite ennuyeux.

Beaucoup de routes secondaires durant ce voyage, de quoi apprécier les qualités dynamiques de la MV et les pneus T32. La Turismo Veloce se sent plus à l’aise sur routes sinueuses que sur les autoroutes généralement ennuyeuses.

Motojournal.be : Question budget, cela ne doit pas être donné ? Sans parler d’éventuelles amendes ?

Thierry Sarasyn : J’ai vu un flash une fois. Mais je suis sûr que je n’étais pas en excès de vitesse. Peut-être que c’était une voiture venant en sens inverse qui a été flashée, qui sait ? J’ai respecté scrupuleusement le code de la route toute la journée. S’arrêter coûte beaucoup plus de temps au final. Pour le reste, j’ai consommé environ 120 litres d’essence pour le voyage et la même quantité pour me rendre au départ en République tchèque en trois jours. Ajoutez à cela les nuitées, les péages, la nourriture, les boissons, une selle « confort » avec gel qui n’avait de confort que le nom, quelques accessoires pour rendre la MV plus facile à voyager… Non, ce n’était pas donné.

La nourriture liquide a permis de gagner du temps aux arrêts. Et c’était censé assurer une digestion légère. Cela n’a pas vraiment fonctionné. La sensation de faim est restée.
Photo rapide à l’entrée et à la sortie de la Croatie, le pays où nous sommes restés le moins longtemps.

Motojournal.be : Au delà de cette performance, on parle ici d’un record mondial ?

Thierry Sarasyn : L’année dernière, un Italien a établi le record « officiel » à 11 pays. Mais en faisant quelques recherches sur Internet, on trouve des témoignages parlant de 12, 13, 14 ou même 15 pays. Parfois en un peu plus de 24 heures, … il est difficile de vérifier tout cela. Pour nous, il était évident que ce record soit « traçable ». Grâce au système de suivi officiel et reconnu de Legendstracking, l‘ensemble du parcours et le temps qui y a été consacré ont été enregistrés en détail. Tout a été vérifié par un huissier et sur cette base, la fédération Motosport Vlaanderen homologuera ce record. Le Guinness ne le fera pas parce qu’il ne reconnaît pas les tentatives de record motorisées avec chrono sur route publique pour des raisons de sécurité. C’est aussi bien comme ça !

Deux trackers. On ne sait jamais si l’un des deux tombe en panne …

Motojournal.be : Quels ont été tes principaux obstacles ?

Thierry Sarasyn : J’ai conduit bien trop longtemps en Autriche. Je pense que ça m’a pris environ huit heures pour traverser ce pays. Des routes secondaires, une circulation dense, voire des embouteillages et un long trajet à parcourir. La navigation a également été compliquée à plusieurs reprises et j’ai même raté une fois une sortie. Il y aussi l’épisode où j’ai fais la file pendant 20 minutes avant de pouvoir faire le plein. Cela semble une éternité au moment où ça vous arrive… Toutes ces choses ensemble m’ont fait perdre une à deux heures. Mais cela fait partie d’une telle aventure. Il est également remarquable que nous ayons effectué la reconnaissance, le record en lui-même et la Ruta De La Plata en Espagne (à titre de préparation) avec le même jeu de pneus Bridgestone T32. Et ils sont encore remarquablement en bon état après plus de 6000 km.

Pénurie d’essence en Hongrie. Nous n’avons trouvé de l’essence que dans une pompe sur trois. Et les non-Hongrois paient plus de la moitié de supplément.

Motojournal.be : Envisages-tu de faire encore mieux ?

Thierry Sarasyn : Ce record de traverser un certain nombre de pays en un jour n’a jamais existé. Jusqu’à ce que cet Italien en fasse un record officiel. En ce qui me concerne, ces treize pays suffisent. Mais je pense que l’attention qui s’est manifestée l’année dernière et qui a été renouvelée aujourd’hui fera que d’autres tentatives suivront bientôt. Et oui, je pense qu’il est possible de faire 15 pays en un jour. Plus me semble impossible, à moins que Disneyland ne soit officiellement reconnu comme un pays…..

La Slovénie semblait parfois déserte. Idéal pour enquiller facilement les kilomètres.

Motojournal.be : Et la suite maintenant ?

Thierry Sarasyn : La même chose que pour les deux derniers jours : le repos. Et demain, retour au travail. J’ai remarqué qu’il y a environ 300 mails qui m’attendent. Ils ne peuvent pas tous être des félicitations pour ce record.

Entre la République tchèque et l’arrivée en Belgique, 11 pays ont été visités.

Photos : Willy Van Thilo e.a.

Un certain nombre de photos ont été prises durant la préparation de ce périple afin de gagner du temps lors de la tentative de record.

Laisser un commentaire