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Ducati Streetfighter V4S : merci Dovi !

Par Moto-News 13 juin 2020

Si la Panigale V4S a largement hérité du "savoir-piloter" des pilotes MotoGP pour apporter à ses quelques propriétaires un maximum de plaisir, les Streetfighter V4 et V4S sont, elles, là pour séduire une large clientèle au portefeuille bien garni en recherche d'un roadster de haute volée.

En perdant son carénage et ses commandes reculées, le moteur V4 de la Streetfighter voit sa puissance diminuer de 6 chevaux et son écurie ne renferme plus, dès lors, que 208 étalons au lieu de 214. Ce qui pour un roadster devrait largement suffire même si la concurrence s'avère rude avec une MV Agusta Brutale 1000 RR qui compte également 208 chevaux mais avec un poids de 186 kg au lieu des 178 kg de notre V4S (180 pour la V4). Les Aprilia Tuono (175 ch), BMW S1000R (165 ch) et autre KTM 1290 Superduke R (180 ch) étant quelque peu larguées en matière de puissance. Revenons à cette splendide Streetfighter dont les deux déclinaisons V4 et V4S se différencient par la monte de suspensions Öhlins avec réglages électroniques et de jantes Marchesini en aluminium forgé. Ce qui fait passer le prix de 19.990 euros à 22.990 euros.

Après-midi ensoleillée

Pas de doute, cette Streetfighter garde un environnement familier grâce à l'écran TFT présent sur beaucoup de modèles et une continuité de commandes à paramétrer avec une certaine logique. Pour commencer ce petit galop d'essai en terres liégeoises, je sélectionne le mode Street pour débuter. Le plus "gentil" des trois modes proposés qui précède le Sport et le Race. Avec étonnement, l'échappement sans être discret (on est chez Ducati tout de même) se montre "audible".


Cette Streetfighter garde un environnement familier grâce à l'écran TFT présent sur beaucoup de modèles et une continuité de commandes à paramétrer avec une certaine logique.



Une paire de bouchons dans les oreilles malgré tout (merci les acouphènes) et nous voilà partis en direction de Trois-Ponts pour 140 kilomètres de balade. Quand pour cette présentation officielle belge vous héritez d'un guide, pilote et moniteur de course, sur une Multistrada 1260 et d'un compagnon de route, sur une autre Streetfighter V4S, habitué des circuits, vous comprenez bien que les limitations de vitesse seront respectées au plus près.

Rouler Ducati

La position est typiquement "roadster" avec un guidon large et assez avancé, mais où les pieds trouvent naturellement leur place. D'une douceur extrême, le levier d'embrayage et la poignée de gaz s'utilisent sans aucun effort. Le shifter venant aider si le besoin s'en faisait sentir. Étonnamment, pour un moteur 4 cylindres, les reprises et les valeurs de couple ne sont pas exceptionnelles. Les 4 pistons préférant se mouvoir de bas en haut à partir de 3.000 tours jusque 14.500 tours. Voilà qui est étonnant avec une motorisation 4 cylindres où en règle générale, les reprises se font au plus bas du compte-tours. Ce qui prouve bien que rouler Ducati n'est pas rouler "japonais".

Suspensions confortables

Sans aucune protection, il apparait tout au long de ce parcours très sinueux que la bonne vitesse pour ce genre de moto oscille entre les 90 et 140 km/h. On enfile les courbes avec une précision et une sécurité incroyable. Seul le rayon de braquage viendra contrarier mes demi-tours. Bien trop long pour manoeuvrer sur la chaussée. Énorme progrès également apporté aux suspensions qui se montrent vraiment confortables. Chacun pouvant sélectionner ses critères personnels au travers des nombreux réglages à disposition. Un moteur onctueux, une assise de GT, l'absence de vibrations mais où est donc passé l'esprit Ducati ? Tout simplement dans les accélérations et les freinages, dans la tenue de route et au travers d'un look inimitable !

Le bon régime

En mode Street, quand vous approchez des 8.000 tours, l'enfer se déchaine. Malgré toutes les assistances, la roue avant se décolle du sol jusque sur le 3ème rapport et vos bras s'allongent de 5 cm. C'est vraiment du "lourd". Ça tire sans discontinuer et vous propulse d'un virage à l'autre. A ces régimes extrêmes, ça clignote dans tous les sens et il est grand temps de passer le rapport supérieur. Un petit tronçon à l'allemande me permettra de la pousser jusque 248 km/h au compteur avant de rendre les armes. La pression devenant trop intense pour mes petits bras confinés.

Pause

Une petite séance photos me laisse le temps de découvrir les ailerons latéraux dont chacun appréciera, ou non, la présence. Il est bien clair que dynamiquement, ils n'apporteront rien au conducteur lambda. Mais ça donne du style et ils secondent les écopes qui lui donnent une si belle morphologie. De loin comme de près, cette Streetfighter est belle. Son éclairage décalé, les cylindres arrière en noir, son écran TFT, sa rampe ininterrompue de leds, la complexité du montage de tous les organes, il n'y a pas à dire c'est du beau boulot.

Accessible à tous

Avec une hauteur de selle de 845mm, cette moto est accessible à tous pour autant que vous puissiez lever la jambe droite assez haut car la selle passager relève considérablement la partie arrière. Quant au passager, ce sera à chacun d'interpréter la position et le confort. Dernier point avant de reprendre la route, les cylindres arrières ne chauffent plus autant et je n'ai jamais été importuné par le dégagement de chaleur malgré les 20 degrés affichés ce jour-là. A vérifier sous plus hautes températures et dans un environnement plus urbain.

Et c’est reparti

On se remet en route vers le Ducati Store de Flémalle pour un dernier ressenti de cette nouveauté italienne. En cette fin de journée, la circulation s'intensifie et mieux vaut jouer la carte de la prudence. J'en profite pour jeter un coup d'oeil à la consommation moyenne qui dépasse les 8 litres. Des chiffres qui devraient descendre autour des 6,5 litres en conduite normale. De toute façon le rappel à l'ordre sera constant car le témoin de réserve s'allume à 140 km et la réserve vous laissera encore une petite soixantaine de kilomètres à parcourir.


Aux vitesses réglementaires, la pression du vent n'est pas trop intense et de petits parcours de 100 kilomètres à 120 km/h sur autoroutes peuvent s'envisager.



Avec ses 16 litres d'autonomie, on peut envisager entre 200 et 250 kilomètres de balades. Un peu d'autoroute et la traversée du tunnel de Cointe laissent entrevoir une éventuelle possibilité à utiliser ce genre de machine pour se déplacer au quotidien sans trop de contrainte. Aux vitesses réglementaires, la pression du vent n'est pas trop intense et de petits parcours de 100 kilomètres à 120 km/h sur autoroutes peuvent s'envisager, mais n'apporteront pas un réel plaisir. En milieu urbain, le passage entre les files d'embouteillages pourrait s'avérer plus complexe en référence à la largeur du guidon.

Conclusion

Ducati a réussi le double exploit de proposer une véritable bombe et une moto tellement agréable à conduire. A mes yeux, cette Streetfighter est la Ducati la plus facile à piloter. Son moteur manque, certes, d'un peu de caractère à bas régimes et son rayon de braquage est trop important mais pour le reste, on est dans un monde imaginaire où tout est merveilleux.


Texte : Philippe Hunin



Les + : facilité de conduite, suspensions, look, qualité des périphériques

Les - : témoin réserve, rayon de braquage, moteur creux à bas régime


Vous voulez en savoir plus au sujet de la Ducati Streetfighter V4S ?


Données techniques et prix

Moteur
Type : Desmosedici Stradale 90 ° V4, vilebrequin contrarotatif, 4 soupapes par cylindre, refroidissement liquide,
Cylindrée : 1103 cm3
Puissance maximum : 208 ch (153 kW) à 12.750 tr/min
Couple maximum : 123 Nm à 11.500 tr/min
Boîte de vitesse : 6 rapports + shifter
Transmission finale : par chaîne

Partie-cycle
Cadre : monocoque en aluminium
Suspension avant : fourche Öhlins NIX30 43 mm, entièrement réglable
Suspension arrière : amortisseur Öhlins TTX36 entièrement réglable, monobras en aluminium.
Frein avant : 2 disques semi-flottants de 330 mm, étriers Brembo Monobloc Stylema à fixation radiale à 4 pistons avec ABS de courbe EVO Bosch.
Frein arrière : 1 disque de 245 mm, étrier à 2 pistons et ABS de courbe EVO Bosch de série

Dimensions
Empattement : 1488 mm
Hauteur de siège : 845 mm
Poids en charge : 201 kg
Réservoir : 16 litres

Prix
22.990 euros (19.990 euros V4)

Gallerie de photos

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